Archives mensuelles : novembre 2012

Bad Moon Rising 1 – Choc , de Marika Gallman

Choc, de Marika Gallman (partie 1 du feuilleton numérique Bad Moon Rising, éditions du Petit Caveau)

Bad Moon Rising est un feuilleton numérique en 6 parties racontant l’histoire peu ordinaire de Neela, attaquée une nuit de Lune Bleue puis recueillie par de mystérieux personnages…

Je remercie les éditions du Petit Caveau pour cette découverte feuilletonesque. Avec Choc, je découvre la plume de Marika Gallman dont j’ai tant entendu parler pour sa série Maeve Regan, publiée à l’origine au Petit Caveau avant d’être reprise par Milady.
Cette première partie est très courte, et on plonge assez vite dans l’ambiance. Dès le départ, l’accent est mis autour de l’astre lunaire et l’on sait que quelque chose de louche se trame. L’atmosphère, au départ celle d’un banal quotidien, est en toute logique légère et frivole. Cependant, elle s’alourdit au fil des phrases et des doutes qui s’immiscent dans l’esprit de Neela pour faire monter la tension à la fois chez l’héroïne mais aussi le lecteur.
Vers le milieu du texte, le moment pressenti survient et Neela se fait attaquer par une créature étrange. C’est là que l’action et le récit commencent véritablement.
A défaut de me surprendre, cette entrée en matière m’a étonnée.
Cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord le style de l’auteur. Le texte est écrit à la première personne du présent et certaines formules sonnent de ce fait de manière inhabituelle comme « je dis » au lieu de « dis-je ». Mais finalement on s’habitue assez vite pour que cela ne soit qu’un détail. L’ensemble est fluide et surtout très simple. Pas de phrases lourdes ni de tournures ampoulées. Ici on est dans une lecture légère, brève, presque un témoignage en temps réel. On a clairement affaire à une lecture pour se détendre et non se prendre la tête. Bon point.
Ensuite, la figure du vampire m’a laissée perplexe. Certes, j’imagine qu’il est très difficile d’innover dans un domaine où on a l’impression que tout a déjà été écrit. Mais ici le vampire ressemble plus à un zombie qu’à un vampire. Il s’agit presque d’un zombie avec des canines. On nous dit que la créature est un vrai bloc de chair en putréfaction qui se jette sur ses victimes pour les dévorer. L’odeur est pestilentielle, le monstre doté d’une force surhumaine… et là je ne peux m’empêcher de penser à Roméro, Darabont et Kirkman. Un Walking Dead version vampire ? Est-ce volontaire ? Je l’ignore, mais j’ai été plutôt surprise par ce choix dont je ne sais que penser.
La fin du texte laisse l’héroïne et le lecteur dans une forme de confusion habilement créée (mais je ne vous dis pas pourquoi, ce serait dévoiler l’intrigue). Cet effet est bien entendu fait pour donner envie d’aller plus loin, de lire la suite. Est-ce efficace ?
J’avoue que je ne sais pas trop. Je ne sais pas exactement quoi penser de ce premier morceau parce qu’il m’est apparu extrêmement court. C’est un peu comme essayer de se faire un avis sur les 3 premières pages d’un roman. On a ici une mise en bouche qui remplit bien son rôle puisqu’on nous présente l’héroïne, une situation banale où tout bascule, des ennemis potentiels et une foule de questions sans réponse, mais l’ensemble est bien trop court pour que je puisse vraiment entrer dans l’histoire et me prendre au jeu. Je suis pour l’instant restée en dehors, ne parvenant pas à m’attacher à l’héroïne et son amie, ni à ce qui leur arrive.
Afin de me faire mon propre avis sur le feuilleton, il est évident qu’il me faut en savoir plus et aller plus loin. La parution toute récente de la suite, Déni, est donc la bienvenue. Cette seconde partie me permettra sans doute de me faire une idée de ce que je peux penser de l’héroïne et de son destin.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment la Bit-Lit et les histoires dynamiques où les rebondissements sont fréquents.

Les + : Un style léger et agréable, une atmosphère bien décrite et une première partie qui rempli très bien sa fonction d’introduction. Le cadre est posé et l’intrigue se met rapidement en place.

Les – : La taille du récit, trop court pour que l’on en sorte avec une envie d’arrêter la lecture ou de poursuivre. Même si l’univers est placé, l’héroïne et son sort n’ont pas encore beaucoup d’importance.

Infos pratiques

Epub sans DRM
Environ 14 pages

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Le Souffle des Ténèbres, de Frédéric Livyns

Le Souffle des Ténèbres, de Frédéric Livyns (one shot, Val Sombre éditions)

Suzy et Bryan quittent leur vie parisienne pour quelques jours de vacances en Bretagne dans le village où a vécu le grand-père de Bryan. Rares sont les touristes à Munoz, et ces deux là ne passent pas inaperçu. D’autant plus que depuis leur visite au sein du mystérieux château en ruine, que tout le monde redoute, des phénomènes étranges se produisent. Et si les deux citadins avaient réveillé une puissance infernale ?

Le Souffle des Ténèbres est un petit livre qui se lit vite et que j’ai beaucoup apprécié.
En effet, le style de l’auteur est fluide, rapide, on imagine bien les lieux et j’ai pris beaucoup de plaisir à me laisser glisser dans cet univers mystérieux. On entre rapidement dans l’histoire avec l’arrivée à Munoz des deux protagonistes principaux. Comme l’histoire se déroule sur une courte période (quelques jours), les évènements s’enchaînent sans longueur et de manière dynamique. L’atmosphère dépeinte est très vite mystérieuse, inquiétante, et on ressent les personnages comme enfermés dans un village, pris au piège dans un espace extérieur. Pourtant, si cela peut sembler confiné, l’ambiance n’est jamais lourde et la lecture reste agréable.
Les personnages sont évidemment les habitants du village dans lequel Suzy et Bryan semblent être prisonniers. Le couple central est crédible dans leur caractère et comportement. Suzy essaie de protéger son compagnon contre les forces obscures qui l’agressent tandis que Bryan s’en veut d’avoir cédé à ses caprices et entraîné sa femme dans cette histoire.
L’histoire en elle-même est assez originale et nous entraîne sur des chemins légendaires. Apparaît la figure de l’Ankou, incarnation bretonne de la mort. Cependant, j’ai trouvé dommage de ne pas me sentir plus en Bretagne. Car mis à part quelques noms, le contexte fait plus penser à l’Angleterre ou l’Irlande, qu’à la Bretagne.
Malgré cela j’ai passé un très bon moment de lecture. Frédéric Livyns est sorti des espaces clos auxquels il m’avait habitué dans Entrez ou Les Contes d’Amy pour proposer dans ce titre une intrigue à ciel ouvert vraiment intéressante.
Probablement son meilleur titre à ce jour.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires courtes et dynamique, les légendes, les histoires où l’atmosphère vous entraîne dans une autre réalité.

Les + : Un style fluide et sans lourdeur, une intrigue intéressante où se mêlent légende et réalité. Des personnages attachants. Une histoire qui se lit vite et bien.

Les – : La présence en territoire bretons aurait pu être d’avantage accentuée pour que l’on retienne plus cet aspect du récit. On retiendra surtout le château hanté et le village étrange.

Infos pratiques 

Broché
Editeur :
Val Sombre (10 octobre 2012)
ISBN-13:
979-1090623040
ASIN:
B009PYS392

 

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