Archives mensuelles : janvier 2017

Terre, de David Brin

terre-david-brinTerre, de David Brin (one shot, éditions Milady)

Un scientifique manipule des singularités lorsqu’il se rend compte que l’une d’elle a pris place au centre de la Terre et est en train de la dévorer de l’intérieur.
Dans l’ombre, scientifiques et astronautes vont devoir s’allier avec un ultime objectif : sauver le monde.

Lorsque j’ai lu Terre, je cherchais un livre de SF tel que je me les représente habituellement : un gros pavé plein de termes scientifiques et de problèmes à l’échelle interplanétaire, dans un futur où la technologie est bien plus avancée que la nôtre, mais sans que cela ne soit incompréhensible.
Avec Terre, j’ai presque eu tout ça, mais mon sentiment général est plutôt mitigé.
Pour la quantité de texte à lire, le moins qu’on puisse dire est que j’ai été servie puisque sur ma liseuse le texte faisait 735 pages. Notez qu’en plus de l’histoire, vous avez un glossaire, une longue post-face et une nouvelle se déroulant dans l’univers du roman.
Niveau termes scientifiques, j’ai été servie également. On a affaire à des thermes et théories scientifiques intéressantes qui crédibilisent énormément le titre.
Pour l’échelle interplanétaire c’est un peu raté dans le sens où le roman a pour thème central la planète Terre, ce n’est donc pas grave puisque c’est justifié par l’histoire.
Enfin, niveau technologie avancée dans le futur, on y est également. L’auteur a choisi de faire se dérouler l’histoire aux alentours de 2050 (le texte a été publié dans les années 90 ce qui le rendait plus loin de l’époque qu’il décrivait, mais avec 20 ans de plus il n’a pas pris une ride, au contraire).
Si, comme on peut le voir, ce roman a tout pour plaire, pourquoi suis-je sortie de ma lecture à ce point mitigée ?
Parce que si tous les ingrédients sont présents, l’auteur a parfois un peu abusé de ces mêmes ingrédients.
Le plus flagrant est qu’en terminant ma lecture, je me suis dit que « je n’avais pas tout compris ». Ce qui est embêtant quand on vient de passer plusieurs semaines sur un texte.
Quand, dans la post-face, l’auteur explique qu’il est astrophysicien, cela a pris tout son sens.
En fait, ce qu’il m’a été difficile à comprendre, c’était toutes les informations implicites que contenait le livre. On est ici proche de la hard-fiction tant les problématiques et les réflexions sont complexes. Lire Terre, c’était un peu comme assister au dîner d’une corporation de professionnels aux tournures jargonneuses et aux blagues hermétiques pour quiconque ne vient pas du milieu.
Je suis donc restée en dehors. Il m’est souvent arrivé de ne pas voir où était le problème, le mal, ce que les personnages sous-entendaient ou voulaient dire. Simplement parce que je ne suis pas du milieu de l’astrophysique, ou peut-être pas assez fine et réfléchie. Toujours est-il que cela a créé chez moi une grande frustration. J’ai lu des passages entiers sans comprendre grand chose, au points que j’ai éprouvé de l’ennui à certains moment.
Autant certains passages de réflexion philosophico-scientifiques étaient passionnants, et j’aurais aimé être présente pour discuter avec les personnages, autant certains passages me sont restés totalement fermés.
En cela, Terre n’est pas un ouvrage accessible. On voit dans la post-face que l’auteur s’est fait plaisir. Mais en oubliant sans doute le lecteur, qui lui n’a pas le passif de David Brin.
Côté personnages, ils sont très nombreux et il faut faire preuve de concentration pour ne pas perdre le fil. Malgré cela, l’ouvrage contient des personnages forts, attachants, comme Theresa qui a eu dès le début toute mon affection.
Alex Lustig est lui aussi un personnage intéressant, j’aurais aimé que son quotidien me soit plus accessible, notamment au sujet des singularités qu’il crée. Les éléments mathématiques et scientifiques induits par sa fonction m’ont laissé à l’extérieur de l’histoire, si bien que je n’ai pas saisi la portée « géniale » de ses actes. Dommage.
Le scénario s’est reproduit plusieurs fois. Je voulais aimer les personnages, mais ils me sont restés inaccessibles.
Ce que j’ai apprécié malgré tout, c’est la volonté de l’auteur de nous rendre son approche crédible. Pour cela, bien que la technologie soit plus évoluée que la nôtre, elle n’est pas totalement loufoque. Idem pour la situation de la planète. D’ailleurs, avec vingt ans de plus, le texte semble encore plus réaliste. L’auteur laisse à voir plusieurs théories sur la surpopulation, et nous livre régulièrement des extraits de documents émanant de son monde qui font réfléchir.
Et vous savez que j’aime réfléchir en lisant.
J’ai donc beaucoup apprécié ces interventions qui viennent considérablement enrichir l’univers du roman.
Je regrette vraiment qu’une partie de ce titre me soit restée fermée car Terre a pourtant tout pour plaire. Partez à l’aventure si vous pensez pouvoir apprivoiser ce texte, sinon il vous faudra sans doute passer votre chemin. Le volume du livre pouvant dissuader les moins préparés pour ce voyage complexe.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment la SF compliquée et complexe, et qui cherchent un très gros livre dans lequel se plonger. Il vous faudra une grande concentration pour l’apprivoiser complètement.

Les + : Beaucoup de réflexions intéressantes, des pistes explorées et une belle fin. Il y a vraiment matière à produire une belle oeuvre.

Les – : Malheureusement, cet épais volume est bien trop complexe pour qu’on n’en sorte pas complètement lessivé. De nombreux passages me sont restés inaccessibles et je me suis parfois ennuyée. Trop compliqué, trop de sous-entendus, trop destiné à un public aux connaissances pointues dans le domaine de l’astro-physique.

Infos pratiques
Poche: 919 pages
Editeur : Milady (22 janvier 2016)
Collection : SCIENCE-FICTION
Langue : Français
ISBN-10: 2811216480
ISBN-13: 978-2811216481

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