Magical Darkness, de Hervé Attab

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Magical Darkness, de Hervé Attab (one shot, I.S Editions)

Résumé de l’éditeur :
Asmodée est un petit village paisible et sans histoire. Tout se passe pour le mieux jusqu’au jour où l’arrivée d’un cirque au sein de la communauté vient troubler sa quiétude. Le maire et ses adjoints, venus visiter les installations, sont accueillis par Sergio, le directeur. Malgré une apparence sympathique, c’est en fait un être impitoyable modelé par la misère et la cruauté. Farouchement déterminé à transformer les hommes en esclaves du Malin, il use de ses pouvoirs maléfiques pour les plonger dans un monde étrange et morbide, où ces derniers changeront mystérieusement d’apparence…

Hervé Attab est un auteur très sympathique que j’ai découvert lors d’une précédente chronique (l’ouvrage Métabolisme, puis lors d’une interview en 2010).
Je me suis donc retrouvée bien ennuyée lorsque j’ai eu à lire cet ouvrage qui est à ranger dans la catégorie que je nomme les « accidents de parcours ».
Ce livre est en effet le premier que j’abandonne en plus de 4 ans de blog. Les habitués de ce blog sauront que j’apprécie un livre quand je le comprends.

Or, ici, je n’ai pas compris. Je n’ai, pour être précise, absolument rien compris.
Je m’explique, car j’ai décidé de lire ce livre avec beaucoup d’attention et j’ai pris des notes en conséquence, afin d’argumenter ma position.
Je commencerai par dire que, bien que je mette un point d’honneur à dégager du positif dans le travail de chaque auteur (car écrire un livre est toujours un travail, quelle que soit la qualité du livre en question), ici, j’avoue que je n’ai rien trouvé pour sauver Magical Darkness d’un abandon exceptionnel. Pour information j’ai cessé de lire après la page 45.
Le premier chapitre m’a tout de suite interpellée. J’ai eu beaucoup de mal à déterminer le lieu et le moment des événements. Des incohérences parsèment les pages : au début on nous dit que beaucoup d’enfants sont près des forains qui passent, pour dire à la ligne suivante qu’il n’y a personne dans les rues. Une autre fois le livre décrit l’action en pleine nuit puis dans la matinée, on nous parle d’un marché qui a donc lieu avant « l’aube naissante » et de ce fait au beau milieu de la nuit ou en plein jour ? Les habitants ont-ils l’habitude d’aller au marché en pleine nuit ? Les forains à peine arrivés, le narrateur explique que beaucoup de gens se pressent dans les montagnes russes mais il est encore très tôt le matin, comment ont-ils pu s’installer, monter les manèges (ce qui prend au moins une demi-journée) et ouvrir, le tout dans la même nuit/fin de nuit ?

J’ai rapidement pu constater que cette impression de désordre incohérent ne se limite pas au premier chapitre, bien au contraire. L’auteur lui-même semble se perdre dans le vocabulaire qu’il emploie pour désigner ses personnages. Il alterne entre les termes de « forains » et de « gitans » pour désigner les mêmes personnes. Ce ne sont pas les mêmes choses (ou bien ai-je mal compris). En définitive, sont-ce des forains ou des gitans ?
La fête est présentée comme infiniment grande, son installation doit prendre beaucoup de temps et on n’y comprends rien. Ensuite on nous parle d’une diseuse de bonne aventure « connue » mais le lecteur ne sait pas qui elle est, et je n’ai pas non plus compris pourquoi elle voulait du mal aux gens qui viennent la voir, ni pourquoi elle s’énerve, ni pourquoi ils ont peur d’elle. Bref, tout cela m’a paru insensé, je n’ai rien compris.

Des mots sont utilisés à la place d’autres. Par exemple on nous parle « d’estampes » pour décrire des peintures sur les voutes d’une grotte. Puis on nous parle de « corridors » dans la grotte, ce terme n’est absolument pas approprié pour l’intérieur d’une grotte. Des couloirs, à la limite, mais pas des corridors.

Et des erreurs de ce genre, le roman en est plein ! Je pourrais continuer ainsi durant des pages et des pages.
Pour finir, les dialogues sont creux, on ne comprends pas toujours qui parle, et quand bien même on le sait on ne sait pas vraiment de qui il s’agit. Il y a des phrases longues pas toujours très claires, des répétitions, des incohérences de temps dans la narration…

Vous comprenez que lorsque l’on s’attarde sur tout cela, on ne peut pas aller au bout du livre. Ce n’est pas possible, pas quand on veut lire un roman sérieusement.
Mais je n’ai pas pour habitude de « casser » un livre sans argument ni sans mener l’enquête, car je me demande toujours si le souci vient de moi ou si d’autres personnes ont eu le même ressenti. J’ai besoin de le savoir autant pour me dire que je suis normale (ou pas) que pour avoir d’autres points de vue sur le sujet.
J’ai donc commencé à me pencher sur les autres chroniques que je pourrais trouver de ce livre.
Mais je n’en ai pas trouvé beaucoup. Soit elles étaient si élogieuses qu’elles m’ont laissées perplexes (je me méfie toujours des chroniques sur les sites à notation lorsque l’ouvrage semble être une lecture isolée et qu’elle ne possède pas d’autres commentaires). Quant à d’autres bloggeurs comme moi, la seule chronique que j’ai lue mettait en évidence le fait que la lectrice n’avait pas tout compris et n’était pas allée au bout non plus.
Soit, au moins suis-je rassurée de lire que je ne suis pas la seule dans ce cas. Mais des quelques chroniques que j’ai lues (toujours sur les sites communautaires de chroniques, et pas sur Amazon), les lecteurs qui ont compris l’univers ont l’air de l’avoir énormément apprécié.
Ensuite, je me suis penchée sur l’éditeur, que je ne connaissais pas, afin de comprendre ce qui avait pu motiver l’édition de ce titre qui me semblait quand même, pour être honnête, à peine un premier jet tant le travail à faire dessus me semble conséquent.
Je suis allée sur leur site et après quelques recherches, sachez que l’éditeur est un éditeur qui, globalement, fonctionne comme Edilivre.
Libre à chacun d’en penser ce qu’il veut, mais malheureusement cela ne reflète pas un gage de qualité à mes yeux. Certes, l’auteur m’a assuré que le livre était passé en comité de lecture (qui l’aurait apprécié). Mais aux vues de ce que j’ai déjà pu publier chez Edilivre, je sais que le comité de lecture est assez facilement satisfait et n’est généralement pas très regardant sur la qualité des oeuvres qu’il retient (là encore je parle par expérience, d’après des faits).

Toute cette chronique, malheureusement fort longue, pour expliquer à quel point ce roman ne m’a pas convaincu. Je pense qu’un gros travail de relecture/correction, bref, un travail de directeur de collection (et même d’éditeur) serait à refaire dessus avant de commencer à envisager la publication ce texte.
A noter aussi qu’une jolie couverture ne peut pas cacher un contenu qui n’est pas à la hauteur.

Pour qui : N’étant pas parvenue à finir ce livre, je ne peux honnêtement le conseiller à personne.

Les + : /

Les – : Lire chronique.

Infos pratiques
Broché: 188 pages
Editeur : IS Edition (International Stars Edition) (15 novembre 2012)
Langue : Français
ISBN-10: 2368450165
ISBN-13: 978-2368450161

 

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