Archives mensuelles : août 2016

La mémoire d’une autre, de Mélanie Rose

la memoire dune autreLa mémoire d’une autre, de Mélanie Rose (one shot, éditions Archi Poche)

Une jeune femme dans une voiture remplie de bagages et d’un chat, une tempête de neige, un accident… Et c’est ainsi qu’on se réveille avec plus aucun souvenir.
Qui est-elle ? Que faisait-elle sur la route ? Où est son chat ?
Recueillie dans une étrange famille, celle qui se fera appeler Kate n’a plus aucune idée de celle qu’elle était avant de se réveiller dans les bras de Vincent, son sauveur.
Quand elle décidera de se faire hypnotiser afin de recouvrer la mémoire, Kate découvrira des choses surprenantes. Au point de remettre en question toute son identité, ainsi que celle de la famille qui l’héberge.

La mémoire d’une autre est le premier livre que je lis, à la fois de cet auteur, mais aussi de cet éditeur. Grand bien a pris à la personne qui me l’a offert comme une découverte (elle se reconnaîtra), car j’ai passé un très agréable moment à le lire.
Ce livre est une histoire en quasi huis-clos puisqu’elle se déroule globalement dans un manoir et une ferme, où secrets de famille et histoires paranormales se croisent. Ce roman est bien écrit, la plume de Mélanie Rose nous transporte dès les premières lignes, et retranscrit avec beaucoup d’émotions les troubles qui traversent les différents protagonistes. Je me suis très vite laissée prendre au jeu du personnage principal, une jeune femme attachante et pleine de vie. Il y a dans cette histoire suffisamment de petits détails pour nous tenir en haleine, et alors que je commençais à me dire que le rythme s’essoufflait, une révélation arrivait pour remettre du piment dans le scénario.
Le roman a la saveur d’un feuilleton de l’après-midi. Ni trop léger ni trop profond, il m’a permis de m’évader avec plaisir dans un lieu chaleureux et mystérieux. Si certaines ficelles apparaissent assez vite, d’autres en revanche sont plus fines et méritent la lecture entière du livre.
Je me suis attachée à tous les personnages pour des raisons très diverses ce qui est assez rare pour être souligné.
Le seul bémol que je soulèverais concerne l’arc narratif final, qui intervient après les séances d’hypnoses. J’ai trouvé sa révélation plutôt soudaine et apportée de manière plus brutale que le reste des éléments distillés dans le reste du roman. Certains éléments sont un peu faibles pour expliquer des choses jusqu’alors inexplicables.
Mais l’ensemble passe quand même très bien et la conclusion de l’ouvrage satisfera sans doute tous les lecteurs.
Un très bon moment, agréable, entre deux lectures plus graves. Même si l’ambiance générale du roman est plutôt glacée, puisque l’histoire se déroule en hiver en Angleterre, c’est typiquement le genre de livre agréable à lire durant l’été qui arrive.
Si vous aimez les jolies romances où le mystère et l’enquête se mêlent et sont même davantage dans l’intrigue, procurez vous ce roman.
Il ne fait aucun doute que je vais m’intéresser de plus près à cet auteur et cet éditeur.

Pour qui : Les lecteurs qui ont envie d’une belle lecture dans laquelle se plonger un moment, une histoire légère et intrigante, des personnages attachants et des surprises.

Les + : Des personnages attachants, particulièrement l’héroïne, une histoire plutôt bien construite, agréable à lire et à retrouver le soir après le travail.

Les – : Les révélations finales sont amenées de manière un peu plus brutale que le reste des révélations du livre et certains points sont un peu faibles pour justifier l’ensemble.

Infos pratiques
Poche: 400 pages
Editeur : Archipoche (6 novembre 2013)
Collection : Roman étranger
Langue : Français
ISBN-10: 2352875528
ISBN-13: 978-2352875529

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Apostasie, de Vincent Tassy

apostasieApostasie, de Vincent Tassy (one shot, éditions du Chat Noir)

Anthelme est fatigué du monde. C’est pourquoi il se réfugie dans une forêt, loin de tout, et vit de peu de choses. Son quotidien est rythmé par les livres, qu’il dévore sans modération. Il est bien connu à la bibliothèque du village voisin.
Jusqu’au jour où, à l’occasion d’une nouvelle visite dans ce lieu d’évasion, Anthelme fait la connaissance d’un mystérieux homme qui lui annonce qu’il le cherchait… depuis trois ans !
Quelqu’un souhaite le rencontrer pour lui raconter l’histoire la plus fabuleuse de sa vie.
Qui sera justement une histoire de mort.
Hanté par l’image d’une jeune princesse nommée Apostasie, Anthelme ne connaîtra plus la paix avant de l’avoir retrouvée.

Ce premier roman de Vincent Tassy arrive comme une bombe dans le milieu des publications imaginaires. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas lu de roman de ce genre, depuis la regrettée maison Nuit D’Avril, pour tout vous dire.
En effet, Apostasie est un conte gothique, mélancolique et macabre, au doux parfum de spleen et servi sur un plateau en os.
Apostasie est une princesse perdue dont l’ombre plane au-dessus du roman tout le long. Le roman, une fois terminé, fait l’effet d’un parfum capiteux qui flotterait dans l’air longtemps après que son porteur soit parti.
C’est un titre qui vous prend, vous entraîne, avec son style chargé et suranné, dans les méandres d’un monde à la fois merveilleux et terrifiant.
Ce qui est déroutant, c’est que l’intrigue nous entraîne dans un univers totalement hors du temps. Cependant, vers la fin du livre, Vincent Tassy place son intrigue en France.
Ainsi, le livre oscille constamment entre l’onirisme et la réalité. Les personnages de Vincent Tassy vont et viennent comme des esprits torturés. Car torturés, ils le sont. Au point de faire vivre au lecteur une large palette d’émotion, allant du malaise à la tristesse, car on s’attache à ses âmes maudites.
Anthelme est une victime malgré lui. Victime de créatures aux desseins qui le dépassent. La plume de Vincent Tassy l’anime comme une marionnette et le rend terriblement émouvant. Quant à Apostasie, c’est un peu la Godot de Beckett. On l’attend tout le long du texte. Car Apostasie n’est pas vraiment une présence physique. Pour moi, c’est une présence qui hante le récit jusque dans son coeur. Lorsque l’on s’arrête sur la définition du mot dans la langue française, on voit qu’il signifie globalement le fait d’abandonner aux choses que l’on croit, de renoncer.
N’est-ce pas le coeur de l’ouvrage ? N’est-ce pas l’histoire d’un renoncement ? Le titre du roman, qui de prime abord peut sembler étrange quand on voit la place concrète du personnage éponyme dans le récit, est en fait totalement justifié. C’est même un titre extrêmement bien choisi car il est à l’image du roman : subtil.
Finalement, on découvre un récit d’une incroyable poésie, emplit de métaphores, d’images oniriques, d’âmes torturées et de mélancolie.
Rien de très joyeux ne sort d’Apostasie. Le récit est sombre, gothique, ténébreux. En cela il rappelle les débuts de Sire Cédric et notamment sont Angemort. Une telle plume manquait dans mon paysage.
Une belle découverte. Je me demande ce que pourra écrire Vincent Tassy après cette entrée fracassante dans le paysage français. Une chose est sûre : la barre est placée très très haute, pour le plus grand plaisir des lecteurs conquis, dont je fais déjà partie.

Pour qui : les lecteurs en quête de récit sombre, d’une plume poétique, de personnages mélancolique et gothique.

Les + : Une plume envoûtante, mélancolique, poétique, au service d’un conte gothique sombre et tragique.

Les – : Les qualité de ce livre sont également ses défauts. Le livre ne pourra pas plaire au plus grand nombre.

Infos pratiques
Broché: 334 pages
Editeur : Editions du Chat Noir (31 mars 2016)
Collection : Griffe sombre
Langue : Français
ISBN-10: 2375680022
ISBN-13: 978-2375680025

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