Archives mensuelles : juin 2017

La révolte des omégas, de Francesca Haig

La révolte des omégas, de Francesca Haig (tome 2 de la série Le Serment Incandescent, Le livre de Poche)

Après les terribles épreuves de la forêt et de l’île, Cass s’est enrôlée dans la Résistence. Elle est de plus en plus convaincue qu’un autre futur est possible : celui où Alpha et Oméga vivront en paix et en harmonie. Mieux : il n’y aura plus d’alpha et d’oméga, juste des individus libres et égaux. Utopiste ?
C’est pourtant avec des idées de ce genre que le monde avance.
Entourée des jumeaux Zoe et Piper, Cass devra panser ses blessures, oublier Kip, et aller de l’avant. Sauf que pour avancer, elle n’aura pas d’autre choix que de se plonger dans le passé.

J’avais beaucoup aimé le premier tome Le Serment Incandescent , et espérais lire rapidement la suite. Je vous le dis tout de suite : cette suite m’a autant plus que le premier tome.
On y retrouve en effet les protagonistes du premier opus et l’auteur parvient à nous recontextualiser assez rapidement le fil des événements. Ainsi, même si le temps a passé et que j’ai lu bien d’autres livres depuis le premier, j’ai pu me replonger en quelques pages dans ce qui s’était passé avant.
Francesca Haig poursuit le développement de son univers post-apocalyptique et on en apprend plus sur la vie des humains après le grand feu (on comprend qu’il s’agit d’un feu nucléaire). Les révélations faites dans ce tome sont crédibles et inattendues. C’est un plaisir que de suivre les aventures de Cass, un personnage que j’aime particulièrement. Je l’ai déjà dit dans ma chronique du premier tome mais je vais le redire car c’est encore vrai ici : elle me fait beaucoup penser à l’héroïne de Feed, de Mira Grant. Son caractère indépendant, sa capacité à prendre les choses sur elle, une sorte d’innocence perdue qu’elle doit supporter malgré elle sans faillir. Une héroïne forte et marquante. Le poids des épreuves qu’elle endure se fait sentir de pages et pages et la gravité du roman va crescendo. Les scènes s’enchaînent avec fluidité. L’ensemble est très visuel et fait penser à un jeu vidéo où les méchants apparaissent par séquences avant de disparaître sans que l’on n’ait rien pu faire, pour revenir plus tard.
Les idées développées dans ce tome sont prenantes, à tel point que j’ai lu ce roman d’un trait. Impossible de le lâcher une fois dedans, tant ce concept de jumeaux liés à la vie à la mort me plait.
Ce que je déplore, en revanche, c’est la facilité du destin par moment. Les personnages semblent avec la chance de leur côté, quitte à ce que cela gâche un peu le suspense (je pense notamment à une scène de bataille). Aussi, je me suis posée la question de la langue et de sa compréhension lorsque les personnages trouvent des documents anciens. Mis a part un vocabulaire inconnu (et pour cause : les choses dont il est fait mention n’existent plus), les personnages n’ont pas l’air d’avoir de problème pour comprendre ce qui est écrit. Or, je me suis dit qu’en 400 ans, non seulement une langue évolue (pourriez-vous lire du français manuscrit des années 1600 et tout comprendre, vous ?), mais en plus rien ne prouve que les nouveaux humains, les Surfaciens, aient parlé la même langue que leurs ancêtres. J’aurais trouvé intéressant que cette question du déchiffrage se pose. Certes cela aurait considérablement rallongé l’ouvrage (on ne peut pas traduire une langue inconnue du jour au lendemain), mais aurait été à mon avis très intéressant. Car en l’état, cela m’a donné l’impression évoquée ci-dessus à savoir que le hasard est généreux avec nos héros.
Mis a part ce fait, je me suis attachée aux personnages et me suis surprise à éprouver à peu près tous les sentiments possibles pour eux. On frissonne, on a peur, on est triste… leur sort ne peut pas laisser le lecteur indifférent.
Et la fin de l’ouvrage non plus, prometteuse d’une suite toute aussi passionnante. J’ai déjà hâte.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de jumeaux et qui ont lu le premier tome. Ceux qui cherchent une histoire originale et jamais lue, les personnages forts.

Les + : Un style immersif, des personnages attachants, une suite à la hauteur du premier tome et une fin qui donne envie de lire le tome suivant.

Les – : le hasard est un peu trop généreux avec les héros et je me suis posée des questions au sujet des différents langages utilisés.

Infos pratiques
Pages : 416 pages
Date de parution: 12/04/2017
EAN / ISBN: 9782253183716

Sword Art Online Alicization Beginning, de Reki Kawahara et abec

Sword Art Online Alicization Beginning, de Reki Kawahara & abec (tome 5 de la série Sword Art Online, éditions Ofelbe)

Kirito pensait en avoir terminé avec les mondes virtuels suite à son retour dans la vie réelle après l’épisode Aincrad. Mais un jour, alors qu’il se trouvait dans la rue avec sa petite amie Asuna, il se fait sauvagement agresser, et sombre dans le coma. A son réveil, il s’aperçoit qu’il se trouve dans un environnement inconnu, probablement une réalité virtuelle. Cependant, ce qu’il va vivre va bouleverser sa conception des réalités et aller au-delà de tout ce qu’il a connu.
Mais est-il en train de rêver ? Et si oui, qui tire les ficelles ? Dans quel but ?

Bien qu’étant estampillé « numéro 5 » de la série, Sword Art Online Alicization Beginning est le second roman que je lis de la série. Il s’agit d’un nouvel arc narratif dans l’univers de la saga et, je dois le dire tout de suite : cela n’a pas gêne ma lecture. Ce roman se lit tout à fait de manière indépendante, car même s’il est parfait fait référence à des éléments de ce que l’on devine être les précédents opus, cela n’empêche pas de tout comprendre. Si vous avez lu Sword Art Online Aincrad, cela suffit très bien à comprendre l’ensemble de ce tome-ci.
Ce numéro 5 est-il cependant aussi bon que le premier ?
Hé bien oui.
Je me demandais ce qu’il y aurait encore à dire sur les univers virtuels mais cet Alicization Beginning a parfaitement réussi à trouver une histoire passionnante à nous raconter.
Plus complexe que le premier tome, nous avons ici un récit à multiples voix et univers. Le tout étant extrêmement bien ficelé, j’ai pris plaisir à aller de découverte en découverte à coups de « Ha ouiii !  » intérieurs.
L’auteur va ici plus loin que dans son premier roman où il nous présentait un monde virtuel peuplé d’humains emprisonnés et de PNJ. Dans Alicization Beginning, Reki Kawahara creuse son concept d’intelligence artificielle et propose de longs moments d’échanges entre les personnages, prétexte à discuter de la technologie et des questions éthique qu’elle pourrait poser. Nous sommes en 2026 au Japon, ce qui en fait un récit placé dans un futur proche. Pourtant, la technologie sur les intelligences artificielles et les réalités virtuelles est extrêmement avancée. Ce que cela soulève est intéressant et outre certains passages un peu technique qui ont échappés à mon entière compréhension, j’ai apprécié me poser des questions sur la capacité humaine à reproduire des humains virtuels. Comme vous le savez sans doute j’aime beaucoup quand mes lectures m’apprennent des choses ou m’amènent à me poser des questions. C’est le cas ici pour ce qui est de se poser des questions.
Le tout avec une intrigue en puzzle drôlement bien ficelée, où l’on se demande comment les choses vont se mettre en place, et elles y parviennent de manière très convaincante. Une fois encore le volume est épais, ce qui laisse le temps à l’auteur et l’illustrateur de développer l’environnement en profondeur. J’ai là encore beaucoup apprécié me promener dans ce monde virtuel qui m’a véritablement donné envie de me mettre au MMORPG (ce qui n’est pas mon style de jeux habituel) et de posséder un belle épée. Il y a d’excellentes idées dans ce titre et j’ai été particulièrement emballée par ce qui tourne autour du nom du roman « Alicization ». J’ai trouvé cela très bien pensé !
Kirito et Asuna sont des personnages attachants, plus matures dans ce cinquième opus qu’ils ne l’étaient dans le premier et cette évolution rend leurs péripéties encore plus graves. Si certaines préoccupations des personnages font encore très enfantines, après-tout il s’agit d’un roman jeunesse, les grandes lignes de l’ouvrage peuvent être lues par des adultes. On sent que l’auteur s’est fait plaisir à développer sa saga, y ajouter des intrigues complexes et à mener le lecteur sur des pistes encore inexplorées.
Sword Art Online est résolument ma série préférée parue aux éditions Ofelbe, parmi celles qu’il m’a été permis de découvrir.
Enfin, à noter, et ce n’est pas rien, que les superbes illustrations d’abec parsèment encore ce récit avec beaucoup de justesse et de finesse. Moi qui suis moins attirée par l’art du manga ai quand même été touchée par ces dessins en noir et blanc, et les superbes planches en couleur fournies en début et fin d’ouvrage.
Un bon roman, un bel objet, une superbe lecture.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu le premier tome, les enfants et les adultes aussi, les lecteurs qui aiment les romans et pas forcément les manges, ceux qui aiment lire et se poser des questions.

Les + : Un style immersif et fluide, des personnages attachants, des thèmes qui amènent à se poser des questions sur des sujets actuels et intéressants, de très jolis dessins et de superbes planches.

Les – : Certains passages très techniques m’ont parfois perdue dans leur longueur et leur complexité.

Infos pratiques
Broché: 572 pages
Editeur : Ofelbe (23 février 2017)
Collection : HORS COLLECTION
Langue : Français
ISBN-10: 237302022X
ISBN-13: 978-2373020229

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