Archives mensuelles : avril 2015

Les Beignets d’Oscar, ou mes 100 jours de bonheur, de Fausto Brizzi

les beignets dOscar ou mes 100 jours de bonheur

Les Beignets d’Oscar, ou mes 100 jours de bonheur, de Fausto Brizzi (one shot, Fleuve éditions)

Que feriez-vous si vous aviez trompé votre femme avec regret, si vous étiez par conséquent fâché avec elle sans parvenir à vous faire pardonner, et qu’en prime vous appreniez que vous êtes atteins d’un cancer au stade trop avancé pour être soigné ? Que feriez vous si vous ne vous laissiez plus que 100 jours à vivre ?
Vous feriez un journal et un plan de bataille pour reconquérir la femme de votre vie et raconteriez le tout avec beaucoup d’humour.

Quand j’ai lu le résumé, j’ai eu un peu peur de retomber dans un récit larmoyant d’homme malade qui regrette sa vie raté. Et pourtant on est loin du compte.
Les beignets d’Oscar, ou mes 100 jours de bonheur est au contraire un récit léger, enthousiaste, qui porte un regard sincère et plein d’humour sur la vie.
Car oui, de l’humour, cet ouvrage n’en manque pas. Là où le lecteur pourrait craindre une histoire pleine de regrets et de tristesse, le personnage est au contraire très détaché et n’hésite pas à tourner à l’autodérision, conscient de son statut d’humain faillible et imparfait.
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Fausto Brizzi nous raconte l’histoire de Lucio au rythme d’un compte à rebours déchirant qui ira bel et bien jusqu’au bout.
L’auteur nous parle d’une Italie ensoleillée et vivante, très vivante. On y est pongé dès le début grâce à des description très réalistes et utiles. La galerie de personnage est développée, laissant voir une palette d’émotions et de sentiments très humain.
C’est ainsi qu’on pourrait qualifier ce bel ouvrage : Humoristique et Humain. Avec deux grands H, oui.
Lucio est très attachant, tout comme sa femme et son beau-père. Ce roman est plein de bons sentiments sans pour autant en faire trop. En fait, il est crédible, ce qui rend les propos encore plus forts. Le style de Fausto Brizzi est très poétique. On apprend à apprécier les petites choses de la vie et à se dire que nos tracas ne sont pas si graves, finalement.
En bref, Les Beignets d’Oscar est un ouvrage à l’image de sa couverture : coloré, émouvant, plein de gaieté.
L’essayer, c’est le déguster.
A consommer sans modération bien sûr !

Note : Nous avons choisi de mettre cet ouvrage dans la partie fantastique car le narrateur est décédé au moment où il raconte l’histoire.

Pour qui : Les lecteurs qui ont envie de lire une belle histoire.

Les + : Une histoire qui n’est jamais grave, lourde ou pleine de pathos. Au contraire le récit est bourré d’autodérision, d’humour et de poésie.

Les – : C’est un peu dommage de n’avoir pas gardé un peu plus de suspense sur la finalité de l’histoire, car on connait la fin dès les premières pages.

Infos pratiques
Broché:
 400 pages
Editeur : Fleuve éditions (15 mai 2015)
Langue : Français
ISBN-10: 2265098671
ISBN-13: 978-2265098671

Là où j’irai, de Gayle Forman

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Là où j’irai, de Gayle Forman (one shot, éditions Pocket)

Adam n’a jamais pu oublier Mia. Cette dernière, partie sans rien dire suite à son accident de voiture, a laissé le jeune homme au bord du gouffre et le cœur à vif.
Devenu une rock star, Adam a pourtant du mal à gérer cette célébrité dont il ne veut pas. Il ne veut plus jouer de la musique, il ne veut plus faire des concerts, partir en tourné.
Il ne veut qu’elle.
Alors quand il voit que Mia se produit en concert dans la ville où il séjourne, Adam ne peut s’empêcher d’aller la voir, une dernière fois. Comme un papillon attiré par la flamme de la bougie.
Commence une nuit au cours de laquelle leur destin va basculer.

C’est assez rare pour être souligné, mais j’ai préféré la suite au premier tome.
En effet, on a ici une histoire qui se déroule 3 ans après les faits de Si Je Reste, et racontée du point de vue d’Adam, le petit ami de Mia dans le premier tome.
Plus émouvant, plus profond, plus torturé, ce roman possède ce qu’il manquait au premier : des enjeux, une trame, un fil conducteur.
J’ai donc apprécié cette lecture bien plus que la précédente, et me suis même attaché aux personnages.
J’ai beaucoup aimé cet esprit déprimé qu’est Adam Wilde. Ce personnage, lisse et fade dans le premier tome, apparaît ici avec une émouvante profondeur. Sa souffrance ne fait jamais pitié et je me suis surprise à avoir mal pour lui. Torturée, cette âme suscite la compassion. Raison pour laquelle j’ai définitivement détesté Mia, que je n’aimais pas beaucoup dans Si Je Reste.
J’ai trouvé ce personnage tellement égoïste, perturbé, tête à claque et froide… Elle ne m’a inspiré que de l’agacement. Même avec 3 ans de plus, la violoncelliste continue de renvoyer l’image d’une petite fille capricieuse qui vit sans vie sans se soucier des dommages collatéraux (c’est le cas de le dire).
L’insertion d’extraits des chansons d’Adam au début des chapitres renforce la douleur du personnage ainsi que la compassion qu’on éprouve pour lui.
La plume de l’auteur est toute en émotions. Gayle Forman se concentre sur l’humanité de ces personnages et nous les dépeint à travers les sentiments qui les traversent. Je suis dans la même optique qu’elle donc je ne peux qu’approuver ce style quand l’histoire est bien racontée, ce qui est le cas ici.
Dans Là Où J’irai, on a un début, un milieu et une fin, comme je l’ai déjà dit. Les choses avancent, s’enchaînent. Certes l’histoire est encore entrecoupée de flashback qui nous en apprend plus sur les vies des protagonistes, mais c’est beaucoup moins présent que dans Si Je Reste. Ici, on est dans le présent.
Je n’avais pas été convaincue par Si Je Reste, au point de m’interroger sur le succès phénoménal du titre. Avec Là Où J’irai, j’ai pris goût à la plume mélancolique et émouvante de l’auteur, au point d’avoir envie de lire ses autres titres.
Une histoire qui finit bien au moins pour moi.

Pour qui : Cette histoire peut se lire indépendamment de la première mais je la conseille tout de même aux lecteurs de Si Je Reste, cela renforcera la profondeur du titre.

Les + : Un style chargé d’émotions, un personnage principal attachant et une vraie ôde à l’amour et aux sentiments.

Les – : Bien que l’histoire se suffise à elle-même, le titre est peut-être un peu court.

Infos pratiques
Poche:
238 pages
Editeur : Pocket (3 novembre 2011)
Collection : Pocket
Langue : Français
ISBN-10: 2266214403
ISBN-13: 978-2266214407

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