J’irai brûler en enfer, de Julie C. Combe

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J’irai brûler en enfer, de Julie C. Combe (one shot, éditions Velours)

Londres, 1888. Nellie et Anton s’aiment au-delà des convenances et de la différence d’âge. Un amour scellé par le crime et le sang.
Mais quand un jour, Nellie est victime d’un retournement de situation, l’amour engendrera l’un des monstres les plus célèbres que Londres ait jamais connu.

Ce livre est le premier que je lis de la jeune Julie C. Combe. Dès le début je savais que je ne trouverais pas quelque chose d’original dans l’histoire d’un couple d’amoureux vivant en plein coeur du Londres victorien.
Cependant je ne m’attendais pas à trouver autant de clichés et d’écueils réunis au sein d’un même ouvrage.
Si le style de l’auteur n’est pas mauvais (il est assez classique, plutôt fluide, sans erreurs ni lourdeurs), là où le bât blesse, c’est vraiment dans le traitement du sujet et dans le travail éditorial opéré sur le texte.
L’histoire s’articule mal, nous avons deux parties distinctes qui n’ont pas de lien entre elles. Entre l’enfance douloureuse de Nellie et la transformation d’Anton en monstre sanguinaire, il n’y a rien. Chacune des deux parties pourrait très bien exister sans l’autre. On apprend qu’Anton a fait rapidement une école de médecine, ce qui lui permet de réparer les petits soucis de sa compagne lorsque les deux criminels jouent avec le feu. Or, entre recoudre une blessure et éventrer méthodiquement une personne, il y a un monde. Un monde qui n’est jamais expliqué ni très bien amené.
Ensuite, les personnages sont extrêmement clichés. On est dans le pathos du début à la fin à tel point qu’on n’y croit à aucun moment. C’est lourd, indigeste, et rend les protagonistes plus détestables qu’attachants, voir parfois grotesques. Le couple d’amoureux sublimes à qui rien ni personne ne résiste a déjà fait son temps et peine à convaincre. Je cherche encore la raison d’être de Davis. Je n’ai pas compris cette passion pour Nellie, ni pourquoi cette dernière s’entête à effleurer ses lèvres pour lui laisser la vie sauve, ce qui lui permet de revenir encore et encore afin de jouer les mêmes scènes théâtralement usées.
Je suis dure, je sais. Mais ces écueils narratifs m’ont fait m’interroger sur l’éditeur du roman. Tout n’est pas de la faute de l’auteure. Je pense qu’un éditeur aurait dû faire part à l’auteure du manque d’articulation entre les différents événements du récit ainsi que les traits grossiers de sa galerie de personnages. D’autant plus qu’elle s’attaque à revisiter un fait historique déjà maintes fois abordé où il n’est pas évident d’innover et tirer son épingle du jeu. Le travail à faire sur le livre était donc de la plus haute importance afin de ne pas se louper !
Mais comme je le présentais, les éditions Velours pratiquent du compte d’auteur et ne sont donc que peu regardant sur les textes qu’ils reçoivent. Je présume que le travail éditorial est inexistant chez eux, si bien qu’on en arrive à lire des ouvrages comme celui-ci qui ont un bon fond mais ne cassent pas des briques faute de travail professionnel.
Car oui il y a un bon fond dans ce titre. Il y a des qualités puisqu’il a réussi à m’intéresser suffisamment pour me donner envie de le lire. Mais la déception est grande d’y trouver autant d’écueils. La bonne nouvelle vient de la qualité grammaticale et orthographique dont on peut se demander si le plus gros du boulot ne vient pas de l’auteure elle-même et du soin qu’elle a pu personnellement apporter à l’ouvrage (encore que je me demande si elle veut vraiment parler du Titanic à la fin du texte car si c’est bien le cas la date ne correspond pas, ce qui serait dommage pour un livre basé avec autant de précision sur des faits historiques).
Pour le reste on sent que l’auteure a travaillé son sujet et que ce dernier lui tient à coeur. Malheureusement, le traitement réservé à ce fait divers était beaucoup plus intéressant dans un texte comme celui d’Ambre Dubois et son premier tome des Vampires de Londres. Un texte qui a bénéficié d’un réel travail éditorial.
Peut-on dire pour autant qu’il ne manquait pas grand chose à ce roman pour en faire un bon livre ? Ce n’est pas sûr. De l’ordre dans les idées, de l’articulation et un travail éditorial auraient été nécessaires. Sans tous ces manques, le texte ne se suffit pas à lui-même.
Espérons qu’il restera néanmoins pour Julie C. Combe un premier roman comme un point de départ duquel ne peut suivre que du meilleur, pour peu qu’elle fasse ensuite de meilleurs choix.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de réinterprétation de faits historiques.

Les + : Un style fluide qui se lit plutôt bien.

Les – : Le roman est dans le pathos en permanence ce qui lasse et tourne parfois les situations au comique, voire au pathétique. Deux parties sans lien entre elles, des personnages dont on ne sait pas très bien à quoi ils servent.

Infos pratiques :
Broché:
 219 pages
Editeur : Editions Velours (6 juin 2013)
Langue : Français
ISBN-10: 2351674650
ISBN-13: 978-2351674659

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