Archives mensuelles : mars 2016

Blood Wyne, de Yasmine Galenorn

blood wyneBlood Wyne, de Yasmine Galenorn (tome 9 de la série Les Soeurs de la Lune, éditions Milady)

Un tueur en série sévit à Seattle. Très vite, la communauté magique soupçonne un vampire d’être à l’origine des crimes.
C’est une nouvelle affaire pour Menolly, la vampire du trio d’Artigo. Mais l’affaire sera plus compliquée que prévue et pour la résoudre, la jeune femme devra compter sur l’aide de singuliers personnages.

Les soeurs de la lune est une des série de Bit-Lit que je suis depuis le plus longtemps, pour ne pas dire que c’est celle dont je possède le plus d’ouvrages (j’ai lu les 9 premiers tomes d’Anita Blake il y a longtemps, avant de me lasser… et j’attends que Mercy Thompson ait encore quelques tomes de traduits pour afficher un tel score).
Livre après livre, je ne me lasse pas de cette histoire mêlant romance torride et action vitaminée.
Des trois soeurs, la vampire Menolly est celle que j’aime le moins. J’ai l’impression que l’auteure aussi car le traitement qui lui est réservé est, à mon sens, moins bon que celui des deux autres soeurs.
Certes, le personnage du vampire possède la contrainte de ne pouvoir évoluer que la nuit, ce qui oblige l’intrigue à se dérouler en partie pendant ce temps (à l’heure où la majorité des institutions et personnes dorment), mais les soeurs de Menolly, Camille et Delilah, tiennent une grande place dans ce récit, à tel point que j’en suis venue à douter qu’il s’agisse bien d’un tome centré sur Menolly.
Comme on le sait, Yasmine Galenorn a pris le parti d’aborder chaque tome du point de vue de l’une des soeurs, sous forme de roulement, si bien que le même point de vue revient tous les trois tomes (logique). Menolly est celle qui a connu son texte en dernier, et cela s’en ressent dans la qualité de l’intrigue.
Chaque livre s’inscrit dans la trame globale de la série, ce qui fait que quand on a 2/3 des personnages qui évoluent en journée, il est plus délicat de rattacher le personnage qui vit la nuit à cette trame principale. Menolly arrive donc un peu à la marge, et traite des cas de meurtres et de vampires uniquement.
Dans ce 9ème tome, elle fait la connaissance de Roman, l’un des fils de Blood Wyne, la vampire originelle. Tout un programme. Bien qu’intéressante, cette liaison, sortie un peu de nulle part (on n’avait jusqu’alors jamais abordé l’origine des vampires, il me semble, mais je peux me tromper) est trop grosse pour être véritablement crédible.
A vrai dire, ce qui me fatigue un peu dans la série, c’est la multitude d’amants des trois soeurs. A la longue je m’y perds un peu, et j’ai l’impression que tout le monde les veut et personne ne leur résiste. Pourquoi Menolly tirerait-elle son épingle du jeu dans tout le monde des vampires ? Ce n’est pas une ancienne, et elle n’a pas réalisé d’exploit qui mérite que l’on veuille absolument l’épouser pour devenir une Reine.
Il faut noter que le titre laisse plus de place à l’action et contient moins de scènes de sexe que les autres (là encore je pense que c’est parce que ce personnage n’a pas la préférence de l’auteur). C’est un bon point, bien que la résolution de l’intrigue soit décevante.
On ne voyait pas arriver la chute parce qu’il était impossible de la voir avant qu’on nous informe du nom du meurtrier sur un coup de fil.
Je pensais que l’introduction d’un nouveau personnage en début de roman aurait également plus de conséquence sur l’histoire, mais cela n’a servi à rien dans ce tome et il faudra attendre 3 tomes avant de connaître la suite.
Malgré ces défauts, j’ai encore une fois passé un bon moment à lire ce livre.
Le style léger permet de le lire entre deux lectures plus épaisses ou plus grave, pour se divertir après des journées épuisantes. Je le répète à chaque chronique mais cette série ressemble beaucoup à la série Charmed, et les livres se lisent comme on regarderait un épisode de cette série.
Agréable sans être transcendent.
A conseiller si vous avez déjà lu les précédents car malgré la présence d’une liste des personnages principaux (trop imprécise et incomplète à mon goût) et d’un glossaire, vous risquez de vous perdre dans les méandres de l’intrigue et des relations inter-protagonistes.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les précédents tomes, ceux qui aiment les histoires de sorcières, de créatures démoniaques et les intrigues relationnelles.

Les + : Une lecture toujours légère et plaisante, idéal pour se détendre. Un style qui se lit bien, et des personnages attachants.

Les – : Le personnage de Menolly est cependant un peu moins intéressant que les autres et son histoire ne tient pas toujours bien la route. La résolution de l’enquête est trop simple, presque simpliste, et l’introduction en début d’ouvrage d’un nouveau personnage n’apporte rien.

Infos pratiques
Broché: 402 pages
Editeur : Milady; Édition : Milady (21 février 2013)
Collection : Bit-Lit
Langue : Français
ISBN-10: 2811208984
ISBN-13: 978-2811208981

Jour Quatre, de Sarah Lotz

jour quatre sarah lotzJour Quatre, de Sarah Lotz (one shot, éditions Fleuve Editions)

Un paquebot de croisière en pleine mer dans lequel tout va bien.
Jusqu’à ce que…
Qui est cette étrange médium qui prétend faire passer les messages des esprits ? Certains passagers voient-ils vraiment des ombres ? Pourquoi les secours n’arrivent-ils pas ?
Trois jours au paradis. Jour quatre : l’enfer peut commencer.

 

Après la lecture de l’excellent Trois, Sarah Lotz revient avec ce qui ressemble à une suite sans en être une : Jour Quatre.
Effectivement, si la couverture laisse à penser que le livre est une suite directe, ce n’est pas le cas. On trouve une référence aux événements décrits dans Trois dans le livre, mais cela ne constitue pas la trame principale et les lecteurs qui n’ont pas lu Trois peuvent tout à fait lire ce Jour Quatre.
Pour autant, le roman est le fruit d’un même genre de réflexion, et j’ai l’impression que l’affaire de la disparition du vol de la Malaysia Airlines a beaucoup inspiré Sarah Lotz.
A noter que le roman n’est pas présenté comme l’était le précédent. Là où on avait une compilation d’interviews et d’articles, ici nous avons un récit plus traditionnel, écrit à la troisième personne et à l’imparfait/passé simple. Sarah Lotz n’a cependant pas pu s’empêcher de terminer son ouvrage par quelques articles de presse et un document classé « top secret » (je ne vous dis rien, il vous faudra lire).
Que dire, cette introduction faite, de ce livre ?
J’ai beaucoup apprécié sa lecture, au moins autant que celle de Trois.
Sarah Lotz a un don pour s’emparer de faits anodins pouvant être piochés dans l’actualité, et de tisser autour toute une histoire surnaturelle. C’est bien ce qui se passe ici, où l’arrêt brutal d’un gros paquebot de croisière est le prétexte à un récit de plus en plus sombre qui nous entraîne au fond des abysses de l’âme humaine. A première vue et à l’heure du tout connecté, rien de grave à ce qu’un bâtiment soit à l’arrêt total en pleine mer.
Pourtant, dès le départ, on nous prévient que la compagnie en charge du navire, Foveros, n’a pas bonne réputation. Est-ce une raison pour vivre toutes les horreurs qui vont suivre ?
Le livre raconte de manière très crédible ce qu’il pourrait arriver si une telle catastrophe se produisait. On suit la lente descente aux enfers d’un équipage débordé et de passagers irrespectueux. Petit à petit, le récit se fait plus épais, plus sombre. L’étau se resserre sur le lecteur autant que sur les protagonistes. A tous ces détails crédibles, Sarah Lotz ajoute pêle-mêle un meurtre, une épidémie, et la présence d’esprits aux motivations obscures.
Peut-être un peu trop ? Tous ses éléments ne sont pas traité avec autant d’intérêt. Par exemple l’enquête policière est en arrière plan et ne suscite pas beaucoup d’intérêt, tout comme la présence des fantômes, qui reste finalement plutôt décevante. L’auteur a en revanche bien plus insisté sur l’épidémie et ses conséquences.
Bien sûr la présence d’éléments surnaturels dans le roman explique la présence du titre sur le blog.
Malgré tout, la fin laisse à réfléchir. Déception ou coup de génie ? C’est au lecteur de se faire sa propre idée.
En ce qui me concerne, j’oscille entre les deux. L’auteur a fait monter le suspense par une foule de détails croustillants, mais la fin est trop imprécise pour être à la hauteur du reste du texte.
Je n’arrive pas à savoir si j’ai trouvé la fin convaincante ou totalement à côté du reste. Là encore, le débat est lancé.
Néanmoins, j’ai beaucoup aimé ce livre que j’ai dévoré. Le style de Sarah Lotz est très prenant et plonge immédiatement le lecteur dans la touffeur du navire. On ressent l’angoisse, les questionnements, le tout dégouline sur les murs suintant de terreur des passagers.
Embarquez dans un récit palpitant qui vous fera réfléchir, à n’en pas douter. Sarah Lotz signe ici un nouveau titre marquant. Ne passez pas à côté.

 

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires surnaturelles et en huis-clos.

Les + : Un livre accrocheur, au rythme rapide et à l’intrigue prenante qui déroule ses tentacules pour vous entraîner au fonds des abysses de l’âme humaine. Des personnages attachants.

Les – : Une fins originale à double tranchant, en-dessous du niveau du reste du titre.

Infos pratiques
Publication : 10 mars 2016
Editeur : Fleuve Editions
Pages : 460
ISBN : 978-2-265-09803-9

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