Archives mensuelles : novembre 2016

Elia, la passeuse d’Ames, de Marie Vareille

elia-la-passeuse-d-amesElia, la passeuse d’Ames, de Marie Vareille (tome 1 de la série Passeuse d’Ames, éditions Pocket Jeunesse)

La jeune Elia, issue de la plus noble caste de Tasma, a un problème : elle est rousse. Elle a très tôt appris à dissimuler cette particularité aux yeux des autres. En effet, cette couleur de cheveux est très rare et synonyme de malheur.
Aussi Elia passe-t-elle beaucoup de temps seule. Quand elle n’est pas à l’école où elle apprend la médecine, c’est une Passeuse d’Ame qui aide les nobles devenus inutiles à la société à mourir.
Un jour, on amène dans sa salle un jeune homme condamné à mort. Sans trop savoir pourquoi, Elia va l’épargner.
Ce sera le début de la chute, sa descente aux enfers.
Pour survivre à cette bonne action, Elia va devoir abandonner sa vie, sa famille, sa caste… et tout ce qu’elle croyait être. Elle découvrira alors un monde totalement différent et une étrange prophétie qui pourrait bien bouleverser le cours du monde tout entier.

Après avoir publié deux comédies romantiques, Marie Vareille s’attaque au champ de la littérature jeunesse avec ce premier tome de La Passeuse d’Ames.
Il s’agit pour ma part de ma première lecture de cette auteure. Pour avoir lu une de ses interviews, j’ai appris que cette série est souvent comparée à de grands noms tels que Hunger Games de Suzanne Collins, ou Divergeante de Veronica Roth. Deux grandes séries que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, même si c’est en projet, mais dont je connais les grandes lignes grâce aux médias et à la sortie des films éponymes.
A la lecture, j’ai très bien compris pourquoi ces titres revenaient pour parler de La Passeuse d’Ames. Car Elia, La Passeuse d’Ames reprend beaucoup des codes créés par ces deux figures de proue de la dystrophie Young Adulte.
En effet, nous avons affaire à un monde organisé selon des castes d’humains : une caste de nobles, une caste de marchands, et une caste d’esclaves dont on pense qu’ils peuvent être contagieux. Comme on s’en doute, ce monde organisé et géré par des personnages qui ont une haute estime d’eux-mêmes va être totalement bouleversé par le bas. C’est en effet par la caste des esclaves que va venir « la révolte ».
L’héroïne a la particularité d’être rousse, ce qui est un défaut physique discriminant. C’est intéressant car assez peu lu ailleurs. Cela l’oblige à porter en permanence un foulard sur ses cheveux.
A ce propos je tiens à noter que j’ai été déçue que cette donnée n’apparaisse pas sur la couverture où on nous montre une rousse flamboyante et guerrière aux cheveux lâchés : cela ne se produit jamais dans le livre. Cette scène n’existe pas. Mais l’éditeur a dû estimer qu’une jeune fille rousse avec un foulard sur la tête serait moins vendeur qu’une chevelure imposante volant au vent (dans l’ouvrage Elia passe le plus clair de son temps les cheveux rasés ou très courts du fait d’une jeune repousse). J’avais noté un décalage similaire sur la couverture du livre Alice au pays des morts-vivants et cela me désole toujours.
Du reste, les personnes qui gravitent autour d’Elia sont plutôt classiques : un jeune garçon secrètement amoureux, un guerrier fort et sans peur, une espionne agile et manipulatrice, un tyran, des parents absents…
Le livre est bien écrit. Le style est soigné et plaisant à lire. On tourne les pages agréablement de chapitre en chapitre. Ces derniers sont courts, entrecoupés parfois de morceaux de documents qui apportent de l’information supplémentaire sur le monde de Tasma. On y apprend la fin de l’humanité et la manière dont le monde s’est reconstruit.
Ce qui ressort de la lecture est le manque d’originalité dans le titre. Certes bien écrit, il reprend néanmoins tout ce qui a bien fonctionné dans les grandes sagas du genre. Un peu comme il y a eu une vague directement inspirée de Tolkien après l’explosion de la fantasy, on retrouve dans ce livre tout ce qui a fait le succès des premières grandes sagas. Sans avoir lu ces deux séries, tous les ingrédients que je connais sont présents dans Elia, La Passeuse d’Ames.
A ce propos, le côté « Passeuse d’Ames » aurait mérité d’être plus développé et d’avoir plus d’impact. Cela sera peut-être étoffé dans la série, de manière à donner à ce pouvoir une vraie utilité. Pour l’heure, cela n’en avait pas beaucoup, ce qui est dommage puisque le titre insiste précisément sur ce point.
Dernier point que j’ai trouvé un peu évident, c’est la prophétie. Là encore nous avons un ingrédient très classique, ultra-utilisé dans les grandes sagas jeunesse. J’aurais aimé avoir plus de surprise et d’originalité dans cet ouvrage.
A défaut de m’emporter, Elia, La Passeuse d’Ames aura toutefois réussi à éveiller ma curiosité au sujet de Marie Vareille, et me donner envie de découvrir ses autres titres. Peut-être ces derniers seront-ils plus frappés de sa marque personnelle que ce texte Young Adult.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les mondes dystociques et les histoires dans la droite ligne des grandes sagas du genre.

Les + : Un style fluide, agréable à lire et rapide.

Les – : Une histoire qui manque d’originalité par rapport aux grandes séries du genre. La représentation de l’héroïne sur la couverture qui ne correspond pas à la réalité du roman.

Infos pratiques
Broché: 320 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (4 mai 2016)
Langue : Français
ISBN-10: 2266264443
ISBN-13: 978-2266264440

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Lignes de vie, de Graham Joyce

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Lignes de vie, de Graham Joyce (one shot, éditions Bragelonne)

ROMAN COUP DE COEUR

La petite ville de Coventry, en Angleterre, a été durement frappée par un bombardement dans la nuit du 14 au 15 novembre 1940. Ses habitants essaient de reconstruire autant la commune que leurs vies, certains y parviennent mieux que d’autres.
Nous sommes à quelques années de la guerre. C’est l’époque où les gens recommencent à se projeter, à inventer, à espérer.
Sur les marches d’une église, une jeune femme de 22 ans s’apprête à abandonner son enfant.
Pour la seconde fois.

Cette première lecture de Graham Joyce n’est pas prête de s’effacer de ma mémoire. Ce roman est l’un de ceux auxquels vous ne vous attendez pas, et qui vous emporte avec lui.
Au départ, on ne voit pas très bien ce que vient faire un tel texte chez Bragelonne. Et puis, au fil des pages, on se dit que, quand même, c’est Bragelonne, il faut bien qu’il y ait du… mais… attendez ?
Hé oui, le fantastique vient prendre place dans un récit ancré fermement dans la réalité.
Ici l’histoire se déroule peu après la seconde guerre mondiale, à Coventry.
J’ai beau être intéressée par cette période, je ne connaissais pas l’épisode du bombardement de cette petite ville anglaise. Graham Joyce parvient à nous apprendre des choses, le tout dans une ambiance émouvante et prenante. On est dans la vie de ces personnages atypiques sans tomber dans le cliché des fermiers de campagne. Chacune des situation est émouvante, et on a même une pointe de comique introduite par un personnage qui ne finit jamais ses phrases.
Le style est immersif, juste, sans fioritures. Graham Joyce n’ensevelit pas son texte sous des tonnes de descriptions inutiles : il va droit au but et fait mouche à chaque fois. Si bien qu’on ne se perd ni ne s’ennuie jamais. Le roman passe vite, et la lecture oblige le lecteur à se poser des questions pendant le cheminement de l’intrigue.
Ce sont des Lignes de vie singulières que nous présente l’auteur, et qui auraient pu exister.
J’ai personnellement beaucoup aimé le personnage de Cassie. Émouvante, torturée, est-elle folle ou victime de choses qui la dépassent ?
Le récit oscille entre le fantastique et la folie. Quel crédit accorder aux personnages ?
Le personnage de Frank est aussi très attachant. Tout comme sa mère, il est une sorte de marionnette incapable de prendre sa vie en main du fait de sa jeunesse. Cela nous le rend particulièrement attachant.
Pour résumer, j’ai tout aimé dans ce livre. Et en plus, ce qui ne gâche rien, cette histoire continue d’occuper mon esprit. C’est le signe d’une histoire qui marque, d’une histoire que je n’oublierai pas. D’un coup de coeur.

Pour qui : Les lecteurs qui cherchent une histoire originale, poignante, émouvante, et historique.

Les – : C’est un coup de coeur, je n’en ai pas trouvé.

Infos pratiques
Broché: 354 pages
Editeur : Bragelonne (25 août 2005)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10: 2915549362
ISBN-13: 978-2915549362

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