Michaël Sailliot

Nous avons découvert Michaël Sailliot avec son premier roman Connexion avec LaMort. Un ouvrage fantastique efficace qui nous a donné envie d’en savoir plus sur son jeune auteur. Ici, il nous parle de ses inspirations, son parcours… en toute franchise et avec modestie.
Cette interview a été réalisée en Juillet 2010 pour Limaginaria.com

Felixita : Bonjour Michael, pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?
Michaël Sailliot : Bonjour Limaginaria, que dire sur ma personne ? J’ai 28 ans, je vis dans le nord de la France, dans le Pas-de-Calais. Que dire de plus ? Je suis aussi banal que quiconque, alors rien d’intéressant à ce niveau ! lol !

F : Nous apprenons au dos de votre premier roman : Connexion avec LaMort, que vous écrivez depuis une dizaine d’années. Pouvez-vous nous raconter comment êtes-vous venu à l’écriture ? Ce que vous écriviez au départ, votre parcours jusqu’à votre premier roman ?
MS : J’ai peut-être abusé en disant à l’éditeur que j’écrivais depuis une dizaine d’année, mais en gros c’est ça. Sauf qu’en 1999, j’écrivais un peu à la fronde sur un cahier grands carreaux. J’écrivais des genres de poèmes, ci et là, très sombre, un peu absurde sans queue ni tête. Personne ne les a jamais lus.
Puis j’ai commencé par composer pour différents groupes de mon bled en écrivant des textes, j’étais batteur à l’époque. Rien de très palpitant, mais c’est ma première réelle approche avec l’écriture. J’aimais bien car j’avais cette aisance à exprimer certaines choses au travers d’un stylo Bic. Et les membres de mes groupes me considéraient comme plus ou moins doué, alors je me prêtais facilement au jeu. Peut-être ne le pensaient-t-ils pas et me disaient cela pour me laisser tout le boulot ? lol
L’idée d’écrire une histoire ne m’est venue qu’en 2003, j’ai tenté une approche furtive. En me relisant, j’ai beaucoup ri parce que ce que j’avais écrit était vraiment pitoyable. Alors, j’ai laissé tomber car je n’avais pas la méthode. J’avais les histoires dans ma tête mais pas les armes suffisantes pour les coucher sur papier de façon correcte, ni le recul d’ailleurs. A l’époque je lisais que du Stephen King, j’étais dans mes périodes où pendant deux ans, je ne lisais que cet auteur. Je voulais écrire comme lui. Mais n’est pas Stephen King qui veut, même encore aujourd’hui, donc ma première tentative a tourné court.
En 2004, toujours dans ma période SK, j’ai lu Ecriture. Un formidable ouvrage que je conseille d’ailleurs à n’importe quel aspirant écrivain. Stephen King y fournit quelques armes. Je me suis un peu entrainé en suivant quelques-uns de ses conseils, j’ai commencé à écrire des nouvelles. C’est à cette époque que j’ai écris Le Nouveau Prof, une grosse nouvelle qui a eu sa petite période de gloire (à mon niveau). Je l’ai même publié sur internet et en version imprimé dans un modeste recueil. Grâce à cette nouvelle, j’ai rencontré quelques personnes qui m’ont encouragé à poursuivre dans la voie de l’écriture, tout en mettant l’accent sur mes défauts et sur certaines choses qu’il ne fallait pas que je reproduise. C’est fin 2007 que j’ai commencé à écrire « Connexion ».

F : Connexion Avec LaMort semble être à la base une banale histoire d’adolescents et de nouvelles technologies. Mais, au fur et à mesure, le scénario se complexifie, à tel point qu’on peu se demander si vous aviez prévu au départ tous ces évènements si loin du cadre initial. Comment s’est déroulée l’écriture du scénario ? Avez-vous changé des choses en cours de route ou bien votre route était-elle tracée dès le départ ?
MS : Généralement, je tisse autour d’une situation. Ma situation initiale ici était les ados mangeant à la cantine, l’un d’eux aperçoit un LáMØrt dans sa liste connectée sans que les autres ne le voient apparaitre sur leur propre portable.
Point.
Après, je me suis débrouillé avec ça, laissant mes personnages agir à leur guise sans leur imposer de contraintes. J’ai écris au feeling en ayant une légère longueur d’avance dans mon esprit sur le chapitre suivant. La fin, je ne l’imaginais même pas. Je ne savais même pas du tout où allait, je me suis dis on verra bien.
Je n’écris pas de plan sauf des notes d’idées sympas que je griffonne sur un cahier pour ne pas oublier de les imbriquer dans l’histoire si possible.
Si j’avais écris un plan, Gabriel ne serait jamais intervenu, Baptiste n’aurait pas eu un rôle aussi important et Seth aurait été le seul héros. Et puis je me serais sûrement perdu dans une fantasque aventure d’adolescent sans explications sérieuses.
Non, de l’intrigue de Connexion, je n’avais pas prévu autant de choses, je me suis laissé emporté par certains délires, me suis moi-même surpris en me relisant et ça c’est excitant !

F : Cela nous amène à vous demander comment écrivez-vous ? Avez vous une certaine façon de faire, une méthode, ou bien est-ce très libre et pour chaque histoire différent ?
MS : J’écris au jour le jour. J’essaie juste de ne pas me disperser dans mes idées, de finir une histoire sans en commencer une autre et surtout d’écrire chaque jour.
En matière d’écriture, je suis du genre à dégainer, à tirer et à constater les dégâts après. Il en va de même avec les recherches. Je connais des auteurs qui consacrent un temps énorme sur les recherches avant de se mettre à écrire. Je considère cela comme un frein. Dans mon cas, je privilégie l’histoire et l’écriture. S’il y a de grosses incohérences notamment lorsque je parle de telle ou telle spécialité, je me renseigne après coup.
Dans « Connexion, je ne me suis pas vraiment pris la tête. J’ai essentiellement parlé de choses que je connaissais plus ou moins.

F : Nous trouvons dans votre roman Connexion avec LaMort, de nombreuses références musicales qui semblent venir s’imbriquer en fond sonore, comme une bande originale de film. Écrivez-vous en musique ? Pourquoi insister sur des morceaux musicaux dans votre histoire ? Selon vous, qu’est-ce que cela apporte au texte ?
MS : C’est exactement ça ! Une bande de fond sonore, un simple délire de ma part ! En fait, le genre de musiques que j’aurai choisi si j’avais eu à réaliser « Connexion ». J’écris toujours en écoutant de la musique, beaucoup de rock, de heavy, du métal et tout ce qui tourne autour mais aussi de la musique classique. Pour « Connexion », je n’arrêtais pas d’écouter Cradle of Filth sans vraiment avoir à la base de réels atomes crochus avec le style de ce groupe. C’est d’ailleurs en écoutant plusieurs fois « Chthulu Dawn » que j’ai eu l’idée de faire un clin d’œil à Lovecraft.
Sinon franchement, ça n’apporte rien au texte. Lol !

F : On trouve également dans le texte des références à certains maîtres du genre, tel que Lovecraft. Quels autres auteurs vous ont inspirés pour cette histoire ?
MS : De manière consciente, je ne sais pas. Inconsciemment pas mal d’auteurs, j’imagine ! lol ! Surtout quand on lit « Connexion ». Je m’inspire peut-être de certains auteurs tels que King, Brussolo Lovecraft, Matheson, Bradbury dans un autre style. J’aime beaucoup aussi Gemmell dans sa manière qu’il avait de nous emporter dans ses combats. J’essaie de m’en inspirer aussi. Mais je suis loin d’être aussi bons qu’eux. Et tout cela se fait de manière inconsciente ! lol !
Dans « Connexion », on sent beaucoup mes influences. Aujourd’hui, j’essaie de faire en sorte d’affiner ma plume, d’avoir ma propre patte. Ce n’est pas toujours évident !

F : Une chose frappante dans le récit, c’est votre étonnante capacité à retranscrire les sentiments adolescents des personnages. Comment expliquez-vous cela ? Est-ce parce que vous vous êtes inspirés de personnes proches de vous ou bien êtes vous resté un grand enfant ?
MS : A l’époque de « Connexion », je travaillais dans un lycée en tant que surveillant. Je me suis un peu inspiré de leur comportement. En fait, je me suis surtout inspiré d’eux dans leur manière de parler. Un lecteur me faisait la remarque, il n’y a pas si longtemps, que je faisais parler les ados dans un langage grossier qu’il ne connaissait pas. Je peux vous assurer que certains ados, sans faire de généralité, sont beaucoup plus grossiers que cela, surtout entre eux. Mais heureusement, pas tous ! lol !
Sinon pour arrêter de répondre à côté de la plaque, je dirais que je suis resté un grand enfant. Vraiment et je n’ai pas honte de le dire. Et puis ma période ado n’est pas si éloigné que ça. Enfin si un peu quand même… lol !

F : Vous avez publié votre roman aux éditions « Caliphae », un éditeur modeste. Comment s’est fait votre choix et comment s’est déroulé votre collaboration ?
MS : Mon choix n’a pas été difficile. Se faire éditer n’est pas aisé surtout lorsqu’on est novice et donc peu pris au sérieux. J’ai mis 16 mois à peu près à trouver un éditeur qui me convenait. J’aurai pu le publier ailleurs, notamment, je pense à une maison d’édition ayant une certaine expérience et un certain prestige qui m’avait téléphoné trois mois après mon début de recherche d’éditeur. J’ai hésité car elle avait des conditions qui ne me plaisaient guère, notamment dans le travail de mon texte et les coupures qu’elle voulait faire. Parce que j’ai été indécis, elle a abandonné mon projet. J’ai dû paraitre vachement présomptueux alors que je ne faisais que preuve de méfiance. Je m’en suis longtemps mordu les doigts d’avoir fait l’hésitant ! Surtout que les six mois suivant, je n’ai eu que des réponses négatives. Puis les réponses positives sont revenues, celle de Caliphae en faisait partie. J’ai choisi cette maison d’édition parce que d’une part, elle était basée dans ma région et j’avais besoin d’un contact physique, pas seulement un contact par mail, ni par téléphone. D’autre part, le courant est formidablement bien passé avec le directeur, Frédéric La Cancellera. Nous avons pas mal de points communs ! lol !
Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, je ne regrette rien !

F : Quelle(s) démarches(s) avez-vous fait afin de publier votre roman ? On trouve aujourd’hui de plus en plus d’éditeurs à compte d’auteur. Qu’en pensez-vous ?
MS : Au début j’ai ciblé les grosses maisons d’éditions, puis peu à peu me suis tourné vers les maisons plus modestes. J’ai ciblé de façon pyramidale sans forcément me rendre compte de la politique éditoriale de telle ou telle maison d’édition, faute d’expérience et de connaissance du milieu.
Quant au compte d’auteur, je suis assez perplexe à ce sujet. Il n’y a pas de honte à se faire éditer à compte d’auteur, tant que l’auteur lui-même sache vraiment dans quoi il met les pieds. Il ne faut pas qu’il se fasse d’illusion, qu’il sache qu’il paiera une prestation sans avoir vraiment de retour derrière. Il ne faut pas qu’il compte pour que la maison qui l’imprime défende son œuvre, fasse une certaine promotion ou s’emploie à trouver des salons.
Je suis contre les pseudos maisons d’éditions à compte d’auteur qui parviennent à faire payer jusqu’à 4 000 euros à l’auteur pour faire payer son œuvre. C’est scandaleux et ça existe encore !
Il y aussi les maisons d’éditions qui jouent les maisons à compte d’éditeur et qui ne sont en réalité qu’un leurre. J’ai connu ça avec mon premier recueil de nouvelle. Ils disent ne rien faire payer et dispose de prestations payantes en option. C’est du compte d’auteur caché et c’est aussi scandaleux que de faire payer cash l’auteur.
Il faut se méfier des éditeurs qui promettent monts et merveilles dont on voit souvent la pub sur google lorsque l’on fait une recherche sur une maison d’édition.
Sinon, j’en reviens à dire que ce n’est pas une tare de se faire éditer à compte d’auteur, tant que l’on sait où l’on met les pieds, tant que l’on sait que l’on dépassera difficilement les cinquante exemplaires vendus. Il existe de bons prestataires à ce niveau qui ne coute pas trop chers.
Dans tous les cas, je conseille aux auteurs de bien se renseigner, de bien lire n’importe quel contrat avant de signer quoique ce soit.
Et pour finir, je conseillerai de n’utiliser cette issue qu’en dernière recours, qu’après avoir tenté sa chance dans toutes les maisons d’éditions que l’on connait. Et de se demander, après maintes et maintes refus, si l’œuvre qu’on soumet vaut vraiment la peine d’être éditer ou s’il ne faudrait pas la peaufiner de nouveau etc. Parfois il suffit de peu ! lol !

F : Enfin, pouvez-vous nous dire quelle est votre prochaine actualité littéraire, si vous décidez de continuez dans cette voie ?
MS : J’écrirais toujours par passion, parce que les journées où je n’ai pas le temps de coucher sur l’écran ne serait-ce qu’une ligne, je ne me sens pas épanoui. Mais je suis réaliste, j’écris pendant mon temps libre quand je peux. Et parce qu’il faut bien se nourrir dans la vie et travailler pour cela, parfois les heures d’écritures journalières ne sont que peau de chagrin. Mais, je ne suis pas le seul dans ces conditions, nous sommes une majorité ! Plus de 95% à ne pas vivre de nos écrits et parfois vraiment galérer !
J’envie les auteurs qui disposent de toutes leurs journées pour écrire, qui vivent de cela. J’espère qu’ils se rendent compte, chaque jour, de la chance qu’ils ont ! lol !
Concernant mon actualité littéraire, je ne peux pas trop en parler, je reste dans une certaine expectative et doit faire certains choix. Après j’espère sortir un roman du même acabit que « Connexion » (mais en mieux (lol)) fin 2010, ou courant 2011.
Je ne dispose pas de toutes les cartes entre mes mains ! lol !
Retrouvez Michaël Sailliot sur son site Internet : http://michael.jl.sailliot.free.fr/

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