Gilles Bizien

Après la chronique de son roman Enfants pour l’Enfer, nous avons voulu en savoir plus sur cet auteur polyvalent.
Gilles Bizien est un auteur aussi sympathique que disponible.
Cette interview a été réalisée au mois de Novembre 2009 pour Limaginaria.com

Felixita : Bonjour Gilles, pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?
Gilles Bizien : Bonjour Elodie. D’origine bretonne, je suis né le 27 octobre 1970 à Harfleur en Seine-Maritime. J’ai toujours été passionné par la création et les différents modes d’expression. J’ai appris à peindre et à dessiner dans une école des Beaux Arts. J’ai appris également les Arts graphiques. J’écris depuis mon plus jeune âge. C’est une véritable nécessité pour moi, un besoin, un style de vie.
Je suis poète et écrivain. Un écrivain qui a plutôt l’imaginaire comme centre d’intérêt. Ce qui ne veut pas dire que je délaisse la littérature générale ou la poésie bien au contraire. Je suis aussi bibliophile. Je dois posséder pas loin d’un millier de livres. Pas forcément des livres rares mais des ouvrages qu’il fait bon sentir auprès de soi.
Pour vous donner une idée des auteurs que je lis régulièrement je citerais par exemple, René Barjavel, Jean-Pierre Andrevon, Pierre Boulle, Thomas Day, Xavier Mauméjan, pour les francophones. Dan Simmons, Bram Stoker, Théodore Sturgeon, Robert Silverberg, pour les anglophones. J’aime assez la littérature japonaise comme Yasunari Kawabata, entre autres. Pour ce qui est de la littérature générale, je suis assez fasciné par Paul Auster. Je suis un lecteur insatiable. Je lis quasiment tout ce qui sort. J’aime voir évoluer les auteurs.

F : Vous êtes un auteur très prolifique. Où se situe « Enfants pour l’Enfer » dans l’ensemble de vos productions?
GB : Enfants pour l’enfer se situe dans une série de nouvelles fantastiques que j’ai écris il y a un peu plus deux ans maintenant. De ces nouvelles assez courtes, il n’y a qu’Enfants pour l’Enfer’’ que l’on peut considérer comme un court roman. Les autres textes de cette période sont moins longs et feront l’objet d’un recueil aux Editions Popfiction en avril 2010.

F : Votre ouvrage « Enfants pour l’Enfer » a principalement pour décor un orphelinat cubain. Ce n’est pas courant dans la littérature actuelle qui utilise surtout les Etats-Unis comme théâtre des actions. Pourquoi avez-vous choisi Cuba plutôt que les USA?
GB : Effectivement, beaucoup d’intrigues, surtout dans le genre fantastique ou thriller, se passent aux Etats-Unis. On peut noter à ce sujet l’influence des auteurs anglo-saxons sur les littératures européennes et mondiales. Néanmoins, Enfants pour l’enfer avait besoin d’un décor plus propice aux rites vaudous qu’un personnage du livre utilise pour arriver à ses fins. Cuba m’a semblé une bonne alternative pour ne pas tomber dans la caricature haïtienne et mainte fois utilisé de la religion vaudou. Cuba est idéalement situé pour que la magie des rites vaudous garde toute sa force et opère chez le lecteur. Imaginez que Cap-Haïtien, anciennement Cap-Français, est situé à peu près à deux cents kilomètres des côtes de cuba. Pour l’anecdote, c’est à l’est de Cap-Haïtien que Christophe Colomb fit construire un fortin baptisé La Navidad avec les débris de la Santa Maria, naufragée dans la nuit de Noël de l’année 1492. Mais plus près encore, se trouve Fond Merle, sur le Passage du Vent, détroit qui sépare Haïti de Cuba de 80 km environ.

F : « Enfants pour l’Enfer » est un « court roman ». En effet, on n’entre pas vraiment dans la vie privée des personnages afin de se focaliser sur les actions. Pourquoi ce choix?
GB : J’ai choisi cette option pour que le livre soit le plus efficace possible. Je pense que la longueur de ce récit sert sa structure romanesque. J’ai écris le premier jet dans sa totalité assez rapidement. A la relecture, j’ai senti qu’il ne fallait pas gonfler les personnages inutilement. Cela n’aurait fait qu’appauvrir l’efficacité du récit. Je ne voulais pas non plus privilégier les personnages au détriment de l’intrigue qui reste toutefois assez simple. L’avantage de ce genre de  livre c’est qu’il peut être lu d’une seule traite, ce qui est appréciable.

F : Comment vous est venue l’idée du roman ‘’Enfants pour l’enfer’’ ? Vous êtes-vous inspiré de faits réels ou de choses de votre quotidien ?
GB : Heureusement pour moi que je n’ai pas puisé dans mon quotidien pour écrire cette histoire. Par contre, j’ai fait de nombreuses recherches sur les réseaux internationaux d’enlèvements d’enfants et sur les disparitions inexpliqués. Par exemple, des êtres aussi maléfiques que Génius Nedler existent bel et bien. Pas forcément sous l’angle où je le présente, mais certaines personnes lui ressemblent beaucoup, disons de façon très similaire. Vous comprenez ? Le lecteur pourra trouver ce personnage excessif, il faut toujours avoir à l’esprit que la littérature, même celle de l’imaginaire, se nourrit parfois du réel.
Cela dit, j’avais envie de traiter le thème de la disparition d’enfants depuis longtemps. A vrai dire, plutôt dans un cadre international. Après la lecture d’articles, des recherches sur le web, des lectures sur le sujet, de la réflexion, j’ai senti que le moment était venu. Je me suis lancé, le texte est venu sans difficulté.

F : Vous avez réalisé vous-même la couverture de votre livre. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche créative ? Comment avez-vous choisi les images, la mise en page, etc…
GB : Comme je l’ai dis un peu plus haut, j’ai suivi une formation dans les Arts plastiques et dans les Arts graphiques. Connaissant mon parcours, il s’est trouvé que les Editions Popfiction m’ont posé la question de mon implication dans la création de la couverture. En un mot, est-ce que j’avais envie de proposer une couverture pour ce texte. Il était alors naturel pour moi de participer à l’élaboration du livre en temps qu’objet et de proposer une image.
La mise en page de la couverture est le choix des Editions Popfiction. Un très bon choix d’ailleurs. J’ai juste présenté l’image qui a été retenue.
L’image en question est une création graphique. Je l’ai crée sur le logiciel Photoshop, à partir de ma banque d’images personnelles que j’utilise pour la création.
Il me fallait deux éléments. Tout d’abord, une image forte qui colle au récit : le visage de l’enfant ensanglanté. Ensuite, je voulais que l’on situe l’endroit rapidement, ce qui est le cas en prenant un élément reconnaissable de l’architecture de La Havane : un vieil immeuble, que j’ai utilisé comme fond pour l’image. Au départ, le visage de l’enfant n’avait pas cette intensité et ces lèvres sanguinolentes. J’ai dû obscurcir sa peau, augmenter la gravité de son regard et faire saigner ses lèvres pour que l’image soit crédible face au récit.

F : Comment avez-vous connu les éditions ‘’Popfiction’’ ? Est-ce que cela a pris du temps avant d’être édité chez eux ?
GB : J’ai trouvé l’adresse du site internet des Editions Popfiction sur le web. J’ai regardé attentivement ce qu’ils recherchaient comme littérature. J’ai proposé ‘’Enfants pour l’enfer’’ qui a été retenu ainsi que les nouvelles fantastiques dont je parlais tout à l’heure et qui fera l’objet d’un recueil toujours chez Popfiction. Ca s’est fait assez vite à vrai dire. Je n’ai donc pas proposé ces textes à d’autres éditeurs.
‘’Enfants pour l’’enfer’’ est mon premier roman publié. Je dois dire que j’ai eu de la chance. Stéphane Vallée est un éditeur attentif à ses auteurs et toujours en recherche de nouveaux talents. Il sait quand il doit faire confiance, ce qui est rare de nos jours.

F : Vous vous épanouissez dans le genre fantastique. Vous êtes-vous frotté à d’autres genres tels que le thriller, la science-fiction…ou bien est-ce que vous revenez toujours à ce genre particulier ? Que trouvez-vous dans le fantastique que vous ne trouvez pas ailleurs ?
GB : Pour le moment, j’écris essentiellement du fantastique, de la science-fiction, et de la poésie. Mais je suis un jeune auteur, je suis loin d’avoir exploré tous les genres qui m’intéressent. Laissez-moi juste un peu de temps.
C’est sans doute à cause de mes lectures d’enfant, que j’ai été séduit par le fantastique. J’ai lu très jeune, des contes, des nouvelles fantastiques et un peu plus tard de la science fiction. Tous les romans d’aventures y sont passés, les romans initiatiques aussi. Je garde de cette époque une tendresse particulière pour Les contes de Perrault, les frères Grimm, Jules Verne, Robert Louis Stevenson, Herbert George Wells, Daniel Defoe, J.M Barrie, Jonathan Swift, J.R.R.Tolkien, tous maîtres en magie et en rêves.

F : Vous êtes également poète. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cet autre domaine littéraire dans lequel vous évoluez ? Vos parutions, vos inspirations, etc.
GB : Il me semble que les premières choses que j’ai écris étaient de la poésie, au moins dans la forme. Je suis venu ensuite au récit lorsque j’ai ressenti le besoin de raconter des histoires. Pour moi, le poème est une fulgurance qui sied bien aux formes très courtes. L’univers doit y être contenu à l’aide de quelques mots comme dans les Haïkus japonais par exemple, ou dans certains styles contemporains. Des vers non rimés qui prennent leur place dans l’espace de la page et mènent leur vie propre tout en appartenant à un charpentage secret et invisible, celui que le poète a su construire grâce à l’émotion, l’inspiration, l’imagination…
Vous savez, la poésie est mal aimée de la critique et délaissée du public. Il y a de nombreuses méprises à son sujet. La poésie traîne derrière elle une multitude de stéréotypes. On dit d’elle qu’elle célèbre la nature, qu’elle est une expérimentation de la langue ou qu’elle est l’expression de sentiments personnels, pour parler de ce qui revient le plus souvent. Pour ma part, je pense que la poésie ne peut pas être réduite à ce genre de généralités qui appauvrissent son essence. En définitive, c’est remarquablement plus simple que cela. Il s’agit d’émerveillement. Je pense que comprendre la poésie passe par le filtre de l’émerveillement. Il suffit de s’émerveiller du monde pour laisser entrer en nous même l’émotion qui donnera naissance à la poésie. C’est donc ouvert à tous, même si le poète a des facilités. Il suffit de porter sur les choses un œil non pollué par les archaïsmes bestiaux de certains modes de vie.
Pour parler de mes dernières parutions en poésie, je viens de publier un recueil de poèmes, intitulé Si la peur, aux Editions Ex Aequo.

F :   Enfin, quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement. (si vous pouvez nous en parler bien sûr) ?
GB : Je travaille sur plusieurs projets. Je préfère garder le secret sur ces travaux pour l’instant. J’aurai plaisir à vous en parler lorsqu’ils seront aboutis. Je terminerai en vous citant l’exergue d’ ‘’Enfants pour l’enfer’’ :

« Le démon ne peut rien sur la volonté,
très peu sur l’intelligence et tout sur l’imagination. »

Joris-Karl Huysmans, L’Oblat.

Retrouvez Gilles Bizien sur son site internet http://www.gillesbizien.com

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