Archives mensuelles : octobre 2015

L’Ere du Prédicateur, de Jay Bonansinga et Robert Kirkman

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L’Ère du Prédicateur, de Robert Kirkman et Jay Bonansinga (tome 5 de la série The Walking Deadéditions du livre de Poche)

Lilly Caul et Woodbury se remettent peu à peu des épreuves subies après la chute du Gouverneur, mais très vite de nouveaux ennuis pointent le bout de leurs mains crochues : Une super horde marche vers la ville. Comment l’éviter ? Et si la solution arrivait de l’extérieur, avec ces nouveaux venus ?
A moins que ce ne soit qu’un leurre, et que le loup soit accueilli à bras ouverts dans la bergerie.

Depuis le début de ma lecture, j’ai tendance à trouver la qualité des romans très inégale. Pourtant, j’ai l’impression que les auteurs ont enfin trouvé leur rythme de croisière.
Après plusieurs tomes à installer les grandes lignes et les personnages forts, l’histoire de Woodbury se poursuit.
Si je n’ai pas été toujours très convaincue par les choix scénaristiques (les motivations de Jeremiah me paraissent farfelues mais c’est peut-être parce que je ne suis pas croyante), j’ai en revanche beaucoup aimé l’atmosphère du roman et ses péripéties qui se déroulent comme un long fleuve agité.
S’il y a bien une chose qui ne change pas de tome en tome, c’est l’ambiance post-apocalyptique et les paysages dépeints. Il est facile pour les fans de la série de retrouver au coeur des images du show. On y croit, on s’y croit !
Mais le roman tombe dans les travers de la série et alterne des moments intéressants et dynamiques avec d’autres plus plats, à l’image des épisodes en dents de cie. Chaque titre de la série pourrait faire figure d’une saison, et c’est un point fort. Il n’est effectivement pas obligatoire d’avoir lu les tomes précédents pour comprendre celui-ci car il est construit comme une histoire distincte.
Quoi qu’il en soit l’ouvrage est très visuel, clairement inspiré de la série télé et ne devrait pas décevoir les fans.
Si les personnages du show ne sont plus dans le champ de ce cinquième tome, on continue de suivre la vie à Woodbury, ce qui nous offre une nouvelle facette de l’univers déjà riche de Kirkman.
J’ai donc bien aimé ce tome. Lilly est une héroïne vraiment attachante, probablement parce qu’elle est très humaine. Par contraste avec les zombies, et même avec certains protagonistes, l’héroïne est touchante, émouvante. On suit son ascension depuis le début de la série et il est plaisant de suivre ses états d’âme et ses peurs. Ce qui n’est pas toujours le cas dans le show.
Et puis ne nous leurrons pas, il est rare de voir un personnage féminin à ce point mis en avant dans une intrigue aussi énorme, et c’est un réel plaisir à suivre. Ainsi, les fans qui, comme moi, suivent la série sur plusieurs supports, on ne se lasse pas d’en admirer tous les aspects.
Ce cinquième tome confirme la bonne impression laissée par le dernier et le cliffanger final ne pourra que donner envie de s’emparer du suivant.

Pour qui : Les fans de la série, les lecteurs qui aiment les zombies, les histoires longues et les univers post-apocalyptiques.

Les + : Une atmosphère prenante, une histoire vaste et intéressante, originale, des personnages attachants et des passages dynamiques réellement stressants.

Les – : Les motivations de certains personnages semblent farfelues.

Infos pratiques
Poche:
 352 pages
Editeur : Le Livre de Poche (16 septembre 2015)
Collection : LDP LITT. IMAGI
Langue : Français
ISBN-10: 2253183679
ISBN-13: 978-2253183679

L’eau Noire, de Chloé Bourdon

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L’eau Noire, de Chloé Bourdon (one shot, éditions du Petit Caveau)

Dans son errance, Dawn arrive à Sainte Cécile et croise la route d’un groupe de rock rebelle et punk des années 70. Sans le savoir, sa visite dans un petit hôtel miteux sera le tournant de sa vie.

Second roman de Chloé Bourdon aux éditions du Petit Caveau, L’Eau Noire frappe par son originalité.
L’auteur a choisi de dépeindre le quotidien sans saveur d’un héros dont beaucoup de plumes n’auraient sans doute pas voulues : un homme brisé par la guerre du Vietnam, revenu à la vie par la magie diabolique d’un marais. Il est donc esclave d’une puissance supérieure, damné et condamné à vivre comme une sangsue au crochet des autres.
Le tout en pleine Bretagne des années 70.
Avouez que le parti de départ est plutôt original.
Et c’est ce que j’ai aimé dans ce petit roman. On y lit des choses que l’on ne lit pas tous les jours.
Si la fin est un peu moins originale, on savoure tout de même le titre et cette plume mélancolique. Les personnages nous apparaissent dans toute leur humanité, et leur monstruosité aussi. Dès lors on s’interroge : qui est le monstre, qui est l’humain ? Est-ce le buveur de sang ou l’alcoolique déchainé qui frappe sa petite amie ?
Les personnages, souvent pathétiques, sont incroyablement crédibles et c’est ce qui les rend aussi attachants. Malgré leur tragique vie, on sait que cela existe, ou peut exister. La plume de Chloé Bourdon déroule le fil sombre de vies qui le sont tout autant, et on se prend au jeu de se demander où tout cela va finir.
En plus, il faut souligner l’histoire d’amour homosexuelle, une chose que l’on ne lit vraiment pas souvent et qui montre que le Petit Caveau est capable de prendre des risques en s’aventurant sur des terrains moins fréquentés par les éditeurs. Chacun pensera de ce fil narratif ce qu’il veut, personnellement ce n’est pas ce qui m’a le plus fait vibrer dans le roman car au-delà du fait qu’il s’agisse de deux hommes, les choses sont présentées de manière assez classique.
Avec sa couverture sombre, ne vous attendez pas à lire une histoire légère et romantique. Elle est à l’image d’une marée noire (qui donne le sens au titre), collante, épaisse, opaque… on se prend dans l’histoire et on s’y attarde, elle vous entoure et s’enroule autour de vous pour vous coller à la peau.
Même si le titre se lit vite, aucun doute que son héros, Dawn, marquera les esprits. Ses tribulations ne peuvent pas laisser un lecteur indifférent, on ne peut pas reposer simplement l’ouvrage et l’abandonner pour passer naturellement à un autre. Pas sans avoir réfléchi aux émotions qu’il a provoqué en nous.
Faites l’essai, aventurez-vous dans les méandres de L’Eau Noire, vous ne le regretterez pas.

Pour qui : les lecteurs qui veulent être surpris par des histoires de vampires et lire des choses originales.

Les + : On salue les nombreux partis pris originaux et pas toujours glamour de prime abord, pour finalement proposer quelque chose d’émouvant et qui sort de l’ordinaire.

Les – : L’histoire d’amour homosexuelle est une bonne idée mais n’apporte pas beaucoup de choses à l’histoire puisqu’elle est traitée de manière classique.

Infos pratiques
Date de parution :
 1 octobre 2015
ISBN : 978-2-37342-014-2
Nombre de pages : 136 pages
Illustration de couverture : Alexandra V. Bach

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