Archives mensuelles : janvier 2015

Noces d’éternité, de Aude Reco

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Noces d’éternité, d’Aude Reco (one shot, éditions du Petit Caveau)

Lord Covert a promis sa fille en mariage à un homme qu’elle n’aime pas. Cependant, le jour où le futur époux est retrouvé décédé dans le domaine, Ellen est partagée entre tristesse et joie. L’inquiétude prendra bientôt le dessus puisque d’étranges manifestations se produisent au manoir. Traces de pas mouillés, robe qui saignent… feront bientôt douter Ellen. Des choses suspectent se trament dans les ombres de la demeure. Et si son père en était la source ?
A moins qu’un mystérieux fantôme ne livre à son tour quelques secrets…

Noces d’éternité est un petit livre, une « novella », comme on dit. A peine 70 pages pour nous raconter une histoire complète. Ce titre inaugure la collection gothique de la maison, à savoir des livres à l’atmosphère éponyme et dans lesquels on ne trouve pas de vampire.
Si l’on peut penser qu’un format court est simple à réaliser, la vérité est exactement l’inverse et ce titre me l’a rappelé. Non, écrire une histoire courte n’est pas si facile, et l’exercice est si périlleux que les pièges qui guettent l’auteur sont nombreux, quasiment impossibles à éviter.
J’espérais en commençant ma lecture que ce roman serait l’exception et qu’il m’obligerait à revenir sur ma position. Hélas, Noces d’éternité a été pour moi une petite déception… de 70 pages.
Pourtant, au début, tout m’a plu. Résumé alléchant d’histoire de manoir hanté victorien, de secret, de mystère… il n’en fallait pas plus pour que je me jette sur ce titre où même la couverture me faisait de l’oeil.
Ni une ni deux, à peine reçu, déjà lu. Mais arrivée à la fin, j’ai fermé le livre avec une pointe de déception. Il m’a manqué… d’un peu tout, pour être honnête.
L’histoire m’a plu, elle contient beaucoup de potentiel et de bonnes ficelles malgré quelques situation déjà-lues. L’ambiance victorienne dans un manoir hanté est une atmosphère que j’apprécie beaucoup dans les romans. On la retrouve dans plusieurs titres du Petit Caveau que j’avais appréciés et qui n’étaient pas très épais non plus (je pense par exemple à A l’ombre des falaises, de Chloé Bourdon, ou aux romans de Stéphane Soutoul). Cependant, là où j’ai été déçue, c’est que l’histoire se déroule sur un laps de temps conséquent (1 année environ), ce qui en fait une histoire très rapide et peu développée pour 70 petites pages. J’attendais plus de développement et de profondeur, peut-être moins d’ellipses. La psychologie des personnages reste en surface, ce qui rend les réactions de l’héroïne parfois extrêmes pour les situations et ne nous la rend pas très attachante. Les phénomènes paranormaux sont décrits mais on n’entre jamais vraiment dans le fond du sujet, si bien que ce qui semble avoir une grande importance sur la quatrième de couverture est finalement anecdotique. J’aurais aimé en savoir plus, en voir plus.
Idem pour le dénouement, rapide, qui passe vite sur beaucoup de faits et ne nous laisse ni le temps de bien prendre la mesure des choses, ni s’attacher aux protagonistes. L’histoire d’amour entre Ellen et Bartémy m’a vraiment intéressée mais reste basique et ne monte pas vraiment en puissance.
Beaucoup de personnages forment une galerie intéressantes mais là encore il nous manque des informations, des clefs…
Je crois que ce qui m’a réellement manqué dans ce livre, c’est au moins 50 pages. Il y a matière à faire plus et je suis restée sur ma faim.
Le style de l’auteur est pourtant fluide, agréable à lire et plutôt immersif. La seule ombre au tableau est vraiment cette petitesse du récit qui passe trop rapidement et reste en surface. J’espère avoir l’occasion de lire d’autres textes de cette auteure pour aller plus loin dans ma découverte et son univers plein de bonnes idées.

Les + : Un style agréable à lire, un récit intéressant avec de nombreuses pistes et ficelles.

Les – : Le récit va trop vite et reste en surface. Il n’est pas assez développé. L’auteur aurait pu aller beaucoup plus loin et proposer bien plus de pages. Dommage, je suis restée sur le seuil du roman.

Infos pratiques :
Date de parution : 
2 janvier 2015
ISBN : 978-2-919550-93-7

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Unchained, de Melody Grace

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Unchained, de Melody Grace (tome 3 de la série BeachWood BayPrisma Editions)

Carina a tout ce dont elle rêve : une vie parfaite dans une maison de luxe, au bras d’un futur époux qui a les moyens de céder à tous ses désirs.
Et pourtant.
L’argent ne fait pas le bonheur, et la jeune femme l’apprendra à ses dépends. Lorsqu’Alexander portera la main sur elle une fois de plus, ce sera une fois de trop. Désespérée, Carina s’enfuit et part se réfugier dans la maison de famille, à BeachWood Bay.
Elle y retrouvera Garrett, qu’elle n’avait pas revu depuis le mariage de sa soeur Juliet, et qu’elle espérait ne plus jamais revoir.
Le destin en décidera pourtant tout autrement.

Ce livre, le troisième de la série et qui suit l’histoire de Carina, l’arrogante soeur de Juliet, est pour ainsi dire « le livre de (tous les) trop ». Si les deux premiers m’avaient plu sans en faire pour autant de la littérature de haut niveau, on arrive avec Unchained au sommet du déjà lu, du cliché, du léger et du peu immersif.
Je ne dis pas que le livre n’est pas agréable à lire, car l’écriture vraiment légère de Melody Grace est assurément un bon point dans ce titre. Léger, voilà comment on peut résumer Unchained. Un roman à lire entre deux lectures sérieuses et après une dure semaine de boulot.
Pourquoi disais-je que ce livre est celui de tous les trop ?
Premièrement parce qu’après avoir lu Unbroken et Unafraid, celui-ci s’inscrit exactement dans la même lignée et que j’ai eu l’impression de relire les deux livres sans rien découvrir. Les couvertures sont en cela parfaitement choisies, il suffit de comparer les trois pour voir qu’on va lire trois fois la même chose.
Ensuite, parce que les personnages en font trop. Tout le monde est ultra sexy (d’ailleurs je me demande pourquoi les personnages précédents, qui ont côtoyé ceux de ce roman là, n’ont pas non plus craqué les uns pour les autres vu leur degrés de perfection mutuelle). Tout le monde est musclé, beaux yeux, beaux cheveux, tout le monde est beau, tout le monde sait tout faire, tout le monde est artiste, tout le monde est incompris et tout le monde s’aime. Waou. Et la nuance dans tout cela ? Vous savez, celle qui rend les personnages humains et qui les rends proches de nous… ? Le père est dans la caricature, le fiancé est dans le cliché, Garett est dans le pathos du début à la fin, et Carina dans le pathétique. Stop, un peu d’air, je veux revenir sur Terre !
BeachWood Bay est décidément une planète bien étrange. Bien trop.
Enfin, l’histoire en elle-même est trop prévisible. Dès le début on sait que Carina sera frappée, dès le début on sait qu’elle va rencontrer Garett, qu’il sera l’homme de sa vie, dès le début on sait ce qui va se passer et surtout comment cela va se terminer. Donc voir les personnages s’obstiner à garder leurs distances, se borner à ne pas vouloir refaire un pas l’un vers l’autre alors que l’on sait déjà qu’ils ne pourront pas y résister, faire 1 pas en avant et 2 en arrière… J’ai souvent eu l’impression que Melody Grace voulait meubler son ouvrage afin de lui donner une taille conséquente.
Pour son côté évasion, Unchained est appréciable. Retrouver les personnages d’un livre à l’autre est agréable, on se familiarise avec eux et c’est un bon point. Mais il y aurait tellement mieux à en faire, tellement mieux à les traiter que ce livre finalement bien insipide et plat.
Mais peut-être est-ce moi qui en demande trop ?

Je remercie tout de même les éditions Prisma pour la confiance qu’ils m’accordent dans ce partenariat.

/!\ Attention, ce livre est pour lecteurs avertis !

Pour qui : Il n’est pas obligatoire d’avoir lu les précédents tomes pour lire celui-ci. Les lecteurs qui aiment les histoires fluides et très légères pourront y trouver leur compte. En revanche, si vous souhaitez une vraie histoire avec de la profondeur, passez votre chemin.

Les + : Une écriture fluide et légère qui divertie et détend après une dure journée de travail.

Les – : Le livre est dans le « trop » en permanence au point d’en oublier de rendre ses personnages humains et son histoire crédible.

Infos pratiques
Broché: 
330 pages
Editeur : EDITIONS PRISMA (16 octobre 2014)
Langue : Français
ISBN-10: 2810413452
ISBN-13: 978-2810413454

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