Olivier Bidchiren

Auteur très prolifique, Olivier Bidchiren a finalement trouvé un peu de temps dans son emploi du temps chargé pour répondre à nos quelques questions après la lecture de plusieurs de ces ouvrages. Nous l’en remercions vivement.
Cette interview a été réalisée en Juin 2010 pour Limaginaria.com

Felixita : Bonjour Olivier. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Olivier Bidchiren : Bonjour, Felixita. Bonjour à toutes et à tous.
Ouh ! Là ! Pas facile, comme ça, de but en blanc ! Mais, bon ! Je vais tenter de résumer, parce que sinon je vais vous fatiguer avec une tétralogie de ma vie ! (rires)
Je suis écrivain, comme vous avez pu le constater. En fait, j’ai déjà commis plusieurs recueils de nouvelles, en fantastique et en science-fiction patinés de surréalisme, édités chez divers éditeurs. En janvier dernier, j’ai rejoint le catalogue des Éditions Lokomodo, avec la troisième réédition des Méandres de la Folie, ouvrage paru auparavant aux défuntes Éditions Nuit d’Avril. Et, début avril, est sorti les Mémoires émouvantes, une novella sur le thème du calendrier Maya et de leur civilisation, que vous venez de chroniquer ici-même. Je prends aussi un malin plaisir à me définir en tant que « poétosophe » , de façon à ne pas entrer dans telle ou telle chapelle : terme que j’ai créé et que j’aime employer, car il détermine à la perfection tant mon style que les propos philosophiques et poétiques que je tiens dans mes textes. Hormis cela, depuis peu, je suis directeur de collection aux Éditions Asgard, en science-fiction ; collection qui porte le nom de mon ancienne revue, Micronos, qui sévissait durant les années-1990. Mais, avant tout cela, j’ai travaillé dans le spectacle en tant qu’éclairagiste (une expérience inoubliable, puisque cela m’a permis d’appréhender la lumière,  couleurs, la scène, et grâce à laquelle j’ai pu voir une grande variété de spectacles). Suite à un accident, j’ai dû abandonner cette voie et m’orienter vers une reprise d’études en histoire de l’art. C’est ainsi que j’ai fondé Mouvement Khronos, mis en place des expositions dans des appartements (Khronos App’Art) et créé ma revue. Aujourd’hui, en plus de l’écriture proprement dite, de temps à autre, je tourne des films en tant qu’acteur de complément (cela m’amuse beaucoup ! ), suis animateur d’ateliers d’écriture, et – quand il y a de la demande – formateur sur le thème de « l’Amélioration des écrits professionnels » dans des centres ou en entreprises. Ainsi, toutes mes activités tournent autour de l’écriture et des arts. Souvent, il s’agit de jongler entre une vie bien huilée dans ma tour d’ivoire (rires), ces activités complémentaires et le temps que je consacre à l’éducation de mon merveilleux et adorable fils, Virgile.
Pour revenir à mes textes : je m’intéresse surtout à l’être humain et à ce qu’il a dans sa tête, à ses peurs, à ses angoisses, à ses désirs, à ses quêtes, que nous trouvons au plus profond de l’âme et de l’esprit. D’où mon intérêt pour la philosophie, la parapsychologie, la métaphysique, les sciences traditionnelles. Vous bardez le tout d’humour, de dérision, de non-sens, d’absurde, et le tour est joué, ou presque… Dès le début de mes parutions, éditeurs et critiques m’ont souvent placé en comparaison avec Jorge Luis Borges et Dino Buzzati ; un summum de références, non !?

F : Votre parcours littéraire est bien fourni. À quand remonte cette passion pour l’écriture ? Comment avez-vous démarré dans le milieu ?
OB : Je me suis intéressé à l’écriture durant ma jeunesse, vers 13 ans à peu près. En fait, chez mes parents, j’avais une immense véranda où je confectionnais des maquettes tout en écoutant la radio. Or, dans la même semaine, ma sœur recevait le même livre en cadeau et j’avais entendu une émission littéraire. Donc, non seulement je me suis retrouvé à dévorer Siddharta de Hermann Hesse et à écouter tous les jours des personnes qui parlaient de livres. C’est de cette façon-là que j’ai voulu devenir écrivain. Et j’ai commencé à publier des nouvelles dans des revues, fanzines, magazines, anthologies et quotidiens quelques années plus tard, tant en France qu’en Belgique, au Québec, en Roumanie, en Bulgarie, en Allemagne et en Chine. Ce n’est qu’en 1998 que j’ai publié mon premier recueil de nouvelles, Images d’Outre-Mondes aux Éditions de l’Agly.

F : On vous a vu chez beaucoup d’éditeurs (Éditions Nuit d’Avril, Éditions de l’Agly, Éditions Sycomor… et plus récemment aux Éditions Lokomodo), comment choisissez-vous vos éditeurs (si vous les choisissez) ?
OB : Au début, je ne les choisissais pas : en trouver un pour m’accueillir relevait du parcours du combattant, donc pas question de faire la fine bouche. Aujourd’hui, les choses ont bien changé puisque ce sont les éditeurs qui me démarchent, soit parce qu’ils ont lu ce que j’écrivais, soit parce qu’ils ont entendu parler de moi et de mon travail, soit parce que j’ai été recommandé par une autre personne, soit les trois à la fois. Donc, la période où j’envoyais des manuscrits à tire-larigot est bien révolue !

F : Votre littérature est essentiellement fantastique. Elle invite au voyage. Pourquoi ce choix ? Vous arrive-t-il d’essayer de nouveaux styles, ou bien avez-vous un genre de prédilection ?
OB : Mon but est en effet d’inviter au voyage, physique ou intérieure et de soulever des interrogations, des questionnements sur notre devenir « psychique » et social ou d’apporter des réponses bien différentes de ce que l’on entend habituellement, d’offrir de nouvelles visions sur le monde qui nous entoure aujourd’hui, de forcer à la quête spirituelle, d’initier à des mystères, à des secrets, et de les délivrer sous forme de métaphores, à grand renfort de symbolisme. De ce fait, chaque texte possède plusieurs niveaux de lecture, de façon à ce que chacun puisse y trouver son compte. Ce choix me permet de dire ce que je veux et de le traiter de la façon que je veux. J’ai horreur des frontières, des limitations, des interdits, des étiquettes : je m’en moque donc de savoir si j’écris du fantastique ou autre chose. Mon but étant de faire passer des messages, peu importe l’outil. Mon genre de prédilection demeure le fantastique, mais cela ne m’empêche pas d’écrire autre chose : de la poésie, par exemple, avec un recueil de textes érotiques, l’Essence des Corps, que je viens d’achever, ou pour la jeunesse, avec la sortie prochaine de six albums, dont Théo & Esméralada, un conte qui avait été publié il y a quelques années dans l’anthologie Destination Crépuscule dirigée par Gilles Dumay, ou l’Inventeur de Lumière, histoire qui avait donné vie à un spectacle musical réalisée par Art Quand Rêve.

F : Vos histoires sont très détaillées et d’une grande richesse. On les sent à la fois ancrées dans le quotidien et dans un univers différent du nôtre. Quelle place la vie quotidienne prend dans vos récits ? Est-ce un parfait décors, ou juste un tremplin vers d’autres univers ?
OB : Dans la mesure où je m’intéresse à l’âme et à l’esprit de mon prochain, je situe souvent – mais pas toujours – mes histoires dans la vie quotidienne, mais ce quotidien est presque anecdotique, ce n’est pas ce qu’il faut retenir puisqu’il s’agit juste d’un cadre qui permet de se projeter dans un ailleurs, dans un autre univers, bien plus primordial, nous-mêmes. Il est vrai que mes histoires fourmillent d’informations multiples et variées, qu’elles se construisent au moyen d’un vocabulaire précis. Ces histoires foisonnent de beaucoup de choses, il n’y a jamais rien de gratuit ou d’incontrôlé. J’aime tournebouler la phrase en tous sens de façon à trouver l’image juste, l’expression idoine, de manière à ce qu’elle tue, à qu’elle éblouisse nos sens, à qu’elle marque notre esprit. L’écriture est précieuse et elle est contenue dans un écrin qu’est le recueil.

F : Les deux ouvrages que nous avons chroniqués sur le site sont constitués de nouvelles, ou d’histoires assez courtes. Comment expliquez-vous ce fait ? Est-ce récurrent dans votre processus d’écriture ?
OB : Bien sûr. La nouvelle est le format idéal pour exprimer ce que je veux dire, idéal aussi pour le lecture de nos jours. Pour moi, elle correspond à la série : chaque nouvelle est un épisode qui raconte une aventure, une expérience, aborde un thème. Elle est perle, gourmandise. Chaque recueil correspond donc à chaque fois à une nouvelle saison.

F : Vos deux derniers ouvrages sont édités aux Éditions Lokomodo. Pouvez-vous nous raconter comment est née cette collaboration et comment se déroule-t-elle ?
OB : J’ai rencontré l’éditeur, Ludovic Berneau, au salon « Les Uchroniales » à Cergy, fin 2009, par l’intermédiaire de David Gibert (ancien écrivain de l’écurie Nuit d’Avril). Tout de suite, le courant est passé. D’emblée, il m’a demandé de rééditer les deux recueils parus chez Nuit d’Avril, puis les autres parus chez les autres éditeurs, et des nouveautés. Aussitôt dit, aussitôt fait. La discussion au sujet des contrats s’est très bien déroulée. Je peux donc affirmer que notre collaboration se déroule à merveille. D’autant plus qu’il m’a demandé par la suite de diriger l’une des collections au sein de sa nouvelle structure éditoriale, Asgard. Je n’ai donc aucun motif à me plaindre, tout comme cela avait été le cas avec Franck Guilbert chez Nuit d’Avril.

F : On sent émerger dans votre écriture d’autres passions, comme les voyages, le jardinage… Est-ce vraiment le cas ? À quelle(s) autre(s) passion(s) vous adonnez-vous en dehors de la littérature ?
OB : Oui, c’est tout à fait le cas ! Je m’intéresse de très près à la botanique : peut-être est-ce le fait d’avoir vécu le plus souvent à la campagne ! L’histoire et les civilisations disparues sont aussi au menu de mes intérêts. En fait, beaucoup de choses retiennent mon attention, m’interpellent, me passionnent : les langues et la linguistique, la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma, la musique, tout ce qui a trait au surnaturel, au paranormal, aux sciences traditionnelles comme l’astrologie et la numérologie, par exemple. Liste non-exhaustive.

F : Vous avez été directeur de la revue « Micronos » . Comment cela se passait-il ? Est-ce difficile de nos jours de créer et de faire vivre un magazine ?
OB : Créer et diriger la revue Micronos a été une grande aventure, des années merveilleuses et inoubliables. Nous avions un comité de lecture pour les textes, un comité pour la sélection des artistes que nous allions exposer au sein de Khronos App’Art (et je m’en félicite, car pas mal de jeunes plumes de l’époque et de plasticiens néophytes sont aujourd’hui connus et reconnus). Une personne s’occupait du sponsoring, des libraires de rubriques en science-fiction, en bandes dessinées. Et nous avions un grand nombre de correspondants et de responsables de rubriques. En fait, cela se passait bien, très bien même, jusqu’à ce que je décide de raccrocher : je devais choisir entre mon écriture et la revue qui se développait de plus en plus vite et les expositions que nous montions sur Tours et Le Mans, alors que l’on nous demandait de créer de nouvelles antennes sur Bourges, Orléans et Poitiers. La charge était donc trop lourde. J’ai donc choisi d’arrêter et de me consacrer uniquement à mon écriture. Créer un magazine n’est pas compliqué, le faire vivre est beaucoup plus ardu. Avec les abonnements et la vente au numéro, ce n’était pas suffisant ; aussi, c’était la pub qui finançait à 50 % la revue et à 90 % les expos. Après cette expérience avec Micronos, j’ai été aussi rédacteur, critique littéraire, musical et artistique pour un magazine culturel gratuit : Détours & des Nuits. Pour un gratuit, c’est la publicité qui finance en intégralité.

 

F : Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets à venir, vos prochaines parutions ?
OB : En prévision, vous allez découvrir au fur et à mesure six albums jeunesse illustrés par Gilles Francescano pour les Éditions Juste-Pour-Lire à compter de fin 2010, la réédition de Dans l’Antre des Esprits aux Éditions Lokomodo pour fin 2010/début 2011, les Miracles du Temps chez Asgard, (puisque ce recueil n’avait eu qu’une diffusion en Belgique et pas en France), Mondes sous Influences (recueil inédit) encore chez Asgard, la réédition d’Images d’Outre-Mondes chez Lokomodo et, éventuellement, celle des Sept Vallées de la Gloire. Là, je cherche un éditeur en poésie pour l’Essence des Corps. Quand tout cela sera paru, en prévision, j’ai une trilogie chez Asgard. Ensuite, j’ai en tête depuis un moment déjà l’écriture d’un nouveau bouquin en S.-F. dont le thème sera les plantes. Mais, chut ! C’est une autre histoire !

Merci.
Et à bientôt… pour de nouvelles aventures.

Retrouvez Olivier Bidchiren sur son site officiel : http://olivier.bidchiren.free.fr

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