Le Guide de Lumière, de Christine Ledoux

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Le Guide de Lumière, de Christine Ledoux (tome 1 de la série Il marche comme le vent, éditions du Net)
 
Melaine et Solena sont deux jeunes femmes de l’Ordre du Dragon. Encore novices, elles vont passer le test afin de déterminer si elles peuvent officiellement entrer dans l’Ordre et accomplir les missions qui leur seront confiées.
Lors de leur examen final, les deux partenaires vont découvrir une mystérieuse plaque dotée semble-t-il d’étranges pouvoir. Ce morceau de marbre a priori anodin va pourtant les mener sur le chemin de l’aventure la plus incroyable de leur vie.
 
J’ai découvert la plume et l’univers de Christine Ledoux avec ce premier titre de fantasy classique. Dans son ensemble, l’ouvrage est un roman de fantasy construit avec les codes du genre. On a deux héroïnes que rien ne destinait à ce qu’elles vont vivre, et qui vont devoir partir à la recherche d’artefacts légendaires aux pouvoirs aussi puissants que destructeurs. Une quête et un chemin initiatique fréquent dans ce type de littérature.
Cependant, en dépit des bonnes idées qui fourmillent dans ce premier opus, la lecture globale m’a difficilement convaincue pour les raisons que je vais évoquer plus loin.
Les bonnes idées d’abord.
Dans Le Guide de Lumière, on découvre l’histoire et le fonctionnement d’ordres féminins différents. S’ils sont historiquement ennemis, l’ordre du Dragon et de la Manticore se complètent pourtant très bien dans leur fonctionnement et sont efficaces lorsqu’ils s’allient. Chacun d’eux est différent et j’ai trouvé cela original de nous présenter un duo d’héroïnes au caractère complémentaire dans un genre où la victoire est souvent l’apanage des hommes. Toutefois, ce parti pris est tellement marqué que l’on sent globalement la figure masculine comme négative dans l’ensemble de l’oeuvre. Là où les femmes se battent pour des missions honorables, les hommes sont vils, menteurs, manipulateurs, et assoiffés de pouvoir. Ce manque de nuance est l’un des principaux défauts du livre, selon moi. Mais j’y reviendrai plus loin.
Autre bonne idée du roman : les artefacts. Si cela n’est pas original en fantasy, on a pourtant ici des objets puissants qui présentent aussi bien une valeur positive que négative en fonction de la personne qui les possèdent. Cela peut donner lieu à de multiples rebondissements pour le lecteur mais aussi les personnages.
Parmi les personnages, j’ai apprécié découvrir une troupe de saltimbanques. Cela change des traditionnels bardes et musiciens. Le cirque abordé ouvre les possibilités et le potentiel de l’histoire.
Le monde présente un potentiel de profondeur du fait des nombreuses subtilités, villes et races d’êtres vivants.
Et pourtant, malgré tout, je ne suis pas entrée dans le titre.
J’ai cherché la vraie raison qui faisait qu’au-delà de l’histoire, je ne me suis pas attachée aux personnages. Et puis j’ai trouvé.
Le style.
En effet le style du roman a été un problème pour moi et m’a laissé hors de l’histoire tout le long de ma lecture. L’écriture de Christine Ledoux est loin d’être désagréable à lire, mais elle est passive, extrêmement descriptive, et nombre d’événements sur lesquels on aurait aimé s’attarder sont ainsi survolés en une ligne ou deux. Un peu comme si on passait d’une chose à l’autre sans entrer dans le détail. Les péripéties sont rarement abordées sur plusieurs pages, ce qui crée un décalage avec la force des émotions ressenties par les personnages.
On a donc un livre où les émotions sont toujours extrêmes, mais où les actions sont minimes. Cela semble ainsi disproportionné et toujours exagéré (pourquoi plaindre une héroïne qui vit mal un événement raconté en deux phrases ? Si ce n’est que deux phrases, ce n’est pas important n’est-ce pas ?).
Ce style descriptif aurait pu convenir sur un format court comme une nouvelle. Mais pour un roman, je ne suis pas entrée dedans. Si l’auteur creusait chaque événement survolé, le livre pourrait aisément faire le double de pages et devenir un monde beaucoup plus profond qu’actuellement à l’image d’un Fiona McIntosh, par exemple.
Autre point : le scénario. Comme je l’ai dit plus haut, il est plein de bonnes idées. Toutefois j’ai pu relever aussi plusieurs choses qui, à mon sens, ne sont pas logiques ni crédibles.
Premièrement l’utilisation de la magie. Plutôt arbitraire, elle semble résoudre tout et son contraire. C’est la première fois que je lis qu’un sort peut faire dessaouler une personne. Avec une utilisation aussi large de la magie, le roman n’a plus vraiment lieu d’être. On pourrait tout trouver rapidement, se déplacer n’importe où en un clin d’oeil… Attention à rendre l’utilisation de la magie crédible.
Plusieurs événements de l’histoire m’ont aussi peu convaincus. Pour commencer cette fameuse quête censée déterminer votre confirmation ou non à l’Ordre du Dragon. Nos deux héroïnes reviennent avec un objet que tout le monde a l’air de trouver très important, et pourtant on apprend qu’elles échouent. Pourquoi ? Je n’ai pas compris ce qu’on attendait d’elles, puisque visiblement découvrir quelque chose d’exceptionnel ne suffit pas à réussir le test. Les professeurs ont l’air de connaître l’objet mais ne leur donne pas leur promotion. De même, nos deux héroïnes décident de manière totalement imprévue de fuguer, se trouvent mêlées malgré elles à des agissements douteux, pour finir par rentrer dans leur forteresse où elles sont… promues ? Que de temps perdu pour en arriver au même point !
Les dragons/chevaux sont aussi trop faciles et peu crédibles. On en revient à une perte de temps dans l’histoire.
Et que dire de la fin qui m’a fait pester contre Solena la magicienne ? Lorsque j’apprends que le camp d’en face possède le feu, et que nos héroïnes possèdent l’eau, je pensais vraiment que l’artefact allait prendre tout son sens dans le combat final… Mais non. Elles ne s’en servent même pas. Je pensais pourtant que contre le feu, on n’avait à l’époque pas fait mieux que l’eau pour combattre ce fléau ? Que leur apprends-ton dans leur école, sinon ?
Pour finir, comme je l’ai exprimé plus haut, le roman souffre d’un manque de nuance dans les émotions des personnages. Je ne sais si cela relève du vocabulaire parfois restreint pour exprimer un sentiment (tout le monde « hurle » par exemple, et personne ne « crie » ou ne s’exprime fortement…) ou d’une volonté de l’auteur, mais couplé au fait que les actions passives sont très rapidement survolées, ce point tend à rendre les personnages plus agaçants qu’attachants, et ne m’a pas aidé à entrer dans l’histoire.
En conclusion, ce premier tome contient tous les ingrédients pour produire une histoire intéressante et originale dans un genre où beaucoup de choses ont déjà été faites. Pour autant, il ne parvient pas à convaincre dans sa construction littéraire et les écueils de son scénario. Un approfondissement serait le bienvenu pour faire de ce titre le premier d’une épopée plus héroïque que fantaisiste.
 
 
Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de fantasy originales.
Les + : Un parti pris féminin, un duo d’héroïnes complémentaires et avec du potentiel, un vaste monde.
Les – : Style d’écriture passif qui nous laisse en dehors de l’histoire et survole de nombreuses actions. Une histoire dont on a parfois du mal à comprendre la logique et rendent certaines péripéties peu crédibles.
 
Infos pratiques

Parution : 24-10-2013
Auteur : Christine Ledoux
ISBN: 978-2-312-01442-5
Format : 150×230 mm
Nombre de pages : 431
Série / Collection : Les Editions du Net
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