Archives mensuelles : juillet 2015

Étiquette & Espionnage, de Gail Carriger

etiquette et espionnage

Étiquette & Espionnage, de Gail Carriger (tome 1 de la série Le Pensionnat de Melle Géraldineéditions du Livre de Poche).

Sophronia n’est pas une jeune fille disciplinée pour son âge. Sa mère, sur les conseils d’une amie, décide de l’envoyer dans un pensionnat pour jeunes filles de qualité. Ce qu’elle ignore, c’est que l’on apprend aux jeunes élèves l’art de l’espionnage et de la manipulation. Bien loin, donc, de ce qu’espère la mère de Sophronia. Si seulement elle savait qu’en prime, un important prototype est caché quelque part où il pourrait lui ramener plus que des ennuis…

Difficile de ne pas connaître Gail Carriger pour sa série du Protectorat de l’Ombrelle, et plus généralement pour son inimitable style typiquement anglais ! Il s’agit incontestablement de la plus britannique des américaines.
Une fois n’est pas coutume, cette nouvelle série donne tout ce qu’on peut aimer chez cet auteur : univers victorien et steampunk, habité par des créatures mécaniques, des rouages et des inventions à vapeur. Mais aussi le charme anglais, l’humour anglais, et la mode anglaise !
Gail Carriger change légèrement de registre avec cette série dans laquelle l’héroïne est âgée de 14 ans. Cependant, tout le monde peut la lire sans problème car l’intrigue n’a rien d’enfantin. En effet, le personnage principal devra très vite se comporter comme une dame si elle veut parvenir à ses fins.
L’auteur la met en scène dans l’environnement fermé d’une école (même si celle-ci est en vol). J’aime particulièrement les romans dont les histoires se passent en huis clos, ce qui est pratiquement le cas ici. Les lieux sont bien présentés, avec de nombreuses bonnes idées qui font de ce roman un ouvrage à la fois féminin et steampunk (chose rare). A noter que l’on croise également des vampires et loups-garous dans des rôles secondaires, ce qui n’est pas gênant. Au lieu de ressembler à un joyeux bazar, le mélange des genres et des créatures fonctionne très bien car chaque chose est dosée comme il faut.
Plusieurs ficelles narratives sont laissées en suspend, ce qui donne envie de lire la suite.
D’ailleurs ce titre se lit aussi bien que la série précédente. L’idée de donner aux chapitres des titres dignes des leçons dispensées au pensionnat de Melle Géraldine est vraiment bonne, elle nous plonge encore plus au coeur de cet univers. Les personnages sont attachants et je me demande ce que l’auteur nous réserve pour la suite des relations entre eux. Sophronia m’a beaucoup intéressée, comme Dimity et Monique. Les personnages secondaires un peu moins mais on sent un potentiel qui sera peut-être développé par la suite.
Bien sûr, je doute que les lecteurs masculins adhèrent à cette série et ses personnages majoritairement féminin (après tout on y parle souvent de jupons et d’ombrelle), mais le lectorat féminin ne pourra qu’apprécier la plume et l’histoire.
En tout cas en ce qui me concerne, j’ai beaucoup aimé. Le seul reproche que je ferai à ce titre est peut-être qu’il n’en dévoile pas assez sur le prototype, si bien qu’il peut sembler un peu dérisoire. En l’absence de plus d’informations, j’ai souvent eu le sentiment que les personnages faisaient beaucoup de problèmes pour peu de choses. J’espère voir ce prototype prendre toute son ampleur dans la suite de la série.

Quoi qu’il en soit, avec ce premier tome, tous les jalons sont posés pour faire du Pensionnat de Melle Géraldine une série à la hauteur du Protectorat de l’ombrelle. Souhaitons-lui le même succès.

Pour qui : Une lecture plutôt féminine, pour tous les âges. Si vous aimez les lieux clos, les enquêtes, les froufrous, jupons, le blush et les ombrelles, ce livre est fait pour vous.

Les + : Des personnages attachants, un style inimitable et so british, de l’humour piquant et une intrigue qui ne relâche jamais l’intérêt.

Les – : Les informations distillées au compte-goutte sont une bonne idée mais le manque d’information concernant l’objet principal peut amoindrir son importance et donner au récit des proportions injustifiées.

Infos pratiques 

Poche: 384 pages
Editeur : Le Livre de Poche (22 avril 2015)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10: 2253183520
ISBN-13: 978-2253183525

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La Tour, d’Emmanuel Ardichvili

La tour

La Tour, d’Emmanuel Ardichvili (one shot, éditions Sombres Rets)

Sous une immense plante vit un peuples de petites gens. Une sorte de lutins qui essaient chaque jour de préserver leur vie champêtre en se transformant pour mieux se fondre dans le paysage et échapper aux prédateurs.
Un jour, l’intrépide Orkann et son amie Swalee découvrent que la plante est en train de mourir, laissant le libre passage aux Kroms, les plus redoutables tueurs qui soient. Les deux amis, aidés par d’autres compagnons, vont tout faire pour sauver les leurs. Pour cela ils vont devoir s’aventurer dans la mystérieuse tour, et faire d’étranges rencontres.

Petit livre de 117 pages, La Tour vous emmène au coeur d’un monde merveilleux peuplé de créatures de toutes sortes. Nous faisons la connaissance d’un peuple de petits êtres vivants sous une plante et qui tentent de survivre dans une nature parfois hostile.
La lecture est rapide, mais le moment agréable. Emmanuel Ardichvili réussit à poser rapidement son univers pour nous donner l’impression de sentir l’humus de la terre et la moiteur des gouttes d’eau après l’orage. L’histoire racontée est avant tout une histoire d’amitié qui rappellera certains titres, comme le célèbre Arthur, d’Arthur et les minimoys, mais on suit les péripéties de ces héros, matures pour leur âge, avec grand plaisir. Pour une fois que ce n’est pas le monde entier qu’il faut sauver mais quelque chose de bien plus crédible, ce petit roman relève le défi de proposer un univers entier et une mythologie en quelques pages.
La Tour est plutôt bien écrit. J’ai toutefois regretté le foisonnement de termes spécifiques à cet univers, qui s’ils le rendent plus concret, sont parfois un peu compliqués à se représenter. Mis à part cela, les idées véhiculées et la manière dont cela est fait sont plaisantes.
Une bonne histoire à découvrir ou faire découvrir pour les petits et grands enfants en quête d’évasion et d’amitié loyale.

Pour qui : Les éditions Sombres Rets préconisent « à partir de 10 ans » mais finalement le titre peut aussi être lu par des adultes qui souhaitent retomber en enfance le temps de quelques pages.

Les + : De bons sentiments, une atmosphère arboricole bien dépeinte, un univers fourni construit en peu de pages et une écriture soignée.

Les – : L’utilisation régulière de termes spécifiques à cet univers qui peuvent parfois donner un peu de mal à se représenter les choses. Peut-être aurait-il fallu plus de description ou moins de termes inconnus des lecteurs. Toutefois cela ne gène pas la compréhension.

Infos pratiques
Format : 
15 x 21cm
Environ : 120 pages
ISBN : 978-2-918265-21-4

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