Choisie, de P.C et Kristin Cast

choisie

Choisie de P.C et Kristin Cast (tome 3 de la série La Maison de la Nuitéditions Pocket Jeunesse)

Zoey n’a plus qu’une idée en tête : sauver sa meilleure amie Lucie d’une terrible transformation en monstre sanguinaire. Mais plus elle s’approche du but et plus d’obscures forces tentent de la mettre hors course. Pourra-t-elle parvenir à ses fins sans trahir ses amis et les secrets qu’elle tente de garder pour elle ?

Après le décevant Trahie, j’attendais beaucoup de ce titre. Force est de constater que comme souvent, la qualité de la série est en dent de scie, au point que je m’interroge sur le temps passé à son écriture (j’ai l’impression que les ouvrages sont écrit dans un laps de temps très court, de manière à en produire un maximum en un minimum de temps). De ce fait, Trahie est un roman qui se lit très vite et dont la profondeur ne va pas au-delà de celle des précédents épisodes, même si je dois reconnaître que le titre est plus intéressant que le précédent.
Fidèles à elles-mêmes, les auteures PC et Kristin Cast nous proposent encore un tome dans lequel la majeure partie de l’intrigue est focalisée sur la vie sentimentale de Zoey. Cette dernière collectionne les petits copains et malgré quelques remords de temps à autres, semble plus intéressée par son plaisir personnel que par la souffrance qu’elle peut causer à autrui.
J’ai trouvé intéressant le fait de me pencher sur le traitement des personnages dans cet épisode. Comme je l’ai dit dans mes chroniques des précédents tomes, les personnages sont on ne peut plus clichés. Toutefois j’estime que cela n’est pas préjudiciable tant que les clichés sont utilisés avec finesse (après tout nombre de personnages célèbres sont des clichés revisités). Or, ici, ce n’est pas le cas. Les auteures semblent avoir un mal fou à faire cohabiter plusieurs personnages sur le même plan. Ainsi, le triangle amoureux qu’elles ont essayé de créer ne prend toujours pas, tant les personnages sont fades et sans profondeur. Erik, présenté comme une sorte de bellâtre ténébreux dans le premier tome, est en retrait tout le long. Le pauvre est d’une mollesse comparable à un chewing-gum. Il encaisse sans rien dire les coups bas de Zoey et les mensonges à peine masqués. Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais un doute, jamais une contrariété véritable (tout au plus une bouderie sur quelques pages), il faut attendre que Zoey dépasse les bornes de manière irréversible pour qu’il sorte enfin de ses gonds. Ce personnage de « soit beau et tait toi » m’a laissé de marbre, ce qui est dommage car il y a sans doute des choses à faire avec lui (autre que le mettre dans son lit, entendons nous bien). Je pensais que c’était lui qui allait trahir Zoey dans le second tome, vu la rapidité avec laquelle il est « tombé amoureux » de Zoey, mais une fois de plus : non. Heith est quant à lui l’amoureux transit de base, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et tombe dans tous les panneaux possibles et inimaginables, tandis que Loren débarque de nul part et monte sur la plus haute marche du podium dans une imitation de Romeo et Juliette des moins réussies (on sent venir le dénouement bien avant Zoey).
J’ai pensé que les auteurs étaient peut-être des féministes à 200 % puisque le livre repose clairement sur une certaine idée du féminisme (société matriarcale dans laquelle les femmes ont de grands rôles), mais le traitement des personnages féminins reste lui aussi assez décevant.
L’héroïne est une adolescente bourrée d’hormones qui ne sait plus dans quel lit elle va se jeter en premier (mais grâce à ce tome, on va enfin le savoir). Ce qui est étrange avec ce personnage est qu’au départ, les auteures l’ont fait telle qu’on peut s’attendre pour une héroïne américaine : gentille, chaste, avec du caractère mais dont le premier but sera de défendre les innocents des griffes des méchants en essayant de rester en vie. Or, ici, Zoey apparaît de plus en plus comme une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux en matière de sexe, qui ment à ses amis, qui arrange la vérité et qui est prête à tuer des gens pour que d’autres vivent. Entre nous, les motifs de certains de ces actes me semblent particulièrement futiles (notamment lors d’une scène entre elle, Heith, deux jeunes et un gros camion). Bref, plus le temps passe et moins Zoey ressemble à l’héroïne lisse et honnête auquel on est habitué dans la littérature Young Adult en général. Pour autant, cela n’en fait pas un personnage que j’ai eu envie d’aimer. Bien au contraire.
Le groupe d’amis de Zoey est beaucoup plus intéressant, leur personnalités sont originales et je les apprécie. J’aimerais que les prochains tomes développent les aspects de leurs affinités et j’espère qu’ils ne vont pas rester en retrait, cantonnés à combler le vide de certaines scènes.
Les parents de l’héroïne sont quant à eux des clichés tellement extrêmes que je n’ai même pas envie de m’attarder dessus. J’ai du mal à comprendre qu’une mère puisse laisser tomber sa fille pour un mari obsédé par la religion. Une fois encore on manque totalement de finesse pour trouver des excuses ou apprécier ces personnages.
Enfin, que dire de Aphrodite, qui comme Erik avait du potentiel dans le premier tome mais qui s’est finalement très vite ramollie ?
Toutes ces raisons me font dire que les personnages ne sont pas la force de cette série où sont mis à jour tous les défauts d’une écriture rapide (ce n’est peut-être pas le cas mais c’est l’impression que j’ai eu en lisant ces trois premiers tomes à la suite). Ce n’est certainement pas non plus pour les actions ou la qualité globale de l’intrigue dont on voit les ficelles encore plus clairement qu’un nez en pleine figure. Difficulté à créer des relations complexes, événements qui se déroulent de manière trop rapide et prévisible, manque de profondeur… tout est là.
Pourtant, j’admets avoir été prise dans ma lecture et avoir envie de connaître la suite.
Je ne sais pas si j’irai jusqu’au bout de la série (12 tomes sont prévus) mais j’avoue volontiers qu’elle me tient en haleine. Ce n’est pas non plus pour son style extrêmement simpliste et sans envergure que je l’apprécie. En fait, c’est peut-être tout simplement par curiosité, et aussi un peu pour le plaisir. A la manière de ces émissions télé qui n’ont rien d’extraordinaires mais devant lesquelles on est à chaque fois, je passe un bon moment avec ces romans car ils me divertissent. Choisie était plus intéressant à lire que Trahie dans la mesure où je ne voyais pas vraiment où les auteures allaient nous emmener. La fin de Choisie laisse présager une suite comme si les trois premiers tomes bouclaient une trilogie dans le scénario. Un évènement semble marquer de façon durable le passage de Zoey de la vie d’ado fleur bleue à une Zoey plus adulte.
Une fois de plus, la fin dope ma curiosité pour me pousser à ouvrir la suite. Ce que je ferai sans aucun doute.

Pour qui : Les lectrices, principalement. Celles qui aiment les histoires légères, faciles à lire et qui ne prennent pas la tête. Celles également qui aiment les vampires, et qui ont gardée une âme d’ado.

Les + : Un roman divertissant qui se lit facilement et sans prise de tête. L’écriture est légère et vous ne butterez sur aucun mot.

Les – : Des personnages clichés qui ne sont pas attachants, une histoire sans surprise et avec parfois un goût de déjà-vu.

Infos pratiques

Broché: 283 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (4 novembre 2010)
Collection : Pocket Jeunesse
Langue : Français
ISBN-10: 2266187023
ISBN-13: 978-2266187022

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