New-Argen Calling de David Rolandi

New Argen Calling, de David Rolandi (one Shot, World Crisis Crew éditions)

Nami est une rescapée. Elle a survécu à la destruction de son village par la terrible Marie-Hélène Rottenweiss, cette jeune femme qui n’a qu’un seul but dans la vie : détruire le monde qui l’entoure. Suite à cette destruction, le petit ami de Nami a décidé de partir à New-Argen, la capitale, pour voir ce qu’il pouvait devenir. Malgré sa promesse de retour, la jeune femme n’a plus jamais de nouvelles. Alors, bien décidée à renouer le contact, elle se rend elle aussi à New-Argent. Et ce qu’elle va découvrir va l’entrainer sur le chemin obscur de la vengeance.

Nous avions bien aimé l’univers de David Rolandi dans son premier roman intitulé Rottenweiss. Pourtant, ce dernier présentait quelques faiblesses. On sentait que l’auteur avait voulu être bref, et dire un maximum de chose en un minimum de page. Ceci était la principale faiblesse. Deux choix s’offraient donc à lui pour la suite : dire moins de chose avec une histoire au scénario plus court, soit en dire beaucoup mais avec plus de pages. Avec New-Argen Calling, l’auteur a pris le parti de faire les deux, c’est-à-dire raconter une histoire un peu plus courte, mais plus développée.
Le résultat est donc là. Tout d’abord, signalons la qualité du premier né du World Crisis Crew. L’ouvrage n’est pas parfait au niveau orthographique (quelques fautes assez grosses pour qu’on les remarques persistent mais ne gênent pas le récit) mais le reste donne vraiment envie de prendre le roman en main. Sa dimension le fait facilement tenir dans un sac vu qu’il est proche du livre de poche, et sa couverture colorée rend hommage au jeu GTA tout en faisant un clin d’oeil au fameux « vice city » que peut être New-Argent.
Mais là où l’ouvrage est vraiment bon, c’est surtout dans le fond. En effet, David Rolandi a écrit là un petit livre dont on pourrait discuter pendant des heures. L’histoire de Nami se déroule certes dans un univers post-apocalyptique qui le rend différent du nôtre, mais on se sent proche d’elle. Nous avons tous été Nami à un moment de notre vie. Cette jeune fille déterminée à se venger de quelque chose qui l’a blessé alors qu’elle pourrait laisser tomber et vivre une vie tranquille…
Des histoires de vengeance, on en voit souvent et ce n’est pas très original. Mais là, ce qui rend le roman différent, c’est bien le message qu’il transmet et qui fait que nous nous sentons différent une fois le livre terminé.
David Rolandi parle de la religion sans trop en faire. Ce n’est pas un ouvrage engagé. C’est seulement un trait de la personnalité de Nami. Elle a des idéaux, des croyances, des buts dans la vie… et pourtant ce qui devrait la guider et la protéger est inutile et inefficace. Nous la voyons s’entêter au fil des pages avec l’espoir qu’elle finisse par changer d’avis.
Et cette fin inattendue est finalement prévisible. Une leçon de morale, en somme. De prime abord, on peut se dire « tout ça pour ça », mais le livre est en réalité plus profond. Il n’aura pas fini de vous faire cogiter une fois la lecture terminée.
Ce livre ne changera pas le monde mais nous rendra peut-être un peu meilleur.
Du reste, la galerie de personnage est très intéressante. Les personnages sont tous jeunes et plein de fraîcheur. Là encore, on se rend compte que l’on a tous connu des gens comme eux.
En résumé, David Rolandi commence vraiment à se sentir à l’aise avec son vaste univers. Tout comme le lecteur, il y prend ses marques, fait plus amples connaissance avec ses personnages, le tout faisant de New-Argent Calling un roman plus posé et organisé que le précédent. Il n’est pas obligatoire d’avoir lu Rottenweiss pour comprendre New-Argen Calling, mais sa lecture nous semble être une bonne entrée en matière pour poser le décor et l’univers de l’auteur.
Un livre à découvrir.

Pour qui : Ce roman ne plaira certainement pas aux lecteurs adeptes des prix littéraires car son style est celui du témoignage de la jeunesse. Sobre, familier par moment, le style est celui d’un jeune libéré et dans l’air du temps.

Les + : L’histoire passionnante est moralisatrice sans trop en faire. Ainsi, à la fin de la lecture avons-nous envie de débattre des choix de l’héroïne, des personnages et de leurs destins. New-Argen Calling est un joli petit ouvrage bien travaillé. Le style léger est agréable à lire. On sent que l’auteur a pris ses marques dans son vaste univers et les idées sont mieux canalisées et organisées. De plus, l’auteur a ajouté un « bonus » bienvenu à la fin pour expliquer brièvement sa démarche dans l’écriture du roman. Un bonus qui donne envie de poursuivre le débat.

Les – : Dommage que l’auteur ait lui-même censuré son texte par des astérisques. Le ton du récit et sa fraîcheur justifient largement le langage plus explicite. L’autocensure est regrettable.

Infos pratiques :

PAGES : 223
ISBN : 978-2-8399-0753-8

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