Frédéric Livyns

Suite à la parution de notre chornique du recueil de nouvelles fantastiques Entrez, nous vous proposons de faire la connaissance de son auteur : Frédéric Livyns. Un auteur disponible et très prolifique et sympatique. Interview.
Cette interview a été réalisée par Limaginaria en Août 2011.

Felixita : Bonjour Frédéric, pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Frédéric Livyns : Je suis en 1970 à Tournai (Belgique). J’ai toujours été passionné par la littérature en général et le fantastique en particulier. L’envie d’en écrire m’est venue tout naturellement et celle de les partager également. Je suis employé au sein d’un ministère en région bruxelloise pour subvenir à l’aspect matériel des choses ce qui me donne une certaine souplesse pour m’adonner à ma passion. Je vis actuellement avec ma compagne et ma fille à Estaimpuis (Belgique).

Felixita : Nous avons chroniqué votre recueil de nouvelles « Entrez », paru aux éditions Edilivre. Le nom de ce recueil est très intriguant, comment l’avez-vous choisi ?
FL : En fait, comme les maisons hantées constituent le thème principal reliant les nouvelles entre elles, il m’a semblé judicieux de le nommer de la sorte. Une forme d’invitation à franchir un seuil et à pénétrer dans l’inconnu.

Felixita : L’ensemble de vos nouvelles ont pour cadre un espace clos et un état d’enfermement quasiment complet. Pourquoi ce choix ? Pensez-vous qu’il soit plus facile de donner des frissons aux gens lorsqu’ils se sentent à l’étroit dans un lieu clos ?
FL : Je suis moi-même claustrophobe alors cette phobie m’a certainement donné l’idée d’enfermer mes personnages. De plus, je me suis toujours demandé quelle serait notre réaction si nous étions confrontés à l’inimaginable sans pouvoir compter sur aucune aide et sans issue de secours possible. Je ne dirais pas que c’est plus facile même si cette peur est commune à tout le monde. Les moyens mis à notre disposition dans un cadre aussi restreint sont limités mais cela pousse à imaginer d’autres solutions, d’autres cauchemars afin de surprendre le lecteur.
Felixita : Pourquoi avoir choisi le format de nouvelles et non d’un roman ? Avez-vous déjà écrit des romans ? Selon vous, qu’est-ce qui peut pousser un auteur à choisir de créer un recueil de nouvelles ou un roman ?
FL : Je n’avais pas encore essayé le format des nouvelles et j’avais fortement envie de m’y adonner.  J’ai déjà écrit plusieurs romans. Trois d’entre eux sont parus auprès des éditions Chloé des Lys sous le pseudonyme de Kiss Huige. Il y a Phero Nexafreuse, une chronique sociale sombre et désespérée ; Matriarcat, un roman classique avec un canevas à la François Mauriac dont un honteux secret familial constitue la trame et, pour finir, Résurgence, un roman fantastique se passant également dans une maison hantée. Un quatrième roman intitulé Catharsis a vu le jour sous mon vrai nom grâce aux éditions Edilivre. A mon sens, les nouvelles sont plus difficiles à réaliser, surtout lorsqu’elles tournent autour d’un même thème. Il faut sortir des sentiers battus, repousser les limites, afin de donner au lecteur une impression de changement. On ne peut pas se permettre de laisser son imagination vagabonder. Il faut rester concis tout en laissant une marge d’imaginaire au lecteur tout en faisant bien attention à ce qu’il suive le chemin que vous lui tracez. C’est une discipline de chaque instant. Tout doit être concentré en quelques pages à peine : atmosphère, psychologie, mystère et rebondissement. Il faut essayer de surprendre le lecteur, ne pas le mener là où il croit qu’il va arriver. En général, quand je rédige une nouvelle, je choisis rarement la première fin qui s’impose à mon esprit. Je me dis que si j’y ai pensé tout de suite, le lecteur le fera. Alors, je retravaille, je relis pour finalement trouver une autre échappatoire ou, tout au moins, une autre forme de final.

Felixita : A la manière d’un CD, il faut donner un ordre aux différentes nouvelles. Comment cela s’est-il fait chez vous ? Les nouvelles ont-elles été placées au hasard ou avez-vous utilisé un certain schéma ?
FL : Les nouvelles ont été placées par ordre chronologique de rédaction. Je ne voyais pas l’utilité dans ce cas précis d’instaurer un ordre spécifique étant donné qu’elles peuvent être lues indépendamment les unes des autres et qu’elles n’ont aucune incidence scénaristique l’une sur l’autre en dehors de leur thème central.

Felixita : Vous dédiez l’une de vos nouvelles, « Le Puits » à HP Lovecraft. Pourquoi ? Et pourquoi cette nouvelle plutôt qu’une autre ?
FL : Lovecraft est un des auteurs m’ayant le plus marqué dans mon enfance au même titre que William Hodgson et son détective Carnacki. La mythologie des Grands Anciens, son écriture nerveuse, ses descriptifs maladifs m’ont fait faire bien des cauchemars quand j’étais adolescent. Lovecraft est l’auteur qui m’a donné envie d’écrire du fantastique. Je lui ai dédié « Le Puits » en témoignage de mon admiration. Dans cette nouvelle, je fais appel à une monstrueuse créature aquatique et à ses rejetons mi-humains mi-poissons. Ce genre de déformations physiques chères à Lovecraft et la fin en suspens laissant sous-entendre que ces êtres se propagent parmi nous sans que nous le sachions font partie de ces thèmes qui lui étaient particuliers.

Felixita : Quelles ont été vos influences pour ces textes ? Certains nous rappellent des textes de Théophile Gautier, vous êtes vous inspiré de certains textes connus pour créer votre univers ?
FL : Je crois qu’un écrivain est dans tous les cas influencé par les lectures qu’il a eues. Pour ma part, j’ai grandi avec des auteurs tels que Jean Ray, Thomas Owen, Lovecraft, William Hodgson, Théophile Gautier, Alexandre Dumas, Stephen King ou encore Serge Brussolo. Le point commun entre tous ces écrivains de renom est leur capacité à instaurer une atmosphère dense, envoûtante ou malsaine dans leurs écrits. Je ne dirai donc pas que je me suis inspiré de textes connus mais le fait d’avoir été bercé dès mon plus jeune âge par ces lectures a certainement joué dans mes choix d’écriture, dans mon style. Je trouve toujours plus intéressant de donner une ambiance à une histoire que de sombrer dans la facilité du descriptif sanguinolent. Cela peut être utilisé mais avec parcimonie et uniquement quand ce besoin est justifié.

Felixita : Votre recueil est édité chez Edilivre, comment s’est passé votre collaboration ?
FL : Très bien. Je leur ai soumis le recueil vers le mois d’août et, quelques mois plus tard, il était publié. Je dois dire qu’ils sont très disponibles et qu’ils répondent rapidement aux questions que l’on se pose. On suit les démarches pas à pas et ils vous tiennent informés tout au cours du processus de publication.

Felixita : Quels sont vos projets pour votre avenir littéraire ? Allez-vous rester dans ce registre fantastique ou aborder d’autres univers et thématiques ?
FL : J’ai plusieurs projets en cours. Je peux déjà annoncer que mon prochain roman fantastique nommé « le souffle des ténèbres » a été accepté par les éditions Val Sombre et qu’il verra le jour en juillet 2012. Avant cela, un prochain recueil de nouvelles fantastiques nommé « Les contes d’Amy » sortira aux éditions Edilivre fin de cette année. Dans un rayon autre que le fantastique, je travaille actuellement en collaboration avec une illustratrice, Nathalie Decock, pour mettre en image des contes pour enfants.

Retrouvez Frédéric Livyns sur son site internet  : http://phero.e-monsite.com/

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