Archives mensuelles : mai 2014

La Dame Sombre, d’Ambre Dubois

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La Dame Sombre, d’Ambre Dubois (tome 1 de la trilogie Les Damnés de Dana, éditions du Chat Noir)

En territoire Picte, une jeune femme se réveille subitement au milieu d’un cercle de menhirs. N’aillant aucun souvenir sur son passé, elle ignore tout de son identité. On dit qu’elle serait Mévéa, une envoyée des Anciens sur la terre des Hommes. Si elle clame son humanité, ses cheveux et ses yeux sombres sèment le doute parmi les hommes. Dans la tribu qui la recueille, on murmure qu’elle serait Sidhe. Quant aux vampires, ils lui prédisent un choix entre le bien et le mal.

J’attendais beaucoup de ce roman. Après avoir terminé avec grand plaisir la série des Soupirs de Londres (Le Prince de L’Ombre fut un régal), j’avais hâte de me replonger dans l’écriture d’Ambre Dubois. Ce roman, que je connaissais depuis longtemps et sur lequel j’avais des vues depuis autant de temps me plaisait donc. Après moult péripéties, l’ouvrage est disponible depuis un moment aux éditions du Chat Noir et j’ai pu enfin me le procurer.
Cependant, ce qui aurait dû être une belle découverte se révèle une vraie déception.
Premièrement, on sent que le texte est ancien. Les écrivains sont comme le vin : ils se bonifient avec le temps. Si bien que j’ai retrouvé dans ce texte exactement tout ce qui m’avait déplut dans les premiers tomes de la série des Soupires de Londres. Des répétitions, l’usage et l’abus de certains verbes, des tournures de phrases qui, si elles sonnent bien à l’époque victoriennes peinent à convaincre à l’époque de l’empire Romain (« de la sorte » ?), etc etc… Ça, c’est sur la forme. A noter aussi qu’il reste des coquilles et des fautes dans le texte, ce qui est dommage car l’objet livre en lui-même est vraiment très beau. Outre la splendide couverture qui en charmera plus d’un, le roman est imprimé sur un papier épais et granuleux qui donne très envie de tourner les pages.
Mais je m’égare.
Si le fond m’a déçu, la forme également.
Cette histoire de perte de mémoire en territoire Picte avait de quoi séduire, mais n’est malheureusement pas à la hauteur.
Lors de ma lecture, j’ai été déçue de voir le livre comme un film d’une heure et demi au cinéma. Si dans cet art on doit se retenir et minimiser les évènements pour les faire tenir sur une trame simpliste et rapide, ce n’est pas le cas en littérature et je regrette que l’auteur se soit engouffré dans des raccourcis et des facilités de film Hollywoodien. Ainsi, les personnages sont plats et les actions s’enchaînent avec beaucoup de facilité. Je n’ai pas réussi à m’attacher à Mévéa, que j’ai trouvé trop naïve, trop belle, trop charmeuse, trop tout… trop facilement. Finalement, débarquer d’un endroit inconnu n’effraie personne et vous ouvre bien des portes. Je devrais peut-être perdre la mémoire aussi, finalement.
J’ai retrouvé dans Mévéa beaucoup de défauts de Stella, l’héroïne des Soupirs de Londres. Or, si dans les Soupirs, ce défaut est contrebalancé par une galerie de personnages secondaires charismatiques et intéressants, ce n’est pas le cas ici. Si bien que les personnages sont ennuyeux et manquent de nuance. L’héroïne est tellement belle et gentille que tout le monde la désire, elle réussit tout avec une naïveté agaçante, son amant passe beaucoup de temps blessé au bord de la mort, et les autres personnages s’agitent beaucoup sans trop agir. Quant à la présence des vampires, je l’ai même trouvé « de trop », presque comme s’il fallait absolument placer des vampires dans l’histoire. Ils ne sont pas indispensables et surtout peu intéressants dans ce contexte.
Enfin, au sujet de l’histoire elle-même, l’auteur semble patauger un moment avant de trouver sa voie. On passe ainsi les deux-tiers du roman sans trop savoir où l’on va ni à quoi tout cela sert. On découvre à la fin une histoire de trahison plus ou moins bien ficelée durant une scène très clichée où le méchant se senti obligé de tout avouer dans un acte théâtral.
En bref, je m’attendais à autre chose, je m’attendais à mieux. L’auteur est capable de faire mieux que ce texte un peu ancien que je ne conseille de lire qu’avant la série des Soupirs de Londres.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment se dépayser.

Les + : L’objet livre est agréable, joli, bien fait.

Les – : Mais il reste dedans quelques coquilles, fautes et tournures maladroites. Des répétitions, aussi… Le style de l’auteur n’est pas au mieux de sa forme et l’histoire peine à convaincre. C’est une déception.

Infos pratiques
Auteur :
Ambre Dubois
Collection : Griffe sombre
Sortie : avril 2012
Nombre de pages : 308
ISBN : 979-10-90627-04-8
Couverture : Véronique Thomas

Révélation, de Stephenie Meyer

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Révélation, de Stéphenie Meyer (tome 4 de la tétralogie Twilightéditions du livre de poche)

Edward et Bella se marient enfin. Ce qui devrait être le plus beau jour de leur vie va devenir le point de départ d’un cauchemar comme l’histoire n’en a encore jamais connu. A moins que ce ne soit le début d’une nouvelle vie…

Voilà enfin le terme de cette longue série ponctuée de creux et de vides. On peut dire que ce dernier tome fait avancer l’histoire et est sans doute le moins plat de la série (dans tous les sens du terme).
On y découvre des personnages aux préoccupations plus adultes. Car des adultes, ils doivent bien le devenir par la force des choses, tout comme les lecteurs de cette série qui ont dû grandir en même temps que leurs héros.
Avec la fin de la saga, beaucoup de choses peuvent être dites, mais je ne vais pas me répéter. Ce dernier opus est dans la veine des précédents en ce qui concerne le style et les personnages. Tous sont plats et agissent de manière incompréhensible. Quand on y pense, ils acceptent tous de mettre à plusieurs reprises leur vie en danger pour une fille qu’ils ne connaissent pas ou presque. La moitié de la ville ne vit plus que pour protéger Bella. Cela était vrai dans les trois premiers tomes, mais l’est encore d’avantage dans ce dernier. A la longue, cela est lassant. Quand je remets l’histoire dans mon quotidien, je me demande si je serais prête à mettre ma vie en danger pour le petit ami de ma soeur, fraîchement sorti de je ne sais pas où… Je crois que non. Et cela sans parler du fait que j’aurais de nombreux supers pouvoirs.
Ce qui cloche vraiment dans cette série et à fortiori dans ce livre, c’est l’histoire.
J’ai beau réfléchir, tourner le scénario dans tous les sens, je ne parviens pas à masquer l’absurdité de la chose.
Rien dans ce roman n’a su relever le niveau des précédents, et j’en suis à me demander si je n’ai pas préféré les opus où il ne se passait rien.
En effet, on assiste à des tas d’événements si peu crédibles que j’ai l’impression que l’auteur les as écrit un beau matin sans savoir où elle allait. La grossesse de Bella ne tient pas la route, les sentiments de Jacob encore moins, les « pouvoirs » spéciaux des vampires qui semblent distribués de manière totalement aléatoire sont invraisemblables. De ce côté, il y aurait beaucoup à dire. Stephenie Meyer a essayé de retomber sur ses jambes en nous proposant une explication au fait qu’Edward n’ait jamais pu accéder à ses souvenirs, mais cela ne tient absolument pas la route. Tout est faible, sans fondement. Je n’y ai pas cru un seul instant.
Quant au reste des pouvoirs des vampires, ils concernent tout et n’importe quoi, oscillant entre l’abstrait d’une potion magique et le concret d’un X-Men. Dans X-Men, l’ensemble est bien géré et placé dans un contexte à rendre les faits crédibles. Ainsi, contrôler un esprit ou un élément n’est pas choquant. Mais ici tout est fait de manière si aléatoire et superficielle qu’on n’y croit pas. Pourquoi certains vampires ont-ils de la chance et d’autres non ? Pourquoi certains se trouvent-ils à influencer les émotions et d’autres à donner des décharges électriques ?
La seule certitude que j’ai, c’est que ces mystérieux pouvoirs arrangeaient bien l’auteur et l’ont tirés de bien des mauvais pas.
Cela a pour conséquence une ridicule scène de fin où il ne se passe rien, pour changer. Et le lecteur, tenant bon depuis tant de pages, ne peut que s’indigner en se disant « tout ça pour ça ?! ».
Les méchants Volturi n’en sont pas (dixit l’un des personnages). Donc pourquoi nous les présente-t-on ainsi depuis trois romans ? Pourquoi faut-il appeler toute la planète à la rescousse pour les repousser s’ils ne sont pas méchants ? Et finalement le sont-ils ? Impossible à dire.
La fin est d’ailleurs une non fin. L’auteur a peut-être voulu se ménager une porte de sortie afin de revenir plus tard sur cette série ? Aucune idée.
Bref, c’est une nouvelle déception pour cet ouvrage dont il y aurait encore beaucoup à dire… Je suis contente d’avoir lu l’ensemble afin de me créer ma propre opinion qui est résolument celle-ci : merci au marketing, c’est là le seul talent que je vois pour expliquer le succès de cette série.

Pour qui : Les ados qui ont lu les précédents romans.

Les + : Un livre dans lequel il se passe enfin des choses.

Les – : On retrouve tout ce qui déçoit dans les précédents tomes, rehaussés de décevantes explications sur des phénomènes tels que les pouvoirs vampiriques, la mythologie des garous et l’histoire en elle-même.

Infos pratiques

Broché: 696 pages
Editeur : Hachette Roman (22 octobre 2008)
Collection : Black Moon
Langue : Français
ISBN-10: 2012016820
ISBN-13: 978-2012016828

 

 

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