Archives mensuelles : avril 2013

Les Anges de l’Ombre, de Malaïka Makumi

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Les Anges de l’Ombre, de Malaïka Makumi (one shot, éditions du Petit Caveau)

Les Anges de l’Ombre est un recueil de nouvelles vampiriques. Certaines ont déjà été publiées et d’autres sont inédites au recueil.

La chance de ce recueil est que la majorité des nouvelles ont été écrites avant la période Twilight et le déferlement qu’on lui connait. Cela a au moins le mérite de traiter le vampire dans la vision que l’on pouvait en avoir avant, c’est-a-dire autrement que comme un écervelé bouillonnant d’hormones et avec un coeur gros comme ça.
L’auteur nous prévient dès le début : elle nous dépeint dans cet ouvrage sa propre vision du vampirisme. L’avantage, c’est que l’ensemble des nouvelles nous montre une facette complète de cette vision, sachant que chaque titre apporte son lot de nouveauté.
Ce qui m’a frappé dans le recueil est le style de l’auteur. Fluide, il se lit avec facilité et porte en lui un charme romantique un peu suranné, tels que c’est le cas dans les romans de Lydie Blaizot par exemple. Mais ici, au-delà du style, ce qui marque est l’incroyable richesse du vocabulaire employé par Malaïka Makumi. Les textes sont riches, précis, sans lourdeur, ni répétition, ni tique de langage. Tout est parfaitement en place.
Les nouvelles qui m’ont le plus marqué sont Balthus, pour le charisme de son personnage, ainsi que Les Marques du Vampire. J’ai aimé l’idée de faire se poursuivre l’histoire plus tard dans le recueil à travers un second texte mettant en scène les mêmes personnages. La Grand’Cherrée est également un joli texte, bien qu’il faille posséder quelques notions de folklore breton pour tout comprendre. Je citerai également Délires Nocturnes, car le personnage principal et l’intrigue sont savoureuses.
Du côté des déceptions, je place en tête de liste la nouvelle De Profundis. Pour cette formule que j’affectionne particulièrement, j’ai été déçue par ce texte manquant d’épaisseur et de matière. Ceci est mon corps m’a également moins convaincue, peut-être un peu trop glauque.
Dans l’ensemble, ce recueil est agréable à lire et plaisant. Malaïka Makumi alterne entre les époques et les héros aux personnalités diverses. Cependant, je regrette que la figure vampirique soit essentiellement ramenée à un bel homme ténébreux aux cheveux longs et de style baroque/victorien, tandis que les femmes ressemblent aux âmes représentées par Victoria Frences. Cela dit, l’auteur nous avait prévenue dès le départ et je suis plus sensible à ce charme classique qu’à la mollesse moderne.
Un livre bien construit en tout points qui ravira tous les fans de créatures de la nuit.

Les + : Des textes au charme romantique, une richesse de vocabulaire exceptionnelle, des histoires agréables à lire et plusieurs personnages très charismatiques.

Les – : Une forme vampirique dans ce qu’elle a de plus classique, sans grande prise de risque.

Infos pratiques :
Date de parution: 
15 février 2011
ISBN: 978-2-9533892-9-6
Nombre de pages: 290
Prix de vente: 17,90 € (en version papier) 6,99€ (en version numérique)
Illustration de couverture: Alexandra V. Bach
Collection: Sang de Brume

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La Novolitza, de Gauthier Hiernaux

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La Novolitza, de Gauthier Hiernaux (tome 4 de la série Grandeur et Décadence de l’Empire de la Nouvelle Ereéditions Chloé des Lys)

A la mort de l’Impérator, les choses vont changer. La prostitution, jusqu’alors très lucrative, va se voire interdite par les puissants conservateurs.
Ainsi va naître La Novolitza, organisation résistante et stratégique, bien décidée à ne pas se laisser dicter sa conduite.
Mais dans l’ombre d’un abattoir, d’autres drames se nouent. Des rancœurs resurgissent et des griefs longtemps enfouis ne resteront pas impunis.

Ce texte est la suite du Triangle sous le sable. Bien qu’étant une suite, ce roman peut se lire de façon indépendante même si certaines subtilités échapperont forcément à la lecture. Comme j’avais lu le tome précédent il y a un moment, c’est un peu comme si je redécouvrais la série.
Toutefois, j’ai retrouvé dans ce livre ce que j’avais apprécié dans le précédent, mais aussi ce qui m’avait moins plu.
Pour commencer, je retiens surtout l’histoire. Une histoire intéressante, jamais vulgaire en dépit du fait qu’elle se passe dans le milieu de la prostitution. J’ai apprécié le fait que l’auteur ne baigne pas dans le sexe facile, les scènes glauques ou écœurantes, juste pour illustrer l’environnement dans lequel il veut nous emmener.
Dans La Novolitza, aucune scène torride ni vulgaire. La plume de l’auteur sait se concentrer sur l’essentiel. Ainsi plonge-t-on au cœur des complots et des manigances, des stratégies et des trahisons. L’ensemble tient la route, est crédible, et je n’ai eu aucun mal à imaginer que de telles choses puissent également se produire dans notre monde actuel. Le milieu de la nuit y est dépeint dans sa violence quotidienne, cette emprise digne d’une mafia, et les lourds enjeux financiers que cela implique. Gauthier Hiernaux nous montre qu’il faut se méfier des apparences.
En revanche, j’ai toujours du mal à entrer dans l’univers véritable de l’auteur. En effet, Gauthier Hiernaux écrit de manière extrêmement médiévale, à grand renfort de termes, d’expressions et d’élocutions des personnages. Pourtant, l’usage de matériel tel qu’un ordinateur portable, un ascenseur, un TeleCom (certainement un smartphone) est normale.
Pas pour moi.
Si le parti pris se concentre sur un univers médiéval, j’ai du mal à croire qu’il n’en soit pas ainsi pour tout. Si cette société a régressé au point de porter des oripeaux, de redevenir polythéiste et de se battre avec des flèches et des épées, elle ne peut pas avoir gardé de telles technologies.  J’ai vraiment du mal avec cet aspect du livre car je suis perdue dans cet univers qui me paraît de ce fait plutôt bancal.
De même, les personnages s’expriment avec un vocabulaire digne de valets et d’écuyers. L’abondance de mots coupés par des apostrophes rend parfois la lecture difficile, et la répétition à outrance du terme « point » pour remplacer notre actuel « pas » place clairement l’intrigue plusieurs centaines d’années en arrière. De même que le système de castes ou de nobles.
Je me dis que si cette société est postérieure à la nôtre, certains acquis auraient forcément dû être conservés. De ce fait j’ai du mal à entrer totalement dans cet univers.
Mais je parviens tout à fait à placer le texte dans un univers médiéval 500 ans en arrière. Du coup j’ai l’impression que la technologie est au service de la pirouette scénaristique quand l’auteur pêche à trouver une façon de parvenir à ses fins dans un contexte où le pigeon voyageur mettrait du temps à transmettre un message.
La Novolitza est donc dans la pleine lignée du Triangle sous le Sable et offre tout de même un bon moment de lecture.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les intrigues stratégiques et les univers médiévaux.

Les + : Une intrigue intéressante, un récit qui n’est pas tombé dans le piège de la vulgarité et un récit plaisant à lire.

Les – : La difficulté à entrer dans le cadre spatio-temporel du fait des anachronismes, surabondance d’apostrophes dans les dialogues, et parfois trop de personnages.

Infos pratiques
Relié
Editeur : Chloe des Lys (8 mars 2012)
ISBN-10: 2874596108
ISBN-13: 978-2874596100
Dimensions du produit: 21 x 15 x 10 cm

 

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