Archives mensuelles : juillet 2013

La voie de la sorcière, de Cécile Guillot

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La Voie de la Sorcière, de Cécile Guillot (tome 1 du cycle Fille d’Hécateéditions du Chat Noir)

La jeune Maëlys menait une vie d’étudiante à peu près ordinaire jusqu’à ce que surgisse dans sa vie l’existence d’un don qui ferait d’elle une puissante sorcière Wiccane.

La Voie de la Sorcière est un petit livre qui se lit facilement et rapidement. Le style est fluide, léger, écrit de manière moderne et parfois un peu (trop ?) familière.
Ce style léger de la narration fait presque passer l’ouvrage pour un témoignage en direct, puisque l’on trouve dans le roman quelques tics de langage (« un brin » répétitif) mais aussi des formules plutôt orales.
Du fait de sa petite taille, les faits racontés le sont de manière trop rapide à mon goût. Ainsi, Cécile Guillot ne prend pas beaucoup de temps pour nous raconter les péripéties de sa jeun et fraîche héroïne. Dès la première page, elle percute un étudiant forcément séduisant et dès la seconde page elle découvre son don, qu’elle accepte tout à fait dès la troisième.
A la lecture du titre, je me suis posée la question de savoir comment je réagirais si du jour au lendemain un parfait inconnu sorti de nul part m’annonçais que ma faculté à si bien connaître les individus était en fait un don de puissante sorcière.
Je ne pense pas que je l’accepterais en une page. Je crois que je commencerais pas rire, puis me moquer un peu du gentil illuminé, avant de poursuivre ma vie comme je la vivais en page 1 avant qu’un vrai gros élément déclencheur ne me décide à finalement penser que l’anonyme avait « peut-être » raison (vous suivez ?). Ce n’est pas le cas dans Fille d’Hécate, et j’ai trouvé par conséquent l’entrée en matière peu crédible. De même, les visions de Maëlys se déclenchent dès qu’elle prend conscience de son don. Pourquoi n’en a-t-elle pas eu avant ?
En revanche, j’ai bien aimé les quelques personnages qui évoluent au fil du roman. Rien d’extraordinaire mais suffisamment intéressant pour donner l’envie de poursuivre. Maëlys est fraîche, comme je l’ai dis, bien que naïve. Dorine est intéressante puisque c’est grâce à elle que nous entrons dans les rites et la culture wiccane, Alexandre est le cliché du bellâtre trop beau pour être honnête, etc…
L’originalité du roman se trouve dans le fait qu’il aborde la figure de la sorcière de manière si traditionnelle qu’on aurait pu l’oublier. En effet, les sorciers d’aujourd’hui sont si imprégnés du succès d’Harry Potter qu’on en a presque oublié la base même de la sorcellerie : les pierres, la nature, les femmes… Il est donc intéressant de (re)découvrir cette culture presque oubliée pour s’imprégner des chants et formules rituelles. J’espère que la suite de la série nous plongera encore plus profondément dans cet univers magique.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires courtes, les histoires de magie et de sorcières.

Les + : Une lecture agréable et des personnages frais. L’histoire se déroule en France, ce qui est assez rare pour être souligné.

Les – : Les événements arrivent un peu trop vite et de manière peu crédible.

Infos pratiques
Broché: 144 pages
Editeur : Editions du Chat Noir (1 juillet 2012)
Collection : GRIFFE SOMBRE
Langue : Français
ISBN-13: 979-1090627055

Marquise des Ténèbres, d’Ambre Dubois

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Marquise des Ténèbres, d’Ambre Dubois (tome 3 de la série Les Soupirs de Londreséditions du Petit Caveau)

Une rose blanche sur la poitrine, une non-mort et un désir de chair humaine, les cadavres retrouvés par les vampires de Londres sont bien étranges. Stella et sa communauté aux dents longues vont une fois de plus devoir enquêter en toute discrétion. Mais ce qui pouvait sembler être un crime presque ordinaire va renvoyer les protagonistes aux confins de leur âmes, dans un lointain passé que nombre d’entre eux aurait voulu oublier. Car là, dans une sombre cellule de la tour de Londres, patiente une dame mystérieuse que l’on dit folle. Sa beauté est aussi grande que dangereuse. On ne connait pas son nom, tout juste sait-on qu’on la surnomme « La Marquise »…

J’ai retrouvé Ambre Dubois, que j’avais laissé après Absinthes et Démon dans son univers victorien et vampirique. Ce tome étant le troisième, j’ai retrouvé sans mal les nombreux personnages qui peuplent le manoir. Et, chose intéressante à préciser, j’ai pu replonger sans difficulté dans l’univers et les lieux malgré le fait que j’ai lu depuis longtemps le second tome. Ambre Dubois fait en sorte de rappeler les faits précédents, et de réintroduire habilement ses personnages. Ainsi suis-je passée du deuxième au troisième volet sans difficulté.
L’atmosphère générale du livre est bien construite. La période victorienne chère à l’auteure est décrite avec force chapeaux, jupons et autres cabs, le tout dans un ton légèrement mélancolique pour dépeindre une Londres en souffrance.
Que dire à présent au sujet de l’histoire et de personnages ? Il s’agit, comme pour les précédents opus, d’une enquête, prétexte à évoquer la vie personnelle et le passé des personnages. On en apprend donc plus sur le passé du duo Drake/Rodrigue , deux personnages j’aime particulièrement pour leur charisme et le voile de mystères dont ils s’entourent. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la façon dont l’intrigue balade Stella comme un pion dans un jeu dont elle ne maîtrise rien. Le duel des deux grands vampires est si bien mené que le personnage de Stella paraît manquer d’intérêt à côté.
Car oui, le personnage de Stella m’a plutôt agacé. Premièrement parce que tout le monde semble la courtiser avec plus ou moins de réussite, mais aussi parce qu’elle est plutôt mièvre. Le destin semble lui réussir trop facilement et la belle déjoue les pièges tendus avec beaucoup de facilité, toujours de façon très apprêtée. Je n’y ais pas vraiment cru. Pas plus que quand la jolie Stella vient à bout du coupable en 3 lignes et sans même le faire exprès (c’est fort!).
Celle en revanche qui aurait pu me plaire est le personnage éponyme : La Marquise (des ténèbres). Mais j’ai été plutôt déçue, comme pour le personnage de Stella. En effet je m’attendais à ce qu’elle prenne une place importante dans le récit puisqu’elle est à la fois en titre et en couverture, mais non. Je l’ai trouvé en retrait, plutôt passive. A ce sujet le scénario m’a laissé sur ma faim. Il manquait d’un petit quelque chose pour m’emballer, me prendre dans sa folie.
Mais attention, entendons-nous bien : j’ai aimé l’histoire globale qui est, je trouve, plutôt bien trouvée. Simplement il manquait quelque chose au sujet des personnages féminins, que l’auteur aime peut-être moins traiter.
Enfin, j’ai apprécié le style toujours aussi agréable de l’auteur, en dépit de quelques phrases maladroites et de quelques tics de langages (les vampires passent leur temps à « susurrer » et « titiller » tout ce qu’ils trouvent).
Cette suite du Sang D’Hécate reste dans la veine des premiers et devrait ravir ceux qui ont apprécié les précédents opus.

Pour qui : Les fans de vampires, d’enquête, ceux qui ont apprécié les premiers tomes. Il n’est pas obligatoire d’avoir lu les  autres ouvrages pour comprendre celui-ci, même si c’est évidemment conseillé.

Les + : Une atmosphère victorienne bien décrite, une galerie de personnages toujours aussi intéressante et une intrigue originale. L’ensemble menée par une plume mélancolique à souhait.

Les – : La répétition de certains termes comme « susurrer » et « titiller » ont fini par faire perdre un peu de son charme au texte. J’ai été également un peu déçue par le manque de charisme et d’intérêt des personnages féminins.

Infos pratiques :

Broché: 270 pages
Editeur : Éditions du Petit Caveau (15 février 2012)
Langue : Français
ISBN-10: 2919550039
ISBN-13: 978-2919550036

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