Rouge Vertical, de Pierre Léauté

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rouge-vertical-les-temps-assassinsRouge Vertical, de Pierre Léauté (tome 1 de la trilogie Les Temps Assassins, éditions Le Peuple de Mü)

Charlotte Backson a eu de multiples noms au cours de sa vie. Dans notre univers, la plupart la connaissent sans doute sous celle de Milady de Winter.
Or, ce n’est que ce que l’Histoire a bien voulu nous dire. Car ce qu’elle ne nous dit pas, c’est que Charlotte a mené bien des vies, et continue encore aujourd’hui.
En effet, Charlotte est immortelle. Chacune de ses morts la voit revivre dans une autre fractale du temps. Condamnée à porter les crimes dont elle s’est rendue coupable, mais aussi dont elle a été victime, Charlotte découvre que les enjeux sont énormes dans les arcanes du temps, et qu’elle devra rapidement choisir dans quel camp elle veut évoluer. Pour le meilleur et pour le pire.

Je découvre la plume de Pierre Léauté grâce à ce titre et aux éditions du Peuple de Mü, que je remercie à la fois pour la découverte, mais aussi pour la création d’un si bel objet.
En effet, avant d’entrer dans le vif du sujet, je me dois de vous dire que le livre en lui-même est une perle qui ravira tous les lecteurs fans de beaux objets. Que vous aimiez ou non le contenu de ce livre, l’expérience de lecture est hyper agréable grâce à la couverture épaisse, son format relié à dos rond et cousu, ses dorures et sa couverture en relief.
On peut dire que « j’ai kiffé ma race » à lire ce titre. J’aimerais vraiment en posséder plus dans ce genre. Que le texte soit volumineux ou non, c’est un plaisir et la couverture rigide permet de lire dans beaucoup de positions (les grands lecteurs me comprendront). Bref, rien que pour l’objet en lui-même, le roman vaut le détour.
Pourquoi parlais-je au-dessus du fait que le livre peut être aussi agréable à lire avec plus ou moins de pages ? Parce que c’est peut-être le nombre de pages qui m’a le plus frustré dans cette lecture.
J’ai beaucoup apprécié la plume de l’auteur, ainsi que l’histoire. Reprendre le personnage de Charlotte Backson, plus connue sous le nom de Milady de Winter est une bonne idée qui m’a permis d’apprendre plein de choses (je suis allée vérifier ensuite sur Wikipedia car je connaissais mal le personnage).
L’histoire est racontée tel un témoignage à la première personne, à la manière d’un Kushiel. On a un personnage féminin très fort qui n’hésite pas à user de stratégie pour parvenir à ses fins.
Or, ce qui m’a manqué, ce sont vraiment des pages en plus. Je sors de ma lecture du premier tome d’Imriel (chronique à venir), où le principe est le même. Mais la différence entre Imriel et Charlotte Backson, c’est qu’Imriel ne passe quasiment au-dessus d’aucun des événements qui lui arrive. Certes l’histoire est plus complexe (955 pages, tout de même), mais on ne balaie quasiment aucune péripétie.
Dans Rouge Vertical, Charlotte passe outre beaucoup d’éléments de sa vie, notamment au début. Ce qui est dommage, car entrer en profondeur dans ses agissements (ceux que l’on connait à travers l’histoire d’Alexandre Dumas, entre autres) aurait apporté beaucoup de profondeur à l’histoire et au personnage. On aurait mieux compris ses réactions, et elle m’aurait semblé plus proche. Je regrette donc que l’auteur n’ai pas choisi de faire le double de pages, qu’il ait peut-être hésité à entrer dans le détail de certains passages ou certaines relations. Car finalement ici, qu’il s’agisse de Charlotte Backson ou d’une autre héroïne à l’identité totalement différente, cela n’aurait probablement pas changé grand chose. Il m’a manqué du contenu.
J’adore les détails.
Mais comme il en manque ici à mon goût, l’histoire donne l’impression d’être parfois survolée, comme si l’auteur appuyait sur le bouton « accélérer », et que j’avais vu défiler rapidement les images d’actions sur lesquelles j’aurais beaucoup aimé m’arrêter. La relation entre Charlotte et Edmond, par exemple, aurait méritée d’être davantage approfondie pour expliquer l’intensité de sa volonté à se venger (car en l’état, elle n’est l’affaire que de quelques pages, guère plus que lorsqu’elle aborde les histoires de ses premiers maris qu’elle n’aimait pas).
A part cela, l’auteur a su créer un univers unique et sympathique, où les lignes du temps s’entremêlent dans une palpitante uchronie. L’histoire réécrite ici est faite avec des connaissances, et tisse la toile d’une intrigue encore plus prenante dans la suite. Pierre Léauté a su recréer un ordre avec ses codes et ses coutumes. Il sera intéressant d’en apprendre plus dans le tome suivant.
Enfin, je tire mon chapeau à l’auteur pour ne pas être tombé dans le piège du raccourci : immortel = vampire, et d’avoir proposé une autre interprétation.
Une lecture qui esquisse les contours d’un univers intéressant et bien construit dont la suite, Les Uchronautes, laisse présager de folles aventures temporelles. Un futur plaisir à ne pas manquer.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les personnages féminin de caractère, les uchronies, et les voyages dans le temps.

Les + : de bonnes idées, un ordre intéressant à découvrir et des personnages singuliers.

Les – : Les évènements relatés passent parfois trop vite, ce qui nous empêche de connaître les faits et les personnages en profondeur. Des pages supplémentaires auraient été les bienvenues.

Infos pratiques
ISBN papier : 979-10-92961-57-7
ISBN numérique : 979-10-92961-58-4
Illustrations : Naïky (Fanny Liabeuf)
Nombre de pages (papier) : 400
Dépôt légal : septembre 2016

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