Winter People, de Jennifer McMahon

Winter People, de Jennifer McMahon (one shot, éditions du Livre de Poche)

En 1908, une femme est retrouvée assassinée, écorchée vive. On prétend qu’elle n’a pas supporté la perte de sa petite fille, survenue un peu plus tôt.
De nos jours, la mère de Ruthie et Fawn disparaît mystérieusement, et Katherine cherche à connaître les circonstances de la mort de son mari il y a quelques semaines.
Ces phénomènes étranges semblent tous liés à un lieu nommé « La main du diable ». Pas de chance pour Ruthie et sa soeur : c’est là qu’elles habitent.
Elles devront prendre leur courage à deux mains pour partir à la recherche de leur mère, et trouver les terribles réponses qui hantent ces lieux maudits.
On les dit habités par des « dormeurs », des fantômes coincés sur terre à la suite d’un meurtre. Aussi connus sous le nom de « Gens de l’hiver ».

Par bien des aspects, ce roman rappelle Conversion, que j’ai lu il y a quelques mois. On y retrouve une écriture aux points de vues et aux époques multiples, mêlant l’histoire de jeunes filles et de pouvoirs occultes.
Il est question ici de fantômes et non de sorcières. Le roman pose des questions intimes au sujet de la mort et de ce que nous serions prêts à faire pour passer quelques jours de plus auprès de gens décédés.
Les choses prennent du temps à se mettre en place, peut-être un peu trop. Durant les trois premiers quart du roman on se demande comment les trois histoires vont se rejoindre, et surtout quand.
Les mystères émaillent le récit et m’ont tenu en haleine. Petit à petit l’intrigue s’enfonce dans la noirceur, et on sent que les personnages peuvent basculer dans l’horreur à tout moment. L’ambiance s’étire, puis se tend, quelle que soit la période.
J’ai apprécié le montage façon « journal », c’est original et intéressant. Ainsi la curiosité est toujours éveillée.
Même si un adulte fait partie des victimes, la figure de l’enfant est la plus présente. En cela Winter People m’a aussi fait penser à La Mémoire d’Une Autre, déjà chroniqué sur ce blog. La lecture est un peu dure par moment, en cela que l’on touche à l’amour maternel et à la mort de petits enfants.
Mais le parallèle avec notre époque est intéressant, et on tourne les pages du livre rapidement et avec avidité.
Les personnages sont intéressants bien que Tantine soit le cliché de la sorcière chamane. Même en 1908 je doute que beaucoup de gens vivaient ainsi. De même, j’émets quelques réserves sur la crédibilité de la vie de Ruthie et Fawn, loin de tout et sans technologie. Pourquoi pas, certes, mais cela arrange bien le scénario. On a ici une histoire de femmes. Les personnages sont quasi exclusivement féminin et les hommes n’ont qu’une place mineure (quand ils ne sont pas morts).
Ce que je n’ai pas compris, en revanche, c’est le désir de l’éditeur de garder le titre anglais. En effet, on ne parle jamais de « Winter People », et finalement qu’une ou deux fois de « gens de l’hiver ». Cette thématique, qui donne pourtant son titre au livre, est sous-exploitée et très peu abordée. Le titre donne donc une grande importance à un détail sans grand intérêt. Après tout, le lecteur retiendra surtout qu’il s’agit de fantômes, et pas de « gens de l’hiver ». A noter que la saison n’a même pas de lien avec la saisonnalité de l’affaire, on parle juste « d’hiver » à cause du côté froid. Mais on aurait pu donner les noms de « glace » ou de « neige » pour avoir le même effet.
Cela peut donc brouiller l’idée que l’on se fait du livre avant de le lire.
Mais ne nous y trompons pas : ce livre est bouleversant. Il ma d’ailleurs fallu le laisser « reposer » après la lecture avant de pouvoir faire cette chronique.
Le livre n’est pas très épais, à peine 400 pages, mais il est fort. Très fort. Plus fort que Conversion. Cependant, le motif de toute cette histoire m’a un peu déçu, je m’attendais à mieux ou plus grandiose. C’est la raison pour laquelle ce roman n’est pas un coup de coeur. Il ne manquait pas grand chose, mais un petit plus qui aurait achevé d’exploser en un feu d’artifice éblouissant. Les possibilités ne manquent pas lorsqu’il s’agit de secrets de famille, pour autant la voie choisie par Jennifer McMahon manquait d’un petit quelque chose.
Quoi qu’il en soit, cette lecture m’a donné envie de m’intéresser aux autres titres de cette auteurs sachant allier fantastique et thriller avec beaucoup de talent.

Pour qui : il est probable que ce titre plaira d’avantage au lectorat féminin que masculin en raison de la galerie de personnages hyper féminine et le manque de figures masculines. Les lecteurs qui aiment les histoires de fantômes et les thriller fantastiques à travers le temps.

Les + : Une force d’écriture dans la plume, la manière de présenter le livre comprenant des pages de « journal », une ambiance bien amenée et des thèmes traités de manière grave et forte.

Les – : Le personnage de Tantine manque d’épaisseur et est un archétype de la sorcière chamane, les explications finales manquent de force pour m’emballer totalement.

Infos pratiques
Date de parution : 01/02/2017
Pages : 400
Collection : Ldp Imaginaire
ISBN : 2253182931

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Un commentaire

  • Je l’ai lu dans sa version des Editions Robert Laffont, sous le titre « Les visiteurs de l’autre rive », qui est plus adapté que le titre anglais je trouve.
    C’est vrai qu’il y avait matière à donner plus d’envergure à Tantine, mais malgré ça j’ai passé un très bon moment avec ce roman, et n’ai pas vu tourner les pages, comme toi ! Merci pour cette très chouette chronique 😉

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