Harry Potter et l’enfant maudit, de J.K Rowling

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harry_potter_et_l_enfant_maudit Harry Potter et l’enfant Maudit, de J.K Rowling, John Tiffany et Jack Thorne (one shot, éditions Gallimard)

Harry Potter a désormais quarante ans, est marié et père. Sans doute la mission la plus difficile de sa vie.
Albus, son plus grand fils, supporte mal cette condition et souhaite s’émanciper du poids de l’histoire familiale. Il pense que pour se hisser à la hauteur de son père, il devra accomplir lui aussi un acte de bravoure.
Certains événements du passé ne sont toujours pas enterrés. Alors quand le père de Cédric Digori vient voir Harry pour lui demander de faire revenir son fils grâce à un retourneur de temps, Albus y voit l’occasion rêvée de parvenir à ses fins.
Mais jouer avec le temps n’est pas sans conséquences, l’intrépide Potter l’apprend à ses dépends.

Le monde entier attendait depuis des années la sortie d’un nouveau titre à se mettre sous la dent. En tant que fan de l’univers magique et de ses habitants, c’est très logiquement que je me suis jetée sur ce nouvel opus avec avidité.
Souvent présenté à tort comme « le huitième tome de la série », ce Harry Potter et l’enfant Maudit est en fait le script d’une pièce de théâtre créée et jouée à Londres depuis Juillet 2016. Cet ouvrage réuni le script des deux parties de la pièce. Il ne faut donc pas s’attendre à un roman classique comme nous avons pu en dévorer dans les précédentes sorties.
Comme je le disais, dans la mesure où la trame narrative d’Harry Potter est achevée, on ne peut pas considérer cette pièce de théâtre comme une suite à la série mondialement connue. C’est un nouveau texte, oui, mais pas vraiment une suite. Certes il est fortement conseillé d’avoir lu les 7 romans pour comprendre les subtilités de celui-ci, mais on ne peut pas dire qu’il s’inscrit dans la lignée des précédents.
Au niveau de la forme, pour commencer (pièce de théâtre), mais surtout au niveau du fond.
Je ne sais pas très bien à quoi je m’attendais à la lecture. J’ai fait mon maximum pour ne pas me spoiler l’histoire, et le peu que j’ai réussi à voir n’étaient que des avis « enthousiastes » ou « bouleversés ». Je m’attendais donc à du grandiose, à du prenant, à du dramatique, à du… du… hé bien je ne sais pas trop. De l’inoubliable ?
De ce côté, je n’en ai pas vraiment eu pour mon argent (et ce n’est pas peu dire quand on voit le tarif indécent de ce livre). Je sors de ma lecture plutôt déçue.
Pour commencer, je n’ai jamais été fan de l’épilogue du 7ème tome, dans lequel on voyait un Harry vivant, marié et avec des enfants. Cette pièce de théâtre se passe après et est très centrée autour des valeurs familiales et de l’amitié. Tout tourne autour de la cellule familiale, du poids de l’ascendance, de la difficulté à se construire sois-même quand on a des parents célèbres et vénérés comme des héros. Mais aussi de l’amitié, de la différence, des forces qui nous rapprochent et nous éloignent, et comment un petit élément peut venir remettre en cause tout ce en quoi nous croyons.
Harry Potter et l’Enfant Maudit nous fait recroiser tous les personnages les plus célèbres de la série. Il y en a pour tous les goûts. Mais j’ai été un peu déçue. Je n’ai pas beaucoup aimé les enfants des différents couples Harry/Ginny, Hermine/Ron et Malefoy. En plus, les personnages sont assez superficiels, comme s’il fallait absolument mettre leur nom au casting. J’ai conscience qu’il s’agit d’une pièce et théâtre et qu’à ce titre, le rythme et le contenu se rapprochent plus d’un film de deux heures que d’un roman de 700 pages, mais ici nous avons une concentration exceptionnels de missions/actes et révélations, qui à force d’être à ce point survolés perdent en efficacité.
La pièce contient une vraie révélation, que nous apprenons plutôt dans la dernière partie de la seconde partie. Disons dans le dernier quart de l’histoire. Cette révélation, qui arrive un peu comme un cheveux sur la soupe, m’a laissée de marbre, complètement. Parce que je l’ai trouvée peu crédible, et parce qu’elle avait dans ma bouche un goût de déjà lu. Comme beaucoup des événements de la pièce, finalement.
Beaucoup de choses se déroulent alors qu’elles se sont déjà produites. Une prophétie, un sorcier surpuissant à éliminer… je regrette que J.K Rowling ait battu les mêmes cartes pour produire un nouveau jeu. L’histoire se déroule quinze ans après la fin d’Harry Potter et les reliques de la mort, mais rien ne semble avoir changé. L’histoire se répète. Pour faire plaisir aux nombreux fans, nostalgiques comme moi, plus que pour apporter de la matière en plus à cet univers déjà bien fourni.
Aussi le traitement des personnages m’a un peu peiné. Nous avons un Harry lisse, une Hermione vive mais dans laquelle je n’ai pas retrouvé toute la fougue d’antan, et, pire, un Ron qui passe clairement pour le bouffon de service. La seule évolution revient au personnage de Drago Malefoy que l’on découvre attachant et rempli de failles. Ils ont certes grandit, mais je n’ai pas retrouvé le sel des personnages que j’aimais. Comme si le fait d’être devenus adultes avait brisé leur grain de folie.
Pour résumer j’ai trouvé cette pièce sympathique à lire, c’est un choix risqué mais original que d’avoir décidé de changer de support pour poursuivre l’histoire du plus célèbre sorcier du monde. Cependant, je n’ai pas retrouvé toute la magie de l’univers d’Harry Potter. Les choses sont simples, voire simplistes, rapides, et sans réelle force.
Je pense que je vais malheureusement assez vite oublier cette lecture.

Pour qui : les fans du petit sorcier à la cicatrice liront cet ouvrage avec plaisir, mais pourraient bien être déçus. Ceux qui ne connaissent pas ou n’ont pas tout suivi de ses aventures précédentes risquent de ne pas comprendre toutes les subtilités.

Les + : Le style théâtral change de ce que l’on a l’habitude de lire, c’est un plaisir de revenir dans l’histoire d’Harry. Les dialogues sont sympathiques à lire et le texte accompagné de nombreux détails qui nous aident à visualiser les scènes.

Les – : Beaucoup de « fan service ». Des personnages présents pour faire plaisir et sans réel intérêt, les bases de l’histoire sont un peu faibles, simples, et les quelques révélations sans grand impact. Beaucoup de survol.  Les auteurs ont peut-être vus un peu grand pour ce format ?

Infos pratiques
Broché: 352 pages
Editeur : Gallimard Jeunesse (14 octobre 2016)
Collection : ROMANS ADO
Langue : Français
ISBN-10: 2075074208
ISBN-13: 978-2075074209

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