L’eau Noire, de Chloé Bourdon

leau noire

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L’eau Noire, de Chloé Bourdon (one shot, éditions du Petit Caveau)

Dans son errance, Dawn arrive à Sainte Cécile et croise la route d’un groupe de rock rebelle et punk des années 70. Sans le savoir, sa visite dans un petit hôtel miteux sera le tournant de sa vie.

Second roman de Chloé Bourdon aux éditions du Petit Caveau, L’Eau Noire frappe par son originalité.
L’auteur a choisi de dépeindre le quotidien sans saveur d’un héros dont beaucoup de plumes n’auraient sans doute pas voulues : un homme brisé par la guerre du Vietnam, revenu à la vie par la magie diabolique d’un marais. Il est donc esclave d’une puissance supérieure, damné et condamné à vivre comme une sangsue au crochet des autres.
Le tout en pleine Bretagne des années 70.
Avouez que le parti de départ est plutôt original.
Et c’est ce que j’ai aimé dans ce petit roman. On y lit des choses que l’on ne lit pas tous les jours.
Si la fin est un peu moins originale, on savoure tout de même le titre et cette plume mélancolique. Les personnages nous apparaissent dans toute leur humanité, et leur monstruosité aussi. Dès lors on s’interroge : qui est le monstre, qui est l’humain ? Est-ce le buveur de sang ou l’alcoolique déchainé qui frappe sa petite amie ?
Les personnages, souvent pathétiques, sont incroyablement crédibles et c’est ce qui les rend aussi attachants. Malgré leur tragique vie, on sait que cela existe, ou peut exister. La plume de Chloé Bourdon déroule le fil sombre de vies qui le sont tout autant, et on se prend au jeu de se demander où tout cela va finir.
En plus, il faut souligner l’histoire d’amour homosexuelle, une chose que l’on ne lit vraiment pas souvent et qui montre que le Petit Caveau est capable de prendre des risques en s’aventurant sur des terrains moins fréquentés par les éditeurs. Chacun pensera de ce fil narratif ce qu’il veut, personnellement ce n’est pas ce qui m’a le plus fait vibrer dans le roman car au-delà du fait qu’il s’agisse de deux hommes, les choses sont présentées de manière assez classique.
Avec sa couverture sombre, ne vous attendez pas à lire une histoire légère et romantique. Elle est à l’image d’une marée noire (qui donne le sens au titre), collante, épaisse, opaque… on se prend dans l’histoire et on s’y attarde, elle vous entoure et s’enroule autour de vous pour vous coller à la peau.
Même si le titre se lit vite, aucun doute que son héros, Dawn, marquera les esprits. Ses tribulations ne peuvent pas laisser un lecteur indifférent, on ne peut pas reposer simplement l’ouvrage et l’abandonner pour passer naturellement à un autre. Pas sans avoir réfléchi aux émotions qu’il a provoqué en nous.
Faites l’essai, aventurez-vous dans les méandres de L’Eau Noire, vous ne le regretterez pas.

Pour qui : les lecteurs qui veulent être surpris par des histoires de vampires et lire des choses originales.

Les + : On salue les nombreux partis pris originaux et pas toujours glamour de prime abord, pour finalement proposer quelque chose d’émouvant et qui sort de l’ordinaire.

Les – : L’histoire d’amour homosexuelle est une bonne idée mais n’apporte pas beaucoup de choses à l’histoire puisqu’elle est traitée de manière classique.

Infos pratiques
Date de parution :
 1 octobre 2015
ISBN : 978-2-37342-014-2
Nombre de pages : 136 pages
Illustration de couverture : Alexandra V. Bach

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