Les deux portes, de Simon Andrieu

les deux portes
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Les deux portes, de Simon Andrieu (one shot, éditions Chloé des Lys)
 
Oniro est un jeune homme de dix-sept ans peu sûr de lui et qui mène une vie banale. Lui qui rêve secrètement de se démarquer va découvrir qu’il est l’élu d’une ancienne prophétie, et que la survie de l’humanité dépend de lui.
En effet, le combat entre le bien et le mal fait rage et le bien est en train de perdre la bataille. Le jeune homme devra apprendre la magie auprès d’un groupe de mages et faire preuve de beaucoup de courage pour se transcender, quitte à abandonner ses rêves et sa vie. L’Humanité vaut-elle ces sacrifices ?
 
Si vous avez l’impression d’avoir déjà lu ce livre après avoir parcouru mon résumé au-dessus, c’est normal. Les deux portes, premier roman de Simon Andrieu, est en effet un concentré de tout ce qu’on a déjà pu lire en fantasy depuis une quinzaine d’année. Malheureusement pour Simon, son ouvrage ne réserve pas beaucoup de surprise pour qui a lu les plus grandes sagas du genre.
Je ne listerai pas tous les éléments qui me font faire ce constat mais dans les grandes lignes on trouve : un garçon au sortir de l’adolescence, qui mène une vie plate et sans relief avant de se découvrir des capacités extraordinaires et le pouvoir de sauver le monde dans la bataille opposant le bien et le mal. Il devra donc poursuivre une quête périlleuse au bout de laquelle il se découvrira lui-même, connaîtra ses premiers émois amoureux et ses plus grandes peines.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le genre anglo-saxon de la fantasy est arrivé chez nous à l’aune des années 2000 avec la très médiatique saga du Seigneur des Anneaux. Le succès des films a remis les livres au goût du jour et les auteurs français se sont engouffrés dans la brèche des mondes merveilleux et créatures fantastiques. Malheureusement, beaucoup d’entre eux se sont laissés prendre plus ou moins consciemment dans les filets des clichés, et n’ont pas pas su résister aux chants des sirènes du déjà-lu.
Je le sais parce que ce fut mon cas lorsque, âgée de 18 ans, je mis un point final à un ouvrage écrit entre 15 ans et ma majorité, et qui, à peine terminé, était déjà démodé.
C’était il y a plus de 8 ans, et je suis surprise de retrouver dans Les Deux Portes absolument tous les éléments qui m’ont fait dire à l’époque que mon roman découlait en ligne directe du Seigneur des Anneaux et que la mode de la fantasy renvoyait mon texte au rayon des créations amateurs.
Je pense, peut-être à cause de mon pessimisme, qu’il est devenu difficile d’être original dans ce genre tant il est codé et peu propices aux innovations. Pourtant je ne peux m’empêcher d’espérer lire un texte qui me fera mentir. Hélas, Les Deux Portes ne fait pas exception et est donc un énième récit de fantasy on ne peut plus classique.
Quant au style, il est celui d’un jeune auteur. Plutôt scolaire, il n’est pas toujours très assuré et recèle encore de nombreuses répétitions. Je n’ai par exemple pas compris l’intérêt de commencer une grande partie des phrases par le prénom du héros. Les dialogues manquent de naturel (qui, aujourd’hui, ponctue ses longs discours de « Cependant » et de « Toutefois » ?) et les phrases toutes faites nombreuses.
Vous l’aurez compris, j’ai été à la fois surprise et déçue par cet ouvrage.
Surprise de trouver un texte de ce type en 2015 car malheureusement il est sorti bien trop tard.
Et déçue parce que j’espérais pouvoir lire un ouvrage différent de tout ce que j’ai pu lire auparavant dans ce style. Ce ne sera pas le cas.
Néanmoins comme je me sens très proche de l’auteur pour avoir été à sa place il y a quelques années, je ne peux que l’encourager à poursuivre dans sa quête du texte ultime car le style et les idées viennent toujours mieux avec le temps. Je ne doute pas que les prochaines productions de Simon Andrieu seront bien au-dessus de ce premier texte qui, je lui souhaite, sera bientôt un premier exercice très formateur dans sa carrière d’écrivain.
De mon côté je vais réserver à ce roman une place en bas de ma bibliothèque, juste à côté du mien.
 
Pour qui : Les lecteurs qui n’ont pas lu beaucoup de fantasy et auront donc un oeil moins expert. Il y aura peut-être quelques effets de surprise.
 
Les + : Un moment de lecture agréable pour qui n’en attend pas trop.
 
Les – : Le style scolaire et le manque d’originalité de l’histoire ne parviennent pas à effacer le fait que tout a déjà été dit.
 
Infos pratiques
Année de parution : Janvier 2015
Auteur : Simon Andrieu
N° ISBN : 978-2-87459-816-6

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