Archives mensuelles : janvier 2014

Cinq Pas sous Terre 6 – Attraction Solaire, de Vanessa Terral

Refus

Attraction Solaire, de Vanessa Terral (épisode bonus du feuilleton Cinq Pas Sous Terre, éditions du Petit Caveau)

Muriel revient à Toulouse pour une ultime mission.

Attention Spoiler dans cet article. Si vous n’avez pas lu le feuilleton, n’allez pas plus loin.

Voici venu l’épisode bonus du feuilleton numérique Cinq Pas Sous Terre de Vanessa Terral. L’ultime épisode d’une série commencée il y a plusieurs mois en numérique et qui, devant son succès, s’est vue offrir une adaptation papier de fort belle qualité (rien que pour cela, elle vaut le coup d’être achetée).
Pour rappel, les lecteurs du feuilleton avaient pu choisir, à travers un sondage, le contenu de la nouvelle bonus. Comme le thème retenu par les lecteurs a été « Une romance entre Jabirah et Muriel », l’auteur s’y est essayé. Avec beaucoup de réussite, selon moi.
J’avais un peu peur du résultat que pouvait donner un sondage où l’auteur exécuterait la stricte volonté des lecteurs. Le choix des thèmes était intéressant car il y avait une grande diversité et toutes sortes de scénarii possibles. Pour autant, les lecteurs ont choisi de rester dans quelque chose d’assez classique qui est la romance.
J’avais peur, disais-je, de ressentir à travers le texte le choix premier de Vanessa Terral. Je ne sais pas ce qu’elle aurait choisi si elle s’était écoutée, mais j’avais peur que le texte reflète un manque de motivation, ou même tout simplement d’inspiration face à un exercice imposé. Ce ne fut pourtant pas du tout le cas.
J’ai même trouvé qu’il s’agissait du contraire. Cet épisode est profond (sans mauvais jeu de mots) et il m’a semblé qu’il était le plus complet des six. Vanessa ne s’est pas contentée de raconter une banale scène d’amour entre les deux héroïnes, elle y a tissé tout un contexte autour. L’histoire est en effet une histoire entière et différente du reste du feuilleton où l’action se découpait en cinq parties. L’épisode est par conséquent plus long, également. Pour autant, il est toujours aussi agréable de parcourir la ville de Toulouse et de plonger dans la complexité des émotions féminines. Les morts sont-ils comme les vivants ? Où s’arrête l’humanité et où commence la monstruosité ? De quels symboles Muriel et Jabirah sont-elles le reflet ?
Le texte pose ce type de question et y répond, apportant dans le même temps une vision nouvelle du vampire.
Le style de Vanessa Terral est quant à lui toujours aussi recherché, mêlant descriptions, actions et dialogues avec une précision photographique, sans jamais être lourd ou lent. Le rythme global du récit se tient bien, est aussi palpitant que le cœur de Muriel et aussi énergique que Jabirah.
Attraction Solaire écrit donc la phrase final d’un récit dont on se souviendra à bien des égards.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires originales de vampires, ainsi que les histoires à une échelle plus locale (ici Toulouse).

Les + : Un vrai plaisir de lecture, du début à la fin le style rythmé nous entraine dans les rues de Toulouse pour une ultime mission pleine d’émotions fortes. Les personnages principaux sortent de l’ordinaire, et leur caractère bien trempé fera que l’on se souviendra d’elles longtemps. L’histoire de départ a été particulièrement bien englobée dans un contexte et toute la trame tissée autour du défi d’origine tient la route. Une fin digne de la série.

Les – : Les âmes, les esprits, les vampires et le sang, le mythe vampirique, bien qu’original, est exposé de manière un peu complexe. Attention à rester bien concentré durant les explications pour ne rien louper et comprendre jusqu’au bout.

Infos pratiques
Publication :
11/12/2013
Langue : Français
Éditeur : éditions du Petit Caveau
ISBN :  978-2-919550-74-6

Fascination, de Stephenie Meyer

fascination

Fascination, de Stéphenie Meyer (tome 1 de la tétralogie Twilight, éditions Le Livre de Poche)

Bella décide d’aller vivre avec son père à Forks, quittant pour cela sa paisible vie à Phoenix. A peine arrivée, elle devient un élément de curiosité au lycée où tout le monde cherche sa compagnie. Embarrassée, la jeune fille ne sait comment réagir. Jusqu’à ce que son regard croise celui du mystérieux Edward, membre de la famille Cullen. Des rumeurs circulent à son sujet et bientôt la curiosité de Bella en sera piquée. Pour ne pas dire mordue.

Il n’est jamais trop tard pour lire un roman. J’ai pris soin d’attendre que l’hystérie autour de cette série soit retombée pour m’y mettre, par curiosité, souhaitant découvrir et comprendre le phénomène. J’ai donc lu le premier tome de cette saga que l’on ne présente plus, et je dois dire que je m’attendais à beaucoup de choses sauf à cela.
J’ai pour habitude de toujours essayer de voir les bons côtés d’un roman, les choses qui ont mieux fonctionnées que d’autres, car je pars du principe qu’un travail ne peut pas être complètement bon ou mauvais. Pourtant, ici, j’avoue que je peine à trouver les bons côtés, à trouver une explication à ce succès (autre que la belle gueule du vampire Pattinson)… J’ai vraiment essayé de toutes mes forces de prendre du recul et d’analyser l’ouvrage de la manière la plus objective possible, mais malgré tout, le constat reste le même :
C’est plat, long, insipide, pas crédible, ennuyeux, et par-dessus tout pas très bien écrit. Oui, tout ça à la fois.
Je n’ai pas vu les films avant de lire les livres. Je ne connaissais donc de l’histoire que les grandes lignes. Je m’attendais à ce qu’il y ait du contenu dans les 540 pages du premier tome. Or, il n’y a rien. Rien de rien.
Tout va trop vite dans les sentiments à tel point que l’on n’y croit pas une seconde. Le beau Edward ne veut de personne alors qu’il est convoité, et n’a aimé personne en 100 ans que cette humaine dont il a croisé le regard une fois. Bella, de son côté, ne se trouve pas super glamour et a pourtant tous les garçons à ses pieds, y compris notre ténébreux vampire qui prend des risques inconsidérés pour la sauver alors qu’il ne la connait que depuis 3 jours.
Honnêtement je n’ai rien contre les histoires d’amour. J’aime bien cela dans la mesure où ça me fait rêver, comme toutes les filles. Mais là… non. On ne peut pas au bout de 100 pages dire à un garçon « tu es toute ma vie », ni même « je t’aime je veux mourir pour être avec toi pour l’éternité ». J’avais envie de répondre à Bella d’attendre la première crise et la première chaussette sale avant de se faire tout un monde de son premier chéri. Est-ce qu’attendre est trop demander ? Je comprends que la pauvre n’a pas l’éternité devant elle contrairement à son Roméo, mais tout de même, un peu de tenue. Si ça se trouve c’est un goujat macho et tortionnaire qui embrasse mal et la trompe avec tout le quartier. Qu’en sait-elle ? Quant à Edward, il n’hésite pas à braver les interdits et à faire fie tous les désagréments qu’une telle liaison engendre (après tout, un groupe de vampires qui veulent faire de Bella leur goûter n’est pas si grave, et le fait que Bella soit maladroite au point de s’attirer tous les ennuis de la planète l’est encore moins… y compris quand elle se fait coincer dans une ruelle par des hommes qui veulent lui prendre autre chose que son sac). Sincèrement, je crois que c’est le couple de héros qui m’a le plus horripilé de tout mon parcours de lecture. Je pense que les filles doivent avoir du mal à s’identifier à une héroïne aussi lisse et peu crédible. Je n’ai pas adhéré à l’envie de Bella d’aller vivre chez son père. Il me semble que son explication ne tenait pas la route, était bancale. Je ne vois pas pourquoi une jeune fille irait du jour au lendemain s’exiler dans une petite ville alors qu’elle a tout pour être heureuse chez elle. Le début de l’histoire m’a donc semblé complètement mal amené.
Oui je suis critique, oui je suis acerbe. Je suis surtout déçue. Après tout le tapage généré autour des films et des livres, je m’attendais à autre chose.
Si au moins le style de l’auteur pouvait rattraper cette histoire à pleurer de niaiserie ! Malheureusement, c’est une nouvelle déception.
Stephenie Meyer est assez décriée. Certains trouvent son style merveilleux et d’autres vraiment mauvais. Pour ma part, sans dire qu’il est « mauvais », je le trouve plat, fade, sans saveur, ni riche ni original. J’hésite à mettre uniquement cela sur le compte de la traduction.
Premièrement, j’ai trouvé que Bella s’exprimait d’une manière presque ringarde. Elle a des expressions que je n’entends même plus dans la bouche de mes grands-parents (déclarer des choses « tout à trac » par exemple). Ce personnage est censé venir d’une grande ville, alors si j’aurais pu comprendre que les ados de la petite ville de Forks parlent presque comme des fermiers, je ne comprends pas dans la bouche d’une jeune fille de Phoénix. Les dialogues sont vides et peu crédibles pour des ados. Remarquez, pour ce qu’il y a à dire… j’aurais presque souhaité que ces deux-là se taisent tant leurs échanges sont mièvres et sans saveur. A se demander si l’auteur ne voulait pas meubler pour atteindre un nombre de pages. Et soit dit en passant, le vocabulaire du roman n’est pas le plus riche du monde, loin de là. Les phrases ne sont pas toujours bien construites et, pour faire simple, on n’y croit pas.
Ensuite, toujours dans l’optique de meubler, le livre est plein de passages où il ne se passe rien. Des descriptions à n’en plus finir sur une Bella qui tourne en rond chez elle, qui va à la fenêtre, tire le rideau, pense qu’il fait encore froid, laisse tomber le rideau, se retourne, marche jusqu’à son lit où elle prend son lecteur CD mais le laisse tomber, le ramasse, se redresse, s’allonge sur son lit, puis lance la musique… C’est long et inintéressant. Toute la vie de Bella nous est ainsi décrite (l’auteur nous fait grâce des moments où elle doit se rendre aux petits coins). Pour le reste, le lecteur ne perd pas une miette de cette vie banale à en mourir.
Enfin, comme vous l’aurez sans doute deviné, toute cette platitude n’est jamais coupée par des scènes d’action. Il faut attendre plus de 400 pages avant de voir arriver le premier élément déclencheur, qui arrive comme un cheveu sur la soupe, faisant ainsi s’animer les protagonistes. La fin est prévisible, aussi lente que le reste du livre, et j’avoue ne pas avoir toujours bien compris les motivations des personnages, toujours dans les extrêmes sans avoir de nuance (ils aiment ou pas Bella, veulent la tuer ou la protéger. Point).
Je terminerai cette chronique en abordant brièvement la figure vampirique telle qu’elle est abordée dans l’ouvrage. Je pense qu’il est de bon ton de ne pas toujours rester sur les légendes acquises et qu’il est bien d’innover, mais encore faut-il que cela reste crédible et cohérent. Je n’ai pas compris pourquoi les vampires brillent au soleil. A quoi cela sert-il ? Pourquoi les vampires ont du venin ? A quoi bon injecter du venin dans le sang si c’est pour le sucer ensuite (ils sont maso ?) ? Le vampire est une créature mauvaise à l’origine, donc pourquoi en faire ainsi des êtres insipides, capables de se contrôler à tel point qu’on en ferait des saints ?
Bref, des centaines de pages pour ne pas dire grand-chose, ne pas faire se passer grand-chose, si ce n’est une histoire d’amour bâclée, vite conclue et mal amenée.
Je n’ai vraiment pas compris la fascination du public pour cette série.
Mais peut-être est-ce parce que je suis déjà trop vieille pour rêver ?

Pour qui : Incontestablement les ados et les adultes qui se pensent encore être de grands ados.

Les + : Le style reste facile à lire ce qui en fait une lecture légère.

Les – : Style plat, fade, pas d’histoire, la romance est trop rapide et sans profondeur, le roman n’est pas crédible, il n’y a pas d’action.

Infos pratiques
Poche:
544 pages
Editeur : Livre de Poche Jeunesse (12 janvier 2011)
Collection : Livre de Poche Jeunesse
Langue : Français
ISBN-10: 2013212119
ISBN-13: 978-2013212113

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