Arnaud Girardin

Arnaud Girardin est notre tout dernier coup de coeur. Sa série Puzzle marie avec originalité l’action, l’aventure et les Esprits.
Disponible et très sympathique, il a accepté de répondre à nos questions sur son parcours, son travail et bien sûr son avenir.
Cette interview a été réalisée en Décembre 2010 pour le site Limaginaria.com

Felixita : Bonjour Arnaud, tout d’abord, la question traditionnelle : Pouvez-vous vous présenter ?
Arnaud Girardin : Bonjour, je m’appelle Arnaud Girardin, 29 ans, j’ai fait des études de gestion hôtelière et j’ai travaillé dans la restauration. Je suis intéressé par tout ce qui est paranormal, principalement les esprits, fantômes etc. J’aime tout ce qui est jeu de pistes, mystère et ésotérisme. Ca ne veut pas dire que je suis prédisposé à croire aveuglement à l’inexplicable, mais au contraire à étudier tous les aspects de l’étrange et tenter de définir ses contours. C’est pour cela que pour mes premiers écrits, je voulais aborder ce thème.

F : Comment vous est venue l’idée de la série « Puzzle » ?
AG : Cette idée m’est venue en zappant à la télévision. Je suis tombé par hasard sur le clip d’Eros Ramazzotti « Piu Bella Cosa » dans lequel un homme retrouve une femme à partir de morceaux de photos de son visage qu’elle lui a laissé, avec un indice au dos sur le lieu où se trouve le prochain morceau. Ce concept a fait directement tilt dans ma tête et je me suis mis à imaginer une intrigue de ce genre, avec naturellement davantage de « morceaux » et de lieux.

F : La série Puzzle est-elle votre première expérience dans l’écriture ? Comment l’avez-vous travaillée ?
AG : En effet, les 2 tomes de Puzzle sont mes 2 premiers livres. Curieusement, je n’avais jamais écrit d’histoire, de poèmes ou de nouvelles avant. Il y a même eu un moment au collège et au lycée où je n’aimais pas lire, alors qu’aujourd’hui il me faut impérativement un livre sur ma table de chevet. Donc ce désir d’écrire m’est presque tombé du ciel.

J’ai commencé Puzzle durant une phase de ma vie qui n’était pas forcément simple. S’imaginer un autre monde alors que le quotidien morose vous efface de votre propre vie me semblait être une bonne idée. Alors, pris de frénésie d’écriture et après avoir visualisé le début et la fin du récit dans ma tête, je tapais mes premiers chapitres et en étais presque euphorique d’avoir couché ce début d’histoire. Mais un gros doute me vint : et si je perdais mon temps ? Si cette histoire était fade et sans intérêt ? Me reprenant, j’ai envoyé le début à des amis que je savais peu complaisants à mon égard et je m’attendais à ce qu’ils me disent : « Bon tu ferais mieux d’arrêter et faire autre chose de plus utile » et au lieu de cela, ils voulaient savoir la suite. Donc, j’ai continué mes chapitres et petit à petit je suis arrivé jusqu’au bout. C’est une série dans laquelle je me sens bien, comme un autre espace-temps. Est-ce que j’aurai continué s’ils m’avaient fait part d’un avis négatif ? Sûrement, car je ressentais une forme de liberté dans mon imagination et
de plénitude. Peut-être avec moins d’entrain car j’aurai été un petit peu blessé dans mon amour-propre, mais j’aurai continué.
Puzzle s’est bâtie pièce par pièce pourrai-je dire, car à chaque jour son chapitre, à chaque chapitre ses nouveaux rebondissements et à chaque rebondissement son lot d’informations sur la suite du roman.
Donc morale de tout cela : toujours obéir à ses premiers élans et aller jusqu’au bout de son projet et de ses idées. Si vous voulez écrire, écrivez, si vous voulez chanter, chantez, si vous voulez faire du théâtre, jouez…
F : Votre univers est très ancré dans le réel. Les personnages sont très crédibles. A peu de choses près, on connait tous un Marc et une Doris. Ces personnages sont-ils inspirés de personnes que vous connaissez ou toute ressemblance avec la réalité est purement fortuite ? Comment créez-vous un nouveau personnage ? 
AG : En ce qui concerne Marc, il est un peu inspiré de moi-même je pense. Son comportement, ses traits de caractère et son désir de savoir ce qu’est vraiment le puzzle sont un peu analogues aux miens. Mais quand on écrit, on met toujours une plus ou moins grande part de soi, du moins en ce qui me concerne. Pour les autres personnages, je ne m’inspire de personne en particulier. Quand je regarde une série ou que je vois quelqu’un dans le métro par exemple, je me demande parfois si certaines caractéristiques physiques ne pourraient pas élaborer un personnage de Puzzle. Après je lui attribue une attitude et des traits moraux en fonction du contexte et de l’interaction avec les autres protagonistes. Je m’attache à ce que mes personnages soient humains dans la mesure où ce ne sont pas des super héros. Ils doutent, ont des mauvaises pensées, pleurent, sont parfois orgueilleux. Les flashbacks que j’ajoute expliquent pourquoi ils ont fait tel ou tel choix, comment ils en sont arrivés là. Je leur crée une histoire avant de les imbriquer dans le récit. D’ailleurs, la plupart des gens qui m’ont lu me disent qu’on peut facilement s’identifier aux personnages car ils sont M. Toutlemonde et ainsi on rentre dans l’histoire comme si on était acteur.
On crée aussi des personnages que l’on voudrait connaître en vrai, et pour ma part, il y a un personnage que j’aimerai voir vivre dans la vie réelle…

F : Dans le premier tome encore plus que dans le second, les personnages sont amenés à beaucoup voyager. Avez-vous d’abord visité les lieux dont vous parlez avant de les décrire ou bien leur description est-elle totalement fictive ? 
AG : Mes voyages de ces dix dernières années sont effectivement une grande source d’inspiration pour moi. Mis à part 2 ou 3 lieux où je me suis renseigné, les lieux décrits sont authentiques ( sauf noms d’hôtels ou restaurants ). Ce que j’aimerai, c’est que le lecteur se dise : « Tiens untel dans Puzzle est allé là-bas, moi aussi j’aimerai y aller! » , comme si l’action s’était vraiment déroulée dans le monde réel. Pour exemple, en Crète, la ville de Pitsidia existe réellement. Un chemin de terre permet d’aller à une plage et la route va jusqu’à Matala où l’on trouve la plage avec ses tombes romaines à côté. Et le rocher où nos héros sautent existe lui aussi. J’ai même mis une demi-heure à me jeter dans l’eau… On pourrait citerégalement le carillon de Central Park à New York ( la Delacorte Clock ). Les décors sont vraiment importants pour moi, ils doivent permettre au lecteur de se plonger dans une autre ambiance.

F : Les 2 premiers tomes semblent avoir été écrits dans la foulée l’un de l’autre. Est-ce le cas ? Avez-vous un rythme d’écriture que vous vous imposez ou bien marchez-vous à l’envie ?
AG : Au début je ne voulais en faire qu’un roman. Et puis face à l’intrigue qui se développait, je me suis rendu compte que je devais le diviser en 2 tomes au lieu d’en faire un pavé de 800 pages. Il était hors de question de réduire ou d’enlever des passages car chaque action me semblait essentielle au déroulement de l’histoire.
Donc en effet, j’ai écrit ces 2 tomes dans la foulée.
Je marche essentiellement à l’envie et je m’impose un rythme dans mon envie. En clair, je commence un volume quand j’ai imaginé le début, la fin et quelques axes et grandes étapes. Si la motivation n’y est pas, je ne commence rien. Par contre, quand j’ai tapé le 1er chapitre, je m’impose d’écrire les suivants sans m’arrêter ( en moyenne 1 chapitre par jour ou tous les 2 jours ). Lâcher l’histoire plusieurs jours c’est risquer de s’en éloigner pour ne plus jamais y revenir, ou alors tardivement, mais entretemps votre imagination doit se replonger dans l’intrigue.

F : A la fin du second tome, la boucle semble bouclée. Pourtant, vous nous avez confié être dans l’écriture du tome 3. Jusqu’où comptez-vous aller ? L’histoire de l’ensemble de la série est-elle déjà définie ou bien se développe-t-elle au fur et à mesure de l’écriture ?
AG : J’ai déjà l’histoire en tête de toute la série. Je sais comment cela finira et quelles seront les principales actions. Il me manque encore de la documentation et comment vont évoluer certains personnages. En sachant où je vais, je sais que les énigmes posées seront résolus. A la fin du tome 2, beaucoup de mystères sont éclaircis mais certains ( et pas des moindres ) restent entiers. Le tome 3 sera différent et important car il montrera l’évolution des personnages principaux sur plusieurs dizaines d’années et posera de nouvelles questions, de nouvelles énigmes.
Ce sera un épisode assez sombre également et le puzzle sera toujours omniprésent.
Il ne s’agit pas de faire une suite pour faire une suite, mais d’établir une vraie
continuité dans les personnages et l’action. Le puzzle est une métaphore dont il faut explorer toutes les facettes.

F : Vous avez publié vos deux premiers tomes chez Edilivre. Comment cela s’est-il passé ? Envisagez-vous de soumettre vos textes à d’autres éditeurs ?
AG : Quand j’écrivais, au début, je ne pensais pas me faire éditer. Je poursuivais mon histoire à raison d’un chapitre par jour. A la fin, je me suis dit « Et pourquoi pas ? Si j’essayais de me faire éditer ? ». Donc j’ai cherché sur internet des maisons d’édition. J’en ai contacté certaines qui m’ont dit « oui » mais à compte d’auteur (environ 2000 euros pour un tome ! il en était hors de question ! ) et puis je suis tombé sur Edilivre. J’ai envoyé mon manuscrit par mail et ce fut oui. C’était simple et rapide, tout ce qu’il me fallait. Je n’ai pas essayé de maisons d’édition plus importantes et célèbres ( Albin Michel, Lattès… ) car les statistiques de réponses positives me décourageaient. Je vais continuer avec Edilivre et puis si une « grosse écurie » me repère, on verra…

F : Comment ont été élaborées les couvertures des romans ? Aviez-vous beaucoup d’exigences ou avez-vous laissé carte blanche à l’artiste ?
AG : Au début, je savais qu’il fallait que je mette une ou plusieurs pièces de puzzle sur la couverture. Donc j’ai soumis ma demande à Marjorie ( l’illustratrice de la couverture ) et avec un logiciel, elle m’a montré plusieurs compositions graphiques.
Après quelques modifications, j’ai donc choisi celles que vous voyez sur les deux couvertures. Là où Marjorie a réussi, c’est qu’elle a su résumer l’histoire en une image et c’est exactement ce que je voulais : un tunnel de pièces de puzzle qui nous amène vers une lumière mystérieuse, telle une expérience de mort imminente et l’impression que le puzzle nous entraîne comme le ferait la mort. Pour la couleur c’est simple : bleu pour le 1er tome car la piste est froide et le dessein du puzzle aussi peu limpide que les abysses ; rouge pour le tome 2 comme le sang, l’amour, les roses et bien d’autres choses… A chaque tome sa couleur qui symbolisera le contenu.

F : Vous êtes entré dans notre collection « coup de coeur » car nous avons vraiment aimé votre roman « Pièce par Pièce ». Avez-vous eu d’autres chroniques ? Quel accueil a été réservé à la série ?
AG : J’en ai eu quelques-unes et elles sont plutôt bonnes. En règle générale, les gens adorent car ils veulent toujours savoir ce qu’il va se passer à la page d’après. Le fait que les chapitres soient courts compare ces 2 tomes à un panier de bonbons où on les prend un par un sans vouloir s’arrêter. On s’identifie facilement aux personnages et beaucoup adorent le paranormal concernant les esprits, maisons hantées… Donc je suis très content que cela plaise et divertisse.

F : Vous étiez au salon SIEL de Paris récemment. Passez-vous beaucoup de temps à promouvoir vos textes ? Comment cela se passe ? Quel(s) moyen(s) privilégiez-vous ?
AG : En fait, je commence juste à promouvoir ma série. C’était mon 1er salon et j’y allais dans un but de découverte. Sinon, je contacte essentiellement des sites de critiques littéraires comme le vôtre et je leur propose d’envoyer mes exemplaires.
Je pense que je vais créer une page facebook au nom de puzzle. Internet est mon premier moyen de promotion et environ 3 à 4h par semaine, je recherche un nouveau site et/ou moyen de promotion. Je fais mon petit bonhomme de chemin sachant que l’écriture est avant tout pour moi un loisir que j’explore sous toutes ses coutures.
Je ne me suis jamais dit « Tiens si je devenais écrivain ! ». Je le fais par plaisir et après arrivera ce qu’il arrivera.

Felixita : Nous arrivons à la fin de l’année 2010. Quels sont vos projets pour l’année 2011 ?
AG : Finir mon tome 3 pour l’été prochain et me faire davantage connaître, être heureux et tout ce qui arrivera de bien ensuite, c’est du bonus !

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Un commentaire

  • Un petit message pour arnaud… Je ne sais pas si il aura l’occasion de le lire.. cela fais plusieurs mois que j’essai de le retrouver! je suis fiere de toi et de ton livre ou du moins tes livres… jespere que tu ne ma pas oubliee, moi jamais je ne toublierais… signe « miss damery ».

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