Underground, de S.L Grey

Underground, de S.L Grey (one shot, Fleuve éditions)

Un promoteur un peu fêlé décide un jour de construire des appartements… en sous-sol, afin d’y accueillir de riches familles survivalistes.
En effet, de nombreux américains sont prêts à dépenser une fortune pour habiter sous terre à la moindre menace.
Cette menace ne tardera pas à faire surface à travers une mystérieuse pandémie.
Réfugiés sous terre, la vie s’organise. Après les présentations d’usages, chacun va devoir apprendre à cohabiter en dépit des différences de cultures et de modes de vie.
Sauf que, très vite, les ennuis commencent. Et pas des moindres : le promoteur est retrouvé mort dans une salle obscure. Des traces de pas constituent le seul indice capable d’en dire plus sur ce qui s’est passé. Mais alors que tous sont terrifiés à l’idée d’avoir un tueur parmi eux, le pire arrive : avec cette mort, ils se retrouvent vite enfermés sous terre.
Avec un meurtrier.
Bienvenue sous terre, dans le bien nommé Sanctuaire.

Underground est un thriller survivaliste, un brin SF, que vous allez dévorer avec avidité et angoisse.
En effet, le livre s’ouvre sur une maquette en coupe de la construction souterraine. Ainsi le lecteur est-il aussitôt dans l’ambiance. On ne peut que constater que le bâtiment s’enfonce profondément sous la terre.
Les choses pourraient ne pas être très angoissante si l’auteur n’était pas capable de restituer l’oppression du béton et la claustrophobie de la profondeur.
Heureusement pour le lecteur, cette ambiance angoissante est très bien amenée, si bien que l’on se sent constamment écrasé par le poids de la terre au-dessus et autour de nous.
On se sent vite prisonnier avec cette bande de fous que sont les différents protagonistes.
En effet, S.L Grey a décidé de faire cohabiter des personnages qui n’ont rien à  voir les uns avec les autres. Qu’ils soient très croyants, racistes, bourgeois, venus par choix ou de force, ils vont tous devoir se supporter.
Le scénario est finement taillé, si bien que la tension va crescendo. Si au départ on peut penser qu’il ne se passe pas grand-chose (le prologue présente en effet une scène capitale, puis le livre prend son temps pour revenir dessus), lorsque les éléments commencent à dégénérer ils ne font pas semblant. L’auteur maîtrise sa formule et la mayonnaise prend petit à petit.
Le récit est un récit choral et se déroule à travers les yeux de plusieurs protagonistes. Ils sont si nombreux que j’avoue avoir eu un peu de mal à me repérer au début, mais j’ai fini par visualiser tout le monde au bout de quelques dizaines de pages. L’auteur alterne les points de vues en « je » et en « il/elle ». Je n’y ai pas vu beaucoup d’intérêt, tout aurait aussi bien pu être dans un style ou dans l’autre.
A mesure que le lecteur avance dans l’histoire, les soupçons se portent sur un peu tous les personnages. Car oui, même si l’histoire met du temps à se dérouler (il ne s’agit vraiment pas d’un livre d’action), on a la réponse à toutes les questions posées dans le titre. J’ai eu peur que ce ne soit pas le cas, mais si. Ouf !
On progresse, on angoisse, et j’ai plusieurs fois retenu mon souffle sans m’en apercevoir. Lire ce livre le soir dans la pénombre ne pourra qu’augmenter votre immersion et votre angoisse. Les descriptions sont nombreuses et réalistes. Bref, on s’y croirait !
Les nombreux retournements de situation parviennent à réveiller ce titre qui aurait pu être mou sans quelques effets de surprises. Si bien que lorsqu’on ferme le livre, c’est un peu comme si les lumières se rallumaient après un film. On peut enfin souffler et relâcher tout l’air contenu dans nos poumons.
Ce livre pose d’ailleurs la question du survivalisme, et le tourne légèrement en dérision. Les gens prêts à s’enterrer à la moindre alerte ne se ruent-ils pas dans leur propre tombeau ? Peut-on réellement penser à tout lorsque l’on s’enferme dans un bunker avec la ferme intention de ne plus en sortir ? Combien de temps peut-on tenir à cohabiter avec des individus qui nous hérissent le poil ?
Autant de questions que pose ce roman prenant et surprenant.
Mon seul bémol tient dans la fin, qui si elle boucle la boucle, m’a déplu dans le message qu’elle véhicule. J’ignore si ce message est une volonté de l’auteur afin d’engager le débat ou une mauvaise interprétation de ma part, toujours est-il que cette fin (que je ne vais pas vous spoiler, vous jugerez par vous-même et nous pouvons en discuter dans les commentaires de cet article) m’a arraché un froncement de sourcils.
A part cela, j’ai apprécié cette immersion dans l’univers paranoïaque des survivalistes, ce qui a renforcé ma conviction que l’on n’est jamais aussi bien qu’à l’air libre.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires stressantes et qui véhiculent des émotions fortes.

Les + : une galerie de personnages variée et travaillée, des descriptions immersives à travers une plume efficace et angoissante, des idées originales et crédibles.

Les – : la résolution de l’affaire ne m’a pas plue dans le message qu’elle véhicule.

Infos pratiques
Traduit par : Michel PAGEL
Pages : 400
ISBN : 9782265098824

Lien vers la fiche du livre Underground sur le site de Fleuve Editions.

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