Lilliputia, de Xavier Mauméjean

lilliputiaLilliputia, de Xavier Mauméjean (one shot, éditions du Livre de Poche)

États-Unis, début des années 1900, les parcs d’attractions ont le vent en poupe. Les visiteurs se pressent pour venir se divertir au milieu d’attractions extraordinaires et d’humains originaux ou monstrueux. Parmi les parcs se trouve Dreamland, et son village Lilliputia, où vivent des nains enrôlés pour leur perfection anatomique (comprendre « sans difformité »). Ce village aux proportions adaptées à la population propose tout ce que l’on peut trouver dans la vie des « Grands », y compris une caserne de pompiers destinée à éteindre les différents incendies programmés afin de mettre du piment dans la journée des visiteurs.
Parmi les « petits » recrutés de force pour servir d’attraction se trouve le jeune Elcana, au potentiel indéniable. Ce polonais s’imposera rapidement comme une personne à part dans ce monde de petits. Un « Grand » qui pourrait libérer l’ensemble des lilliputiens de leur destin de servitude.

Il s’agit du premier texte que je lis de cet auteur dont j’ai déjà entendu parler sans jamais me pencher vraiment sur ses textes.
Lilliputia m’a attiré pour l’ambiance qu’il semblait dégager, et finalement c’est probablement aussi pour cette raison que je suis restée.
Le roman nous plonge au début du XXème siècle, à Coney Island, entre réalité et fiction autour du thème des parcs d’attractions. Je suis assez fan de ces parcs (surtout pour leur ambiance) et n’ai pas été déçue par ce roman immersif à la plume juste et toujours bien placée.
Le personnage d’Elcana, qu’on nous présente grâce à plusieurs générations d’ascendants sans que je n’ai réellement vu l’intérêt, ressemble à un Hobbit doté d’une grande destinée mais qui l’ignore, et doit partir du jour au lendemain vivre une aventure.
En réalité ce roman mélange plusieurs mythes, dont celui de Prométhée. L’auteur fait de nombreux clins d’oeil à cette figure, notamment par le feu, le foie, la force « titanesque » d’Elcana et bien sûr dans la fin du roman, que l’on pourrait interpréter de plusieurs façons.
D’autres références parsèment subtilement l’ouvrage, si bien que je les aies senties sans les voir vraiment puisque je ne les possédais pas toutes.
Il faut dire que les éléments sont très nombreux dans ce récit riche. La galerie de personnages est extrêmement fournie et fait la part belle aussi bien aux vivants qu’aux morts, dont la figure de Sebastian s’érige en dieu suprême.
Globalement j’ai beaucoup aimé l’ambiance, comme j’ai dit. On se trouve assez vite plongé au coeur de ce début de siècle et de Deamland. En revanche, j’ai quelques fois été perdue dans des actions que je ne comprenais pas toujours, et ennuyée par certains passages un peu longs. Le titre est volumineux, et à mon avis on aurait pu y opérer quelques coupes sans que cela ne soit trop gênant. L’auteur remonte parfois très loin dans le temps pour en venir à parler d’un phénomène qui occupe l’instant présent. De même, j’ai regretté le manque d’un fil conducteur, une trame, telle une quête ou un objectif. Car le but final arrive tardivement dans l’histoire et on se demande avant où tout cela va nous mener. La lecture donne l’impression d’avancer au jour le jour sans trop savoir où l’on va et j’aurais aimé que les choses soient un peu plus claires, plus rapidement.
Mis a part cela, la plume de Xavier Mauméjean est agréable à lire, teintée du style de l’époque qu’elle décrit. Cette faculté aide à nous mettre dans l’ambiance. Les personnages sont attachants ou détestables, quoi qu’il en soit ils ne laissent pas indifférents. Loin d’être trop nombreux, ils illustrent le fourmillement des âmes qui peuplent ce gigantesque univers de petits.
La preuve s’il en fallait une, que dans la vie tout n’est pas qu’une question de taille !

Pour qui : les lecteurs qui aiment les livres à ambiance, les histoires de début de siècle et les parcs d’attraction.

Les + : Une ambiance immersive, véritable force du roman. Une galerie de personnage travaillée et fournie, une plume qui sert admirablement cette grande histoire de petits.

Les – : Des passages parfois très longs pour expliquer un événement présent, et des actions dont je n’ai pas toujours bien compris le cheminement. Je regrette également aussi le fait que les liliputiens n’aient pas plus « subis » leur environnement, c’est à dire que quand on est petit mais que tout est à l’échelle, cette particularité n’a plus de sens.

Infos pratiques
Pages :
672 pages
Date de parution:
18/05/2016
EAN / ISBN:
9782253083085

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