Le serment incandescent, tome 1 de Francesca Haig

le serment incandescent

le serment incandescentLe Serment Incandescent, de Francesca Haig (tome 1 de la série Le Serment Incandescent, éditions du Livre de Poche)

400 ans après notre ère, l’humanité a été réduite en cendres par un gigantesque incendie. Les rares survivants ont repeuplé une partie de la planète, mais une chose étrange s’est produite : désormais les femmes enfantent de jumeaux systématiquement. Un garçon et une fille. L’un est un alpha, l’autre un oméga, individu destiné à être rejeté par les siens et à vivre en paria du fait de son apparence souvent amoindrie. Pourtant, quand l’un des jumeaux souffre, l’autre souffre de la même manière. Les deux êtres sont intimement liés à la vie à la mort. Cela n’empêche pas les alpha d’écraser sans vergogne les omégas.
Pourtant, Cass ne pense pas que le monde doit être perçu comme deux clans destinés à s’affronter sans fin. La jeune oméga devra se battre pour faire entendre sa voix contre celle de son jumeau. Les ennemis seront nombreux, particulièrement au sommet de la pyramide.

Je vous avais permis de gagner ce roman à l’occasion d’un concours sur le blog en juin dernier.
J’avais eu très envie de vous le faire gagner en raison de son thème centré autour des jumeaux, qui est un thème qui me tient à coeur (étant moi-même jumelle).
L’idée d’être à ce point lié à son jumeau m’intéressait et j’ai eu très envie de voir ce que l’auteure allait en faire.
Ici les jumeaux grandissent en ennemis dans un monde dominé par une caste, représentant la moitié de la population, qui écrase l’autre moitié jugée plus faible et inutile. C’est l’opposition du bien et du mal, du beau et du laid, de l’utile et de l’inutile, de l’intelligent et du bête… L’ouvrage oscille sans cesse entre ce manichéisme écrasant, au point de laisser apparaître des faiblesses dans son raisonnement.
En effet, cette opression dont sont victimes les omégas fini par ne plus être crédible. Les omégas semblent vive comme au moyen-âge, tandis que les alpha vivent dans une certaine forme d’oppulence. C’est oublier un peu vite qu’un oméga malade entraîne avec lui son jumeau, y compris lorsqu’il meurt.
Dès lors, ne devrait-on pas plutôt prendre soin de ces êtres fragiles au lieu de les expulser dans la misère pour ne plus les voir ?
L’auteure trouve une parade pour essayer de contrer cette faiblesse en proposant un subterfuge de conservation (que je vous laisserait découvrir), mais l’idée me semble un peu simple, voire peu crédible.
De même, je suis sceptique quant au fait que, l’humanité éteinte, il ne reste pratiquement rien de leur civilisation. C’est comme si le monde était subitement revenu au niveau de vie du moyen-âge, sans plus aucun souvenir des connaissances acquises avant cela. On peut penser ce qu’on veut de l’humanité mais je doute qu’une extermination quasi totale ne laisse aucune trace de son savoir.
Tout le texte est parsemé de références aux heures sombres de notre histoire. La décrépitude des corps et la relation que les personnages entretiennent avec le leur, la déshumanisation, la frontière de l’identité. Les personnages traversent beaucoup d’épreuves délicates et encore une fois, pour des omégas, on ne peut que s’en étonner. Chercher à écraser une partie de la population n’est malheureusement pas une nouveauté dans l’histoire de l’humanité, mais ici c’est encore le cas alors que les deux parties sont liées jusqu’à la mort. Ce qui m’a surpris, c’est la violence des alpha à l’égard des omégas, qui n’hésitent plus à franchir les frontières interdites pour parvenir à leurs fins.
Néanmoins les motivations de ces derniers pour choisir leurs victimes et garder un oeil sur la population est astucieuse, et l’ouvrage possède de vraies bonnes idées.
Peut-être n’aurait-il pas fallu que le concept aille aussi loin que lier les jumeaux dans la mort pour le renforcer. Car si on enlève cela, tout le roman se tient.
Alors certes, les jumeaux font toujours beaucoup fantasmer les imaginations fertiles, mais le concept traité dans ce titre reste un peu en-dessous de ce à quoi je m’attendais.
D’autant plus que je me doutais de la révélation finale à peine passé la page 100, ce qui est dommage.
Toutefois, j’ai lu ce roman presque d’un trait, et l’ai refermé en ayant l’impression d’avoir vécu une grande aventure.
Ce livre raconte principalement un voyage, une quête. Il n’y a aucun temps mort et les personnages évoluent de péripétie en péripétie. Il y a beaucoup d’action, ce qui rend le tout très rythmé. Sincèrement, c’est une expérience de lecture haletante, prenante, et même émouvante.
Je n’ai pu m’empêcher, à la lecture du duo, de repenser au duo de héros de la saga Feed, de Mira Grant. Ils sont beaucoup de points commun et j’aime ce genre de duo.
Alors même si quelques éléments sont attendus et que le concept de départ est un peu faible aux entournures, cela ne m’a pas gêné. Le serment incandescent est une très belle découverte dont j’ai hâte de voir la suite. Il reste encore beaucoup de potentiel à exploiter.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires young-adults qui font réfléchir, et les histoires palpitantes.

Les + : De bonnes idées, un duo de personnages principaux attachant, beaucoup d’action et un style fluide et efficace.

Les – : quelques événements attendus et des fragilités dans le concept de base.

Infos pratiques
Pages : 576 pages
Date de parution: 11/05/2016
Langue: Français
EAN / ISBN: 9782253183709

2 commentaires

  • Hello.
    Alors je vais être honnête : j’ai eu beaucoup – beaucoup- de mal à entrer dans l’histoire. Les quelques chapitres du début qui nous expliquent comment le monde en est arrivé là, la Grand Feu, les Terres Brûlées, tout ça, c’était intéressant. Et plutôt perturbant, au passage : je me souviens avoir pensé que ça nous pendait plus ou moins au nez, en ce moment alors qui sait ?… Bref.
    Aucune explication logique à la naissance systématique des jumeaux mais ce n’est pas bien gênant, au fond et au vu de la société qui vit encore dans un temps moyenâgeux, ce n’est pas très surprenant qu’ils n’aient pas encore les connaissances médicales et scientifiques pour l’expliquer. Mais je suis vraiment curieuse sur l’explication de ce phénomène.
    Ce qui m’a passablement dégoûtée de la lecture sont les chapitres qui ont suivi et toute cette description sur l’enfermement de Cass dans les Chambres de la Détention, ses visions de l’île, des cuves, de sa sensation de folie, ses conversations avec le Confesseur. Vraiment, j’ai peiné et même refermé le bouquin, un moment avant de me décider à le rouvrir une nouvelle fois. Si seulement, c’était le seul moment de longueur dans ce bouquin. Désolée de le dire mais je ne l’ai pas vraiment lu d’une traite parce que pour moi -même si je comprends bien que la description des longs voyages fait partie intégrante de l’histoire – la fugue de cass et Kip, puis leur voyage de retour avec Zoe et Piper, sans compter le voyage final en direction de l’ouest… Vraiment, tout ça est trop long et prend une bonne partie du livre.
    Au final, si je les ôte, qu’est-ce qu’il reste : Cass libère Kip, ils s’enfuient, trouvent l’île mais sont attaqués, doivent repartir, retournent sur le continent, déjouent les plans des Alphas (au moins, une partie) et la fin nous laisse un petit suspense qui laisse penser à un tome 2 (je me trompe ?). Bref, en refermant le livre, j’ai plutôt eu l’impression que les personnages tournaient en rond pour revenir à chaque fois au point de départ. Un peu lassant, à force !
    Pourtant, ce roman a de très bons points, je suis d’accord là-dessus. Déjà, l’idée des jumeaux en elle-même est toujours un grand fantasme en littérature et moi-même, j’aime beaucoup ce thème (même si je n’ai pas de jumelle). Le but était prévu, je suppose mais je dois dire que mon grand choc était la description des parents de Cass qui rejettent leurs deux enfants en attendant de savoir lequel il doivent aimer ; j’ai beaucoup de mal à croire en un monde où les parents se séparent sans efforts et sans regrets de leur enfant Oméga et sont même impatients de s’en débarrasser. On nous fait croire que les parents se soucient parfois de l’enfant Oméga dans le seul intérêt de l’enfant Alpha mais là aussi, j’ai du mal à y croire… On ne peut pas donner la vie à deux enfants et n’en aimer qu’un seul, aussi imparfait soit-il. Je suis prête à parier que c’est bien la seule chose que même une catastrophe apocalyptique ne changera pas chez les humains. Je veux dire : même les animaux aiment leurs progéniture inconditionnellement alors quoi ? Les parents Alpha de ce nouveau monde sont moins humains que des bêtes ? Je reste sceptique sur ce point mais c’est un détail.
    Pour ce qui est de la suite, je trouve que l’histoire tenait la route mais j’ai beaucoup apprécié l’intervention de Piper et Zoe qui démontrent justement mon point précédent : ce n’est pas parce que la société leur demande de se détester que des jumeaux vont le faire. J’ai trouvé Zach très caricatural, dans cette histoire : il se fiche pas mal de sa soeur alors qu’elle, l’aime envers et malgré tout. Je trouvais l’association les gentils Oméga contre les méchants Alpha trop facile alors l’apparition de Piper et Zoe était la bienvenue pour instaurer un peu de nuance.
    Pour ce qui est de ce lien qui unit les jumeaux, j’ai d’abord trouvé ça très drôle puisque ça m’a immédiatement rappelé les deux jumeaux dans le film « Hellboy II – Les légions d’or ». L’idée m’a semblé intelligente dans le film et dans ce roman, elle me semblait tout aussi sympa puisque les Alpha sont obligés de prendre soin des Oméga… Eh bien, au temps pour moi ! J’avoue que je ne comprends pas bien cette stratégie Alpha d’exploiter leurs jumeaux alors que si ces derniers souffrent de maux divers, cela les atteint aussi. Est-ce qu’au contraire, cela n’aurait pas dû générer une politique qui force les Alpha à prendre soin de leur jumeaux, comme le père de Cass et Zach avec sa jumelle Alice, au début du roman ?
    On en arrive au nœud de l’histoire et la « solution » trouvée pour libérer les Alphas de leur lien pernicieux avec leurs jumeaux indésirables. Désolée mais j’ai beaucoup de mal à comprendre comment quiconque pourrait accepter ça. Déjà, lire ces passages sur les cuves me mettait extrêment mal à l’aise (c’est le but, j’imagine) mais surtout Cass parle souvent de ce lien avec son jumeau, qui fait qu’elle se sent incomplète sans lui. Je doute qu’elle soit la seule et je comprends mal comment les Alphas peuvent espérer vivre dans un monde où leurs jumeaux Oméga seront « morts » cliniquement parlant.
    Je n’ai pas de jumelle mais il me semble que le lien entre des jumeaux est plus fort que celui entre simples frères et soeurs. Ce qui me fait dire – peut-être à tort – que l’auteure ne doit pas avoir de jumelle non plus : on dirait que les Alphas et les Omégas sont de simples frères et soeurs et non des jumeaux qui ont besoin de ce lien vital entre eux pour survivre.
    Je dois dire que la grande révélation de la fin, je ne l’ai pas vu venir (j’ai bien eu un doute au début du passage mais c’est tout). Je suis restée sans voix tellement ça me semblait aberrant : une jumelle Oméga prête à souffrir au-delà du raisonnable, tout ça pour se venger de son jumeau Alpha… Sans compter qu’en admettant que Kip ait été ce qu’elle décrivait, elle ne s’est guère mieux comportée, de son côté. Cass a l’avantage de ne pas chercher à rendre coup pour coup à son jumeau ; elle l’encourage même à la suivre quand elle doit s’enfuir. Je sais que chaque personne est différente (et donc chaque couple de jumeaux) mais le couple de Kip et sa jumelle m’a laissé très dubitative, je dois dire… Une fois la révélation faite, il me semblait que la fin était évidente !
    Bref, cette lecture est assez mitigée : il y a de bons points, je ne le nie pas et au fond, j’ai adoré le personnage de Kip et ses petites répliques. J’ai également adoré Zoe et j’espère qu’on la retrouvera dans une suite de cette histoire.
    Sur ce, je me félicite d’ores et déjà pour avoir évité un point Godwin qui, pourtant, crève l’écran ^^

    Lise

    Aimé par 1 personne

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