Le boiteux de Grattebourg, de Rolande Michel

le boiteux de grattebourg

Le boiteux de Grattebourg, de Rolande Michel (one shot, éditions Chloé des Lys)

Grattebourg est un village où la technologie n’est pas arrivée. Les habitants, vivant encore comme au moyen-âge, rejettent celui qu’ils appellent « le Boiteux », un garçon infirme et orphelin.
Pourtant, quand le village est le sujet de nombreuses manifestations étranges, les habitants n’auront pas d’autre choix que de faire appel à Anselme, « le boiteux », pour leur venir en aide.

Ce petit livre est le premier que je lis de Rolande Michel. Je découvre ainsi la plume de cet auteur. Si j’ai apprécié plusieurs choses dans ce roman, ce dernier m’a toutefois laissé une impression plus mitigée.
En effet, le style rural de l’écriture se prête à merveille au texte et confère au récit une ambiance particulièrement crédible. C’est un bon point qu’il convient de soulever en premier lieu car à aucun moment on ne se perd dans Grattebourg. L’auteur nous présente bien un village peuplé de fermiers, vieillards et rebouteux. Les scènes décrites sont typiques des milieux ruraux de moyen-âge où l’on voyait le Diable dans chaque fait étrange et où colporter des ragots les uns sur les autres était un sport national.
Or, ce qui m’a moins convaincu et qui m’a laissé une impression mitigée est l’histoire en elle-même. Beaucoup de questions ne trouvent pas de réponse, ou alors pas satisfaisantes.
Quid du chat noir ? Quid des phénomènes étranges ? Sont-ils l’oeuvre d’une hallucination collective comme ce fût le cas à Salem (j’ai un moment pensé que c’est là où l’auteure voulait nous emmener mais la fin du livre laisse penser que non) ou trouvent-ils une explication surnaturelle ?
L’enfant dans le lit est-il un membre de la famille d’Anselme ? Son frère ? Et le garçon du moulin ?
Vous l’aurez compris, en refermant ce livre, il restait à mon goût bien trop de zones d’ombres pour être pleinement satisfaite. J’ai parfois eu du mal à voir où l’auteure voulait en venir. Le livre manquait d’un fil conducteur et d’un liant pour me faire adhérer. La multiplication des points de vues narratif m’a perdu, je ne savais plus qui était le personnage principal, ni pourquoi on s’intéressait aux un et aux autres.
En résumé, si la forme est intéressante, travaillée et possède un potentiel indéniable, le fond ne suit pas et est en-dessous.
Ce premier livre donne donc envie de s’intéresser à la suite, au moins pour constater les progrès.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires originales en milieu rural/

Les + : le champ lexical et le style du roman sont adaptés à l’atmosphère, ce qui démarque vraiment le roman de ce qu’on a l’habitude de lire aujourd’hui.

Les – : Une histoire qui manque de liant.

Infos pratiques
Editeur :
 Chloe des Lys (9 juin 2014)
ISBN-10: 2874597945
ISBN-13: 978-2874597947
Dimensions du produit: 10 x 15 x 21 cm

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4 Commentaires

  • Bonsoir à la personne qui a lu mon roman et merci pour ses critiques.
    Je voudrais néanmoins lui apporter quelques précisions.
    Il est vrai que j’ai une fâcheuse tendance à me laisser quelque peu emporter par mon imagination lorsque j’écris. J’aurais dû suivre un plan, comme je le fais dans le roman psychologique en cours. Là, je ne savais pas où le Boiteux allait m’emmener.
    Je n’ai pas voulu situer mon village dans une époque particulière. Je le voulais intemporel, à dessein. Cependant, au cours de ma lointaine jeunesse, j’ai rencontré des gens qui m’ont inspiré mes personnages, j’ai aussi connu le genre de procession dont je parle dans le livre, une procession de pénitents, en quelque sorte,
    Je suis étonnée que vous n’ayez pas compris qui est le chat et je vais vous donner quelques indices qui vous amèneront probablement à deviner qui il est…. ou était (pour qui croit en la réincarnation).
    Comme l’a noté le Comité de Lecture de ma maison d’édition, dans ce roman se mêlent fantastique et paranormal. Rappelez-vous quelques indices donnés au cours du récit : que pourrait avoir à se reprocher Léonie ? Pourquoi le chat la tue-t-il ? ( Allez, je vous donne un indice de plus : qui élevait des poules ? Et que lui est-il arrivé ? Songez aussi à la démarche de cette personne !)
    Anselme, lui, n’est le fils de personne. De sa mère il n’a gardé que le vague souvenir d’un parfum.
    Entraîné par son besoin d’aider les autres, il suit le comte (que tous disaient mort) et se retrouve prisonnier dans un château où il soigne un enfant qui lui ressemble ( Pourquoi lui ressemble-t-il ?) et qui sert de « nourriture à des vampires ».
    Qui est sa mère ? Pourquoi s’attarde-t-il à regarder le visage de la comtesse défunte lorsqu’il va au cimetière? Quelle explication donner à la mort du vieux Joe ? Qui est cette femme qui l’attire de l’autre côté du lac et provoque sa mort ? Rappelez-vous : une femme est morte près de sa cabane, il y a très longtemps.
    Et, au moment où Anselme, exténué, voit apparaître le chat qui le regarde avec tendresse, la défunte comtesse arrive, comme si elle voulait l’entraîner vers cet Ailleurs où elle erre sans doute. Curieusement, il lui a fallu endurer bien des souffrances, subir bien des humiliations, avant de trouver enfin ceux qui lui ont permis d’exister: sa mère et son père aussi.
    J’espère que ces explications vous permettront d’y voir plus clair. Il est vrai que ce roman qui débute un peu comme une histoire de terroir se transforme peu à peu en roman plutôt fantastique avec un parfum de paranormal.

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    • Bonjour Rolande et merci d’avoir pris le temps de lire l’article, et surtout d’y répondre.

      Les précisions des auteurs sur les critiques sont toujours les bienvenues et je les accueilles avec grand plaisir, pour la bonne raison que ce que j’ai pu ne pas comprendre (ou mal comprendre) peut l’être aussi par d’autres lecteurs. Cela constitue donc toujours un complément important aux articles et votre intervention le prouve une nouvelle fois.

      J’ai bien tout lu avec grand intérêt et cela a pu éclairer ma lanterne sur certains sujets, mais me laisse dans le noir pour d’autres. Je suppose que l’interprétation variera d’un lecteur à l’autre en fonction de sa culture personnelle. Je pense humblement manquer un peu de culture pour saisir toutes les références de votre ouvrage.

      N’hésitez pas à revenir ici lire les autres chroniques, et merci encore pour votre intervention.
      Elodie

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      • Bonjour Elodie,
        Enfin je découvre le nom de la personne qui a lu.
        Je ne crois pas qu’il faille posséder une culture encyclopédique pour comprendre ce roman. Je dois vous avouer que des jeunes, dont une de mes petites-filles qui est en sixième primaire, ont compris ce que j’avais voulu exprimer.
        Puis-je savoir ce qui vous interpelle encore ? Le moulin ? C’est un endroit où, pour la première fois de sa vie, Anselme a la sensation d’être chez lui. Pourtant, ce moulin a été le théâtre d’un drame. L’Esprit de cet enfant qui le fixe de son cadre et qui a gagné l’Eternité y flotte. Pour Anselme, il s’agit cependant d’un endroit privilégié où il ne risque pas d’être importuné par un villageois. Une première manifestation étrange s’y produit cependant : cette porte qui claque. Il y a dans ce livre une gradation dans l’apparition des phénomènes paranormaux. Une critique disait que  » l’angoisse y est distillée à petites doses ».
        Et il y a ce lac ! Le muet ne cesse d’attirer l’attention d’Anselme vers ce lac. Pourtant, rien d’extraordinaire ne s’y est produit depuis la découverte du corps de la femme du meunier, il y a très longtemps et aussi depuis que la comtesse s’est tuée sur sa rive, non loin de la cabane du vieux Joe.
        Il faut parfois du temps pour que naissent des choses étranges.
        Joe est attiré irrésistiblement par l’ombre d’une femme qui semble l’attendre de l’autre côté du lac. Elle est une sorte d’appel lancé par la Mort.
        Ce lac commence à inquiéter les villageois. Constant y voit des vagues et fuit, convaincu d’avoir abusé de la dive bouteille.
        Plus tard, le cadavre de Joe est rejeté par les eaux aux pieds de Max.
        Le lac se réveille, au fil des événements qui perturbent le village….
        Voilà.
        D’autres questions? N’hésitez pas à les poser.
        Si vous me transmettiez votre adresse mail, j’aurais quelques remarques plus personnelles à vous adresser.
        Merci.
        Bien à vous.
        Rolande

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