Six Faces , d’Esteban Bogasi

Six-faces

Six Faces, d’Etan Bogasi (one shot, éditions ZORNosphère)

Calamity Rainbow est un Qrevet qui porte bien son nom. Jamais de sa vie la chance ne lui a sourit. Jamais, ou presque. Car quand l’un de ses larcins lui dévoile un mystérieux médaillon à la valeur  inestimable, le petit voleur voit déjà sa vie changer.
Il ne peut alors pas se douter à quel point.

Six Faces est un roman dont j’ai trouvé la lecture particulière. En effet, il comporte une ribambelle de choses qui m’ont gênées  et pourtant une chose a fait que j’ai tout de même passé un moment de lecture agréable.
Je vous explique.
Six Faces nous raconte l’histoire d’un voleur qui tombe par hasard sur un médaillon de grande valeur. S’en suit alors une vaste quête dans le monde du Cube, d’où le roman tire son nom.
Je m’attendais à un roman jeunesse, vu la couverture. Mais le nombre de gros-mots jalonnant le livre me fait classer ce titre comme un ouvrage de fantasy. Ce n’est pas grave, il faut juste que vous sachiez qu’il ne faut pas vous laisser abuser par la couverture, somme toute jolie.
Le premier point où j’ai été déçue, c’est sans conteste par le concept de l’histoire elle-même. Notre Calamity habite un cube, certes, mais le roman ne nous explique pas vraiment les changements que cela amène sur les habitants. C’est abordé à deux ou trois moments mais sans plus et de manière si peu convaincante que le monde aurait pu être une planète ronde sans que cela ne change quoi que ce soit.
Ensuite, l’histoire en elle-même, dans son fond et sa forme, n’ont pas toujours su me convaincre. Les personnages restent clichés et manquent de nuances dans le caractère pour ce qui est des personnages masculins (qui représentent 90% du roman). Les personnages féminins eux, arrivent extrêmement tard et son parfaitement inutiles. Je n’ai rien compris à cette histoire de bataille finale. Pourquoi les deux femmes se détestent autant ? Pourquoi essaient-elles de s’entre-tuer ? On dirait de vulgaires querelles de bonne-femmes, d’autant plus que ces femmes apparaissent comme idiotes et sans stratégie fine. Elles sont insipides et leurs réactions sont trop « grosses » pour être crédibles. L’auteur a une nette préférence pour les personnages masculins et cela se ressent. L’histoire en elle-même reste traditionnelle, il s’agit d’une quête, un voyage initiatique dont on se demande au final s’il a appris quelque chose aux héros. Des retournements de situations sympathiques mais pas toujours très fins jalonnent le texte (le retournement de Ruejam par exemple, s’est déroulé si vite que je n’ai pas eu le temps de trouver ça étonnant et dommage). Voilà pour le fond. En ce qui concerne la forme, plusieurs points se révèlent assez décevant. L’auteur a certes son style, mais on ne le sent pas toujours sûr de lui. Le récit a l’air d’avoir été écrit durant une période longue. Si bien qu’on sent parfois l’auteur prendre des libertés, puis revenir à une écriture plus contenue dans sa narration, avant d’essayer un autre style encore… Cela a pour effet de souvent nous laisser entendre un narrateur qui nous assomme par ses digressions perpétuelles sur tout et n’importe quoi. Trop de digression tue la digression et j’avoue avoir décroché par moment. Le style choisi pour raconter l’histoire est un style oral, tel un conteur qui nous narrerait les aventures des protagonistes. Cela entraîne de nombreuses répétitions. Mais le point qui me chiffonne le plus est le nombre de coquilles et de fautes d’orthographes qui émaillent le texte. Si les 100 premières pages sont relativement correctes, le reste du texte en compte des dizaines. Et cela n’est pas acceptable pour moi lorsque l’on se fait éditer. Il me semble que l’éditeur pourrait (devrait?) effectuer un travail de correction plus poussé avant de lancer un texte. Surtout que n’étant pas moi-même une Bernard Pivot en herbe, je n’ai relevé que des erreurs simples pouvant être corrigées par une simple lecture extérieure.
Voilà les points qui m’ont gênés dans ce texte. Mais heureusement, il y a aussi des points positifs qui m’ont fait aller au bout de cette longue lecture (plus de 300 pages numériques).
Si je parlais plus haut du style oral et de ses défauts, c’est aussi la grande force du texte. Le ton est léger, humoristique, j’ai rit plusieurs fois par les blagues et les situations rocambolesques des personnages. Il y a de la recherche, des références à une foule d’oeuvres plus ou moins connues. L’auteur s’est fait plaisir et cela se sent également.
Ce texte me fait donc dire que malgré de nombreux défauts perfectibles par une lecture/relecture plus approfondie, il y a également de bonnes pistes qui méritent d’être réexploitées dans de futurs textes.

Un récit en demi-teinte que j’ai apprécié mais dont le souvenir ne sera pas impérissable.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment la fantasy décalée et humoristique.

Les + : Un texte léger, frais, avec de l’humour. On rit, on sourit, le tout dans une bonne humeur communicative.

Les – : Des répétitions, de nombreuses coquilles et fautes d’orthographes, des personnages un peu clichés pour les hommes et insipides pour les femmes, des digressions préjudiciables et un manque de profondeur dans certains aspects du texte (cube).

Infos pratiques
ISBN :
 9782953997507
Langue :  Français

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