Archives mensuelles : novembre 2015

Sans Honte, de Gail Carriger

sans honte

Sans Honte, de Gail Carriger (tome 3 de la série du Protectorat de l’Ombrelleéditions du Livre de Poche)

Chassée de chez elle, Alexia part se réfugier en Europe. Sa condition exceptionnelle suscite bien des interrogations et surtout des craintes, c’est pourquoi elle est au centre l’attention.
Un peu trop à son goût, d’ailleurs. Et quand des coccinelles mécaniques ne se comportent pas envers elle avec tout le respect qu’elles lui doivent, Alexia se dit que les choses doivent être prises en main. Qui d’autre qu’une Tarabotti pourrait se lancer dans une telle entreprise ?

Troisième tome d’une série qui en compte cinq, on peut dire que cet ouvrage est le centre de l’histoire. On y retrouve le style anglais et atypique de l’auteur, ce qui fait son charme, mais dans le même temps il souffre de quelques problèmes de longueur.
Dans les remerciements, Gail Carriger s’adresse aux amis sans qui se livre ne serait resté qu’une page blanche, de là à dire qu’elle n’était pas très inspirée pour cette histoire, il n’y a qu’un pas que j’ose faire.
Le précédent tome, Sans Forme, se terminait pourtant sur une révélation offrant un boulevard à l’auteur, et de quoi encourager les lecteurs impatients à se jeter sur la suite. Pourtant, je trouve que l’auteur n’a pas su tirer profit de son histoire et que tout l’intérêt de cette révélation est retombée comme un soufflé dans Sans Honte. Le livre est long, il ne s’y passe pas grand chose d’intéressant. Alexia fuit l’Angleterre, passe par la France, chaque fois on essaie de la tuer, l’histoire se répète, tandis que l’on assiste à mi-temps à la déchéance de Lord Maccon.
Je ne suis pas loin de m’être ennuyée. Certes on visite des lieux, certes l’auteur tente de construire des choses, mais cela ne prend pas. Je me suis parfois demandé si certains passages ne sont pas du remplissage.
La seule chose que j’ai trouvé vraiment intéressante est la constitution sérieuse de ce qui donne son nom à la série : Le protectorat de l’ombrelle. Si jusqu’à présent je ne comprenais pas vraiment ce que cela impliquait, les choses deviennent concrètes. A la manière d’une communauté de l’anneau, il y a désormais un protectorat de l’ombrelle. Pour autant la série n’a toujours pas de but ultime et la fin de ce troisième tome pourrait très bien ne déboucher sur rien d’autre. Aurais-je encore la curiosité de poursuivre jusqu’à lire les deux derniers tomes ? Probablement, car la plume de l’auteur vaut le coup et certains des personnages, comme Madame Lefoux, sont de petits bijoux à eux tout seuls. Si une série devait naître autour de Madame Lefoux, je la lit immédiatement. Contrairement à elle, Alexia est bien moins attachante, plus froide et distante. Les personnages secondaires sont d’ailleurs souvent plus intéressants que les principaux.
Pour moi c’est un roman en demi-teinte qui échoue malheureusement dans son rôle de pilier central de la série.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les précédents tomes, ceux qui aiment les histoires de vampires et loups-garous, et ceux qui aiment la plume si originale de l’auteur.

Les + : Des personnages hauts en couleurs et très variés, un style inimitable qui plonge immédiatement dans l’univers victorien/steampunk de la série.

Les – : Beaucoup de longueurs et des péripéties qui se répètent, quitte à tourner un peu en rond. La non exploitation de la révélation faite à la fin du précédent tome m’a également déçue.

Infos pratiques
Poche:
 432 pages
Editeur : Le Livre de Poche (13 novembre 2013)
Collection : Fantastique
Langue : Français
ISBN-10: 2253169749
ISBN-13: 978-2253169741

 

 

Anno Dracula, de Kim Newman

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Anno Dracula, de Kim Newman (tome 1 de la série Anno Draculaéditions Bragelonne)

Des prostituées sauvagement assassinées dans le lugubre quartier de Whitechapel, une célèbre reine britannique mariée à un vampire, et des créatures de plus en plus nombreuses… plongez au coeur du Londres de Kim Newman : celui de Jack l’Eventreur.

Londres, l’époque victorienne, Jack l’Eventreur… je ne compte plus le nombre d’histoires déjà lues et qui revisitent ce mythe. A commencer par Le Manoir des Immortels, d’Ambre Dubois, ouvrage mêlant lui aussi des vampires.
Dracula, Stoker, Holmes… autant de figures réelles ou fictives que la littérature a maintes et maintes fois reprises au point d’en user leur intérêt jusqu’à la corde.
J’ai eu du mal à entrer dans cet Anno Dracula, premièrement parce que je n’étais que moyennement emballée à l’idée de lire une nouvelle version d’un mythe vu et revu, mais aussi parce que la multitude de personnages portent tous des noms, des surnoms et des titres qu’il faut mémoriser sans faillir pour suivre l’intrigue.
Je me suis procuré l’ouvrage car j’avais été intriguée par l’engouement qu’il a suscité lors de sa sortie et j’avais le sentiment d’avoir dans les mains un incontournable du genre.
Pourtant, comme je viens de le dire, j’ai eu du mal à entrer dedans. Mais je me suis accrochée.
En fait, cela va probablement vous faire sourire, mais mon salut est venu alors que je désespérais à remettre des visages sur des noms, lorsque je suis allée voir sur internet la couverture du livre (je lisais en numérique).
Ce fut la révélation.
Tout simplement parce que les designers ont eu l’excellente idée de faire de cette couverture une sorte d’affiche victorienne sur laquelle les personnages principaux sont cités avec noms et profession, telle l’annonce d’une pièce de théâtre ou d’un film.
Dès lors, j’ai pu mémoriser les principaux protagonistes et je me suis pleinement glissée dans l’histoire.
Je n’ai pas la suite pas été déçue et je me suis même félicitée d’avoir persévéré.
L’histoire est très fouillée, trop peut-être, mais l’ambiance victorienne est parfaitement dépeinte de la première à la dernière page. Les vampires sont crédibles et s’intègrent bien à l’histoire. Leurs motivations, toutes très complexes, se tiennent, et on suit l’enquête avec une certaine avidité.
Kim Newman a su donner à son roman une ambiance d’époque, y compris dans l’enquête. On trouve des sociétés secrètes, des monstres sanguinaires, des traîtres et des comploteurs. Dans le plus pur style anglais. Dracula se fait discret, c’est une figure citée qui n’est presque jamais présente et dont l’ombre plane tout au ling de l’ouvrage. Un choix judicieux, une manière d’ajouter en finesse une pierre au mythe. La reine Victoria subit le même traitement, ce qui permet d’idéaliser un couple avant de le voir sous son vrai jour et créer un effet de surprise intéressant.
Et franchement, sitôt les difficultés d’appellations surmontées, ce roman est un plaisir à lire. L’auteur a glissé dans ses pages une foule de clin d’oeils empruntés ça et là aux plus grandes oeuvres de la littérature anglaise et vampirique.
Oui, c’est clair, Anno Dracula est un monument de la littérature vampirique, à lire absolument quand on aime la littérature de l’imaginaire.
Et ce que j’ai encore plus apprécié, ce sont les annotations finales. Là où cela m’avait semblé indigeste dans Echopraxie, là l’auteur nous présente chacun de ses emprunt et clin d’oeils, et j’ai à nouveau ressenti l’impression d’avoir eu affaire à des acteurs qui ont joué d’autres rôles dans d’autres oeuvres et/ou d’autres époques.
J’ai donc beaucoup aimé cet univers que je ne regrette pas d’avoir approfondi.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les vampires, les histoires qui revisitent des faits divers réels, et ceux qui ont envie de lire une histoire de vampires qui sort de l’ordinaire. Ceux aussi qui aiment le vieux Londres victorien et les ambiances bien posées.

Les + : Une ambiance bien posée et prenante, un mythe revisité avec beaucoup de réussite puisque tout se tient, un univers travaillé, une galerie de personnages fournies et variés, et une plume délicate qui nous plonge immédiatement au cœur du Londres victorien.

Les – : Beaucoup de personnages et d’informations à ingurgiter en peu de temps au début du roman ce qui peut le rendre difficile d’accès aux lecteurs qui n’ont pas envie de se casser la tête.

Infos pratiques
Poche:
648 pages
Editeur : Le Livre de Poche (16 avril 2014)
Collection : Fantastique
Langue : Français
ISBN-10: 2253177245
ISBN-13: 978-2253177241

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