Archives mensuelles : avril 2012

Le Don de Fiona McIntosh

Le Don, de Fiona McIntosh (premier tome de la trilogie Le Dernier Souffle, éditions Milady).

Après la mort de son père, meilleur ami du roi de Morgravia, Wyl Thirsk et sa jeune soeur sont conduit au château pour y être élevés comme des princes.
Toutefois, le roi Magnus a déjà un fils dont il ne s’occupe pas beaucoup. Ce dernier, vexé de l’affection que porte son père pour deux jeunes qui lui sont étrangers, décide de leur mener la vie difficile autant qu’il le peut. Un jour, il emmène le jeune Wyl voir la torture et l »exécution de Myrren, une jeune femme accusée de sorcellerie, car il est persuadé que cela va choquer le garçon. Il n’était pas loin du compte. Ce que va ressentir Wyl va le bouleverser à jamais. D’autant plus que Myrren, avant de mourir, lui transmet un don bien mystérieux.

Le premier tome de la trilogie du dernier souffle est clairement en demi-teinte.
L’action se déroule dans un décor de fantasy traditionnel, avec des royaumes ennemis, des territoires à conquérir et des rois qui ont soif de guerre. Les personnages ont eux une véritable personnalité qui les rend attachants et réalistes (autant qu’on peut l’être dans un décor de fantasy médiéval). L’univers dépeint est très complet et bien décrit. Le lecteur prend vite ses marques.
Cependant, on ne peut s’empêcher d’éprouver un goût de déjà vu, et surtout une grande déception quant à certains choix des personnages, et surtout pour la fin.
L’auteur a choisi de conclure son premier tome par un retournement de situation qui, s’il est bien mis en scène, frustre le lecteur au plus haut point. On a l’impression d’avoir lu le roman pour rien. A la fin du roman, on ne sait si l’on doit être triste ou agacé par cette fin qui n’est en fait qu’un recommencement.
Le tout avait pourtant très bien commencé, puisque malgré les clichés l’histoire reste originale et agréable à lire. Certains passages sont à la limite du supportable, mais on s’y tient et on franchit les épreuves en même temps que les héros. Ce qui renforce le sentiment de proximité que l’on peut avoir avec eux.
Mais est-ce suffisant ? A l’heure où la fantasy a inondé les rayons des librairies?
Il apparaît clair qu’à la fin de ce tome, on ne peut donner un véritable jugement sur Le Dernier Souffle. Il faudra certainement lire les deux autres tomes pour dire si cette trilogie est une véritable réussite ou un énième roman de fantasy plus ou moins travaillé.
On ferme donc le livre plein de curiosité et d’impatience quant à la suite des évènements.

Pour qui : Les fans de fantasy classique. Ceux qui aiment les histoires d’amour impossibles, les chevaliers, les reines pleine de beauté, les châteaux et l’ambiance médiévale.

Les + : Un roman original et prometteur. Un univers agréable et médiéval.

Les – : Une impression de déjà vu. L’histoire donne à faire aux personnages des choix qu’on ne peut que regretter. La fin est décevante.

Infos pratiques :

Poche: 665 pages
Editeur : Milady (2 octobre 2009)
Collection : POCHE
Langue : Français
ISBN-10: 2811201823
ISBN-13: 978-2811201821

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Vérité Première De Dawn Cook

Vérité Première, de Dawn Cook (tome 1 de la tétralogie Véritééditions Milady )

Alissa se trouve mise à la porte par sa mère de façon totalement imprévue. Sa mère pense en effet que la jeune fille est un Gardien comme le fut son défunt père. Un Gardien, synonyme de magicien, qui doit aller étudier dans la Forteresse au-delà des montagnes. Alissa ne croit pas à la magie mais finit par se résoudre à rejoindre cette forteresse avant l’hiver.
En chemin, elle fera la connaissance de Strell, un flûtiste solitaire qui pourrait bien bouleverser sa vie.
Et cela, c’est sans compter sur la découverte d’un livre aussi mystérieux que dangereux : celui de la Vérité Première.
Vérité Première est le premier tome d’une série qui en comporte quatre. Ces romans retracent l’histoire d’une jeune métisse dont le but va être de rejoindre un endroit légendaire afin d’y réaliser une sorte d’apprentissage magique.
Le roman est plutôt épais (plus de 500 pages) et l’on plonge assez vite dans l’univers médiéval-fantaisiste de l’auteur.
Malgré le grand nombre de pages, l’univers est assez restreins et la galerie de personnage assez pauvre. Nous allons et venons en effet d’une part sur des chemins sans grands intérêts, et d’autre part entre les murs d’une gigantesque forteresse. C’est d’ailleurs dans cet espace que va se dérouler la partie la plus intéressante du roman.
Le lecteur se trouve alors enfermé dans cette prison de pierre avec un trio de personnages principaux et deux personnages secondaires. Pas plus.
Si l’histoire est intéressante, il n’en reste pas moins qu’elle souffre de longueur et du manque de dynamisme engendré par cet espace réduit qu’est la forteresse et le peu de personnages.  Les actions semblent longues, les personnages ne font qu’aller et venir et l’histoire prend parfois plusieurs dizaines de pages avant de véritablement avancer.
Pour apprécier ce roman, il faut être casanier. L’impression de grandeur et d’étouffement provoquée par la forteresse est très bien retranscrite. On se sent au coin du feu en compagnie des personnages, dans la cuisine lors de la préparation du petit-déjeuner, dans les chambres lors des veillées…
Le personnage d’Alissa est un personnage original pour le genre puisqu’elle est métisse (à la fois des plaines et des contreforts; deux terres au sein d’un même territoire dont les rivalités sont énormes). Héroïne du roman, on peine pourtant à s’attacher à elle. Son caractère et ses réactions agacent forcément le lecteur qui préfèrera l’assurance et le dynamisme de Strell. En cela, le garçon s’impose comme le véritable leader du livre, au détriment de l’héroïne que l’on préfère laisser dans la cuisine (n’en déplaise aux dames, le roman, de par son contexte médiéval, donne aux femmes une place prépondérante dans la cuisine et pour les tâches ménagères et de couture). Alissa se plaint beaucoup, agit finalement peu, ou pas de façon raisonnée, tant et si bien qu’elle donne l’impression d’avoir 9 ans et non pas 19 comme le dit le livre.
De son côté, le flûtiste Strell est son parfait opposé, comme dans tous les duos obligés de coopérer. Le jeune homme est entreprenant, vigoureux et ne parle pas pour ne rien dire. Il est d’ailleurs si charismatique comparé à Alissa que le maléfique Bailic se méprend sur le magicien de la bande et croit que c’est le garçon. Les passages où Strell intervient sont de loin les plus dynamiques du roman.
Enfin, au coeur de ce duo en apparence improbable, se glisse le personnage de Bailic. Un vieux magicien rongé par une haine quasi séculaire. Ce personnage n’intervient dans le roman que par apparitions et renforce le sentiment de prison instauré par les descriptions de la forteresse. Chacun de ses actes est destiné à semer le trouble dans la relation d’Alissa et Strell. L’auteur déploie des trésors d’imagination pour faire vivre ce personnage dont il faut reconnaître également l’originalité. En effet, le vieux magicien, malgré son expérience et ses talents, va devoir faire un choix. Qui est le magicien ? L’histoire voudrait qu’il reconnaisse la magicienne en Alissa, mais un grand nombre de détails vont l’induire en erreur. Une situation inattendue totalement bienvenue dans le récit. Cela apporte en effet un véritable suspens et donne du souffle à un ouvrage qui en manque un peu.
Notons enfin la présence de Serre, un oiseau qui semble ne jamais vouloir quitter Alicia et fonctionne un peu comme sa conscience. Une sorte de Jiminy Cricket en moins développé.
Côté scénario, les amateurs de récits où se mêlent créatures imaginaires, parcours initiatiques et objets magiques seront servis. Bien qu’il n’offre pas une grande originalité, Vérité Première est un roman plaisant à lire, dans lequel le style est fluide. Le scénario se découpe en deux parties situées plus ou moins à la moitié du roman. Si elles sont à peu près d’égale longueur, elle ne sont pas d’égale importance. La première partie semble s’attarder d’avantage sur la difficulté des personnages à s’insérer dans l’histoire globale, ainsi que les différences de caractère qui les opposent. Alissa et Strell ayant chacun vécu une histoire différente, la première partie du livre s’attache à nous présenter cette histoire ainsi que présenter leur rencontre et les forces de la vie qui vont les rassembler. La seconde partie met en scène le trio Alissa-Strell-Bailic et leur vie quotidienne, les plans qu’ils échafaudent pour parvenir à leurs fins et les conséquences qui en découlent.
Avec ce premier tome, Vérité Première pose les bases d’une série qui va se complexifier dès le second tome. Le roman souffre de sa première place et s’attarde principalement à présenter l’univers du récit, les personnages et les objectifs de chacun. Malgré cela, le lecteur a envie de poursuivre son aventure et d’enchaîner avec le second tome : Vérité cachée.
Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de forteresse magique et de roman « fantasyco-médiéval » .
Les + : Un style fluide qui se laisse lire au fil des pages, l’intérieur de la forteresse est très bien décrite, les personnages masculins très travaillés et charismatiques donnent la profondeur à l’ouvrage. La question du métissage reste au second plan mais est traité, ce qui est intéressant.
Les – : Le personnage d’Alissa est agaçant et manque cruellement de consistance. Dommage pour une héroïne. Le roman souffre aussi de certaines longueur et d’un manque de dynamisme.
Infos pratiques :
Poche: 541 pages
Editeur : Milady (11 juin 2010)
Collection : Fantasy
Langue :Français
ISBN-10: 2811203435
ISBN-13:
 978-2811203436
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