Sword Art Online, Aincrad, de Reki Kawahara et abec

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sword-art-online-aincradAincrad, de Reki Kawahara et abec (tome 1 de la série Sword Art Online, éditions Ofelbe)

En 2024, un jeu vidéo révolutionne le monde. Il s’agit de Sword Art Online, un jeu immersif dans lequel les joueurs se plongent corps et âme, littéralement.
En effet, pour jouer, il faut se coiffer d’un casque qui branche le cerveau du joueur dans l’environnement du jeu.
Alors que ce dernier est officiellement lancé et que 10 000 participants impatients sont connectés, tout bascule. Le créateur du jeu leur annonce qu’ils ne peuvent plus se déconnecter, et qu’ils ne sortiront que lorsqu’ils auront termin le jeu.
Avant cela, toute mort de leur personnage sera définitive, et ils mourront également dans la vraie vie.
Pris au piège, les joueurs n’auront d’autre choix que de survivre dans le virtuel s’ils veulent retourner un jour dans le monde réel.

Quand les éditions Ofelbe m’ont proposé la lecture du premier tome de cette série, je ne savais pas à quoi m’attendre, n’étant absolument pas fan de manga.
L’ouvrage était présenté comme une sorte d’hybride, un manga écrit comme un roman, et qui pouvait parler aussi bien aux initiés qu’aux novices.
L’idée de départ, celle d’adolescents coincés dans un jeu vidéo, m’a séduite au point de tenter l’expérience.
Sword Art Online est ce que j’appellerais un roman illustré. En effet, le début et la fin de l’ouvrage contiennent plusieurs pages glacées d’illustrations en couleurs. Des illustrations au style très manga mais très jolies. On comprend vite qu’elles mettent l’accent sur des passages des histoires qu’on va suivre.
En effet, ce premier tome est composé de histoires : une principale qui se déroule sur la moitié du titre, et 3 plus petites.
Le reste du livre est parsemé d’images en noir et blanc illustrant les scènes en cours de lecture.
Premièrement, j’ai trouvé ces illustrations en noir et bien très bien placées. Elles arrivent à des moments stratégiques qui donnent un relief supplémentaire aux actions qu’elles mettent en scène. Cela crée donc à la fois de la surprise mais un effet « waou » toujours renouvelé, et cela à chaque fois.
Au sujet de l’histoire, l’idée de base, que je trouvais bonne, a été un peu écornée lorsque le méchant du roman (le créateur du jeu), explique ses méfaits par le simple fait… qu’il en avait envie. En d’autres termes, il condamne à une mort potentielle  10 000 joueurs, juste parce qu’il voulait voir ce que ça ferait. Voilà voilà…
Passé ce démarrage un peu bancal, le reste de l’histoire est immersive et prenante. Elle m’a même donné envie de découvrir ce genre de jeu, que je ne connais que de nom.
L’histoire entre Kirito et Asuna est plutôt mignonne, bien que rapide. Elle saura trouver son public auprès d’adolescents qui comprendront bien comment ce type d’aventure pourra arriver dans un univers virtuel. Et malgré quelques incohérences (les personnages virtuels ont des réactions et des actions très humaines) le roman est globalement très prenant. L’écriture est fluide et rythmée par de nombreux petits chapitres très dynamiques et plein de rebondissements.
En revanche, j’ai relevé quelques points que j’ai trouvé dommage dans les différentes histoires proposées.
Tout d’abord, si l’on prend les choses dans leur globalité, j’ai trouvé ça extrêmement dommage d’avoir en premier lieu l’histoire de Kirito et Asuna du début à la fin. Il y avait selon moi, un potentiel énorme qui ne sera jamais exploité du fait de la fin de cette première histoire.
En effet, on nous explique au début de la première histoire, Aincrad, que les joueurs doivent arriver au niveau 100 de la tour, et vaincre le boss final pour retourner à la vie réelle. Or, quand l’histoire commence, les joueurs en sont déjà au niveau 74. Ce qui laisse encore de quoi étirer l’histoire sur 25 niveaux et j’imaginais que c’était ce que l’auteur comptait faire (il me semble avoir vu qu’au moins 4 tomes, tous aussi volumineux, sont déjà sortis chez cet éditeur). Pourtant, il n’en est rien, et durant les 250 pages de la première histoire de ce premier tome, on connait la fin du monde et son dénouement. Le reste des petites histoires se passent dans le monde, rétrospectivement, et du point de vue d’autres personnages.
Pour ma part, cela me déçoit dans la mesure où, quoi que l’on puisse me dire ensuite, je sais déjà ce qui va arriver à l’univers de Sword Art Online, et surtout ce qui ne lui arrivera pas.
Ensuite, puisque ma base est ce que l’on m’a appris dans cette première aventure, je n’ai pu m’empêcher de penser que l’auteur a modulé son univers pour coller à ses autres histoires, par la suite. On découvre ainsi des lieux importants dont on ne nous avait jamais parlé auparavant, quand bien même ils sont situés à côté d’un bâtiment dominant de la première histoire, ou des pouvoirs et des coutumes qui semblent apparaître pour coller au scénario d’une autre histoire… Bref, j’ai moins accroché à la seconde partie du livre, qui bien que plaisante à lire, était bien plus faible dans ses scénarii.
Enfin, le traitement des personnages féminins m’a quelque peu déçu. Je ne fais pas attention à ce genre de chose, habituellement, mais j’ai été obligée de constater deux défauts, ici :
– Premièrement : Asuna, qui était la fille la plus forte et la plus appréciée du jeu, laisse tout tomber pour devenir femme au foyer lorsqu’elle entame une relation avec Kirito. Au lieu de continuer à se battre et à faire de ce couple un duo redoutable, Asuna se laisse dicter sa conduite par un Kirito qui exige qu’elle reste chez elle pour être à l’abri, et ne touchera presque plus les armes. Pas terrible.
– Secondement : toutes les filles qui croisent le chemin de Kirito sont amoureuses de lui, comme si ce dernier dégageait un charme tel qu’elles seraient toutes prêtes à s’oublier pour un baiser de sa part.
Cela est moins flagrant dans la dernière histoire « Le Renne au nez rouge » et avec le personnage de Sachi, encore que quelques éléments peuvent sembler ambigus.
La domination de Kirito sur les femmes m’a donc surprise et laissé un petit goût d’ « ancien ». En effet il me semble que les personnages féminins modernes ne se laissent plus traiter de cette façon, et cela fait du bien.
J’ai été un peu peinée d’assister à l’enfermement dans une case de ces personnages au potentiel pourtant certain.A part ces quelques points, ma lecture a été un agréable moment. La plume de l’auteur est prenante, immersive, et les illustrations fort sympathiques, placées aux bons moments, pour créer une expérience de lecture originale et captivante.

Pour qui : les lecteurs qui ont envie de se plonger dans un univers palpitant, immersif, et complètement virtuel.

Les + : une écriture fluide et immersive, des personnages intéressants, un concept qui change de ce que l’on a l’habitude de lire aussi bien sur le fond que sur la forme, beaucoup de potentiel.

Les – : Le traitement des personnages féminin manque de modernité, les motivations du « grand méchant » sont bancales, et je regrette d’avoir connu l’essentiel du monde dès la première histoire.

Infos pratiques
Édition : Ofelbe
Prix : 19,90 €
ISBN : 978-2-3730-2000-7
Pages : 514 pages
Date de parution : 12 mars 2015

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