La Dame Sombre, d’Ambre Dubois

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La Dame Sombre, d’Ambre Dubois (tome 1 de la trilogie Les Damnés de Dana, éditions du Chat Noir)

En territoire Picte, une jeune femme se réveille subitement au milieu d’un cercle de menhirs. N’aillant aucun souvenir sur son passé, elle ignore tout de son identité. On dit qu’elle serait Mévéa, une envoyée des Anciens sur la terre des Hommes. Si elle clame son humanité, ses cheveux et ses yeux sombres sèment le doute parmi les hommes. Dans la tribu qui la recueille, on murmure qu’elle serait Sidhe. Quant aux vampires, ils lui prédisent un choix entre le bien et le mal.

J’attendais beaucoup de ce roman. Après avoir terminé avec grand plaisir la série des Soupirs de Londres (Le Prince de L’Ombre fut un régal), j’avais hâte de me replonger dans l’écriture d’Ambre Dubois. Ce roman, que je connaissais depuis longtemps et sur lequel j’avais des vues depuis autant de temps me plaisait donc. Après moult péripéties, l’ouvrage est disponible depuis un moment aux éditions du Chat Noir et j’ai pu enfin me le procurer.
Cependant, ce qui aurait dû être une belle découverte se révèle une vraie déception.
Premièrement, on sent que le texte est ancien. Les écrivains sont comme le vin : ils se bonifient avec le temps. Si bien que j’ai retrouvé dans ce texte exactement tout ce qui m’avait déplut dans les premiers tomes de la série des Soupires de Londres. Des répétitions, l’usage et l’abus de certains verbes, des tournures de phrases qui, si elles sonnent bien à l’époque victoriennes peinent à convaincre à l’époque de l’empire Romain (« de la sorte » ?), etc etc… Ça, c’est sur la forme. A noter aussi qu’il reste des coquilles et des fautes dans le texte, ce qui est dommage car l’objet livre en lui-même est vraiment très beau. Outre la splendide couverture qui en charmera plus d’un, le roman est imprimé sur un papier épais et granuleux qui donne très envie de tourner les pages.
Mais je m’égare.
Si le fond m’a déçu, la forme également.
Cette histoire de perte de mémoire en territoire Picte avait de quoi séduire, mais n’est malheureusement pas à la hauteur.
Lors de ma lecture, j’ai été déçue de voir le livre comme un film d’une heure et demi au cinéma. Si dans cet art on doit se retenir et minimiser les évènements pour les faire tenir sur une trame simpliste et rapide, ce n’est pas le cas en littérature et je regrette que l’auteur se soit engouffré dans des raccourcis et des facilités de film Hollywoodien. Ainsi, les personnages sont plats et les actions s’enchaînent avec beaucoup de facilité. Je n’ai pas réussi à m’attacher à Mévéa, que j’ai trouvé trop naïve, trop belle, trop charmeuse, trop tout… trop facilement. Finalement, débarquer d’un endroit inconnu n’effraie personne et vous ouvre bien des portes. Je devrais peut-être perdre la mémoire aussi, finalement.
J’ai retrouvé dans Mévéa beaucoup de défauts de Stella, l’héroïne des Soupirs de Londres. Or, si dans les Soupirs, ce défaut est contrebalancé par une galerie de personnages secondaires charismatiques et intéressants, ce n’est pas le cas ici. Si bien que les personnages sont ennuyeux et manquent de nuance. L’héroïne est tellement belle et gentille que tout le monde la désire, elle réussit tout avec une naïveté agaçante, son amant passe beaucoup de temps blessé au bord de la mort, et les autres personnages s’agitent beaucoup sans trop agir. Quant à la présence des vampires, je l’ai même trouvé « de trop », presque comme s’il fallait absolument placer des vampires dans l’histoire. Ils ne sont pas indispensables et surtout peu intéressants dans ce contexte.
Enfin, au sujet de l’histoire elle-même, l’auteur semble patauger un moment avant de trouver sa voie. On passe ainsi les deux-tiers du roman sans trop savoir où l’on va ni à quoi tout cela sert. On découvre à la fin une histoire de trahison plus ou moins bien ficelée durant une scène très clichée où le méchant se senti obligé de tout avouer dans un acte théâtral.
En bref, je m’attendais à autre chose, je m’attendais à mieux. L’auteur est capable de faire mieux que ce texte un peu ancien que je ne conseille de lire qu’avant la série des Soupirs de Londres.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment se dépayser.

Les + : L’objet livre est agréable, joli, bien fait.

Les – : Mais il reste dedans quelques coquilles, fautes et tournures maladroites. Des répétitions, aussi… Le style de l’auteur n’est pas au mieux de sa forme et l’histoire peine à convaincre. C’est une déception.

Infos pratiques
Auteur :
Ambre Dubois
Collection : Griffe sombre
Sortie : avril 2012
Nombre de pages : 308
ISBN : 979-10-90627-04-8
Couverture : Véronique Thomas

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