Archives mensuelles : juillet 2013

Cinq pas sous terre 4 – Toute l’eau de mes larmes , de Vanessa Terral

Refus

Toute l’eau de mes larmes, de Vanessa Terral (épisode 4 du feuilleton numérique Cinq pas sous terre, éditions du petit caveau)

Muriel s’apprête à livrer ce qu’elle pense être une ultime bataille…

L’étau se resserre autour des protagonistes de ce feuilleton numérique toulousain. Dans cet opus, Vanessa Terral a concentré sa narration autour du personnage de Muriel, personnage important dans l’intrigue globale mais que l’on ne connaissait qu’en surface.
Ici, le lecteur apprend à la connaître et découvre en elle une personne plus « humaine » et plus fragile. L’épisode nous laisse voir des failles et des faiblesses qui font que l’on s’attache définitivement à la jeune femme.
Nous avions laissé Jabirah dans une très mauvaise posture à la fin de Trafiquants d’Ames, mais elle ne disparaît pas pour autant de la série.
Le décor toujours toulousain est bien planté et j’apprécie cette histoire dont le théâtre est français. Cela change de toutes les intrigues anglaises ou américaines. J’avoue que ce petit feuilleton m’a donné envie de découvrir la ville, et qu’à chaque fois que j’en entends parler, je pense à « la ville de Jabirah ».
Mais je m’égare.
Vous retrouverez dans cet avant-dernier épisode tout ce qui fait le charme des précédents : une écriture bien construite, un vocabulaire riche, des personnages attachants et de l’action.
Cet épisode fait tout sauf du sur place. Emotions garanties !
A noter qu’une version papier est prévue pour le mois d’octobre aux éditions du Petit Caveau, augmentée d’une nouvelle inédite romantique.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les précédents épisodes

Les + : Le point de vue narratif change pour ce centrer sur un autre personnage et lui donner du relief. Le texte est toujours bien écrit et l’histoire originale.

Les – : Le fait de concentrer l’histoire sur un autre personnage peut surprendre au départ.
Infos pratiques :

Nombre de pages de l’édition imprimée : 25 pages
Editeur : éditions du Petit Caveau
Édition : 1 (1 juin 2013)

Le grand vaisseau qui va à Manissa, de François Ucedo

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Le grand vaisseau qui va à Manissa, de François Ucedo (one shot, éditions Chloé des Lys)

Cathy et ses amis se trouvent contraints d’arrêter leur voiture à cause d’un épais brouillard. Les jeunes gens doivent continuer leur route à pieds et finissent par découvrir un immense bateau à voiles. Alors que ses compagnons montent à bord sans se poser de questions, la jeune Cathy, elle, se heurte à l’absurdité de la situation. Ce sera pire une fois à l’intérieur.
A bord, elle reçoit de la part d’un pirate une énorme pierre précieuse qui lui causera bien des problèmes.

Je n’ai jamais caché que je n’aimais pas vraiment lorsque l’auteur insère dans une histoire ses propres opinions sur des sujets sensibles. On peut le faire mais de manière discrète, subtile, voire détournée…
Dans Le Grand Vaisseau qui va à Manissa, j’ai eu l’impression de ressentir clairement l’aversion de l’auteur pour les personnes religieuses et les plus ferventes pratiquantes, son scepticisme vis-à-vis de l’Église et des idées qu’elle véhicule.
Je ne suis pas croyante ni pratiquante, mais cela m’a gêné tant le parti pris manquait de finesse.
J’estime toujours que ce type de parti pris peut heurter la sensibilité de certains lecteurs et que ce n’est pas le but d’un livre. Il doit faire prendre conscience de la manière de penser de l’auteur mais de façon fine, de sorte que c’est le lecteur lui-même qui doit faire la démarche de s’interroger et de trouver les réponses aux questions qu’il s’est posé en lisant un roman.
Ici, l’ouvrage débute d’une manière assez étrange mais finalement peu dérangeante, puisque les personnages se retrouvent à l’intérieur d’un immense bateau, théâtre de l’absurde où personne ne semble choqué sauf le personnage de Cathy. Cathy, à ce moment là, est le reflet du lecteur. Elle se pose les bonnes questions et parvient à relever les choses peu crédibles que le roman nous laisse voir. On voit donc que l’auteur joue de ce qui ressemble à un rêve et ne nous ne sommes donc pas choqué. Bien que je me soit douté très rapidement de la symbolique du vaisseau en question, j’espérais une chute, un rebondissement grandiose et inattendu… qui n’est pas venu.
Au lieu d’un rebondissement véritable, la seconde partie m’a vraiment déçue de par la vigueur de Cathy à critiquer la religion et les gens qui l’incarnent. Un retournement de personnalité dont on a l’impression que l’héroïne passe d’un extrême à l’autre sans transition. Elle martèle à tout bout de champ que les religions sont fausses mais ne veut pas dire pourquoi. L’histoire m’a semblé légère, restant en surface.
De même pour le médaillon dont j »attendais un plus grand impact. J’attendais qu’il soit vraiment utile, or, il n’en est rien. Il n’est utile qu’à créer un bref conflit et à apporter une fin très attendue. L’histoire de ce roman m’a fait espérer des choses et mes espoirs ont été déçus. En ressort donc une impression plutôt mitigée.
Malgré ces défauts d’histoire, le style de l’auteur n’est pas mauvais loin s’en faut. J’ai principalement aimé le personnage de Barbe D’Or et sa manière de s’exprimer en vers qui, à défaut d’être originale, reste efficace et complexe à mettre en place.
Mais malheureusement les trop rares bons points ne sont pas parvenus à me faire oublier la fragilité d’une histoire trop rapide et attendue, ainsi que le parti pris qui manque éperdument de finesse. Ce n’était peut-être pas le but de l’auteur d’écrire un livre transmettant un tel ressenti, mais en tout cas c’est de cette manière que j’ai vécu la lecture. Je suis peut-être à mille lieues de la vérité mais j’ai refermé le livre avec le poil hérissé d’une chose que je n’approuve pas.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les livres originaux et qui les feront s’évader dans un milieu onirique et sensuel.

Les + : Le bateau est un lieu onirique, sensuel, bien mis en place grâce au personnage de Cathy et la part de réalité qui sonne comme une intruse au milieu du livre, reflet du lecteur. Le personnage de Barbe D’Or est intéressant et son discours travaillé, l’auteur a soigné sa poésie.

Les – : Le parti pris dénonçant vivement les religions en général et la religion catholique en particulier m’a gêné. De même que la faiblesse de l’histoire.

Infos pratiques

Parution : mai 2013
ISBN : 978-2-87459-711-4

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