Archives mensuelles : juillet 2017

Coeurs Artificiel, de Laura Lam

Coeurs Artificiels, de Laura Lam (one shot, éditions du Livre de Poche)

Tila et Taema sont jumelles, anciennes soeurs siamoises séparées depuis une dizaine d’années à qui on a greffé un coeur artificiel.
Elles pensaient être liées depuis toujours, et que rien, pas même un faux coeur, ne pourrait les séparer vraiment.
Sauf qu’un jour, Taema reçoit chez elle sa soeur, paniquée, dont le manteau est ensanglanté. Elle est aussitôt arrêtée pour meurtre.
Taema ne pensait pas qu’il y avait des secrets entre elles, et pourtant… Elle va devoir se lancer dans une incroyable aventure pour découvrir la vérité et sauver celle qu’elle pensait être son double.

Je vous avoue que je n’ai pas vu l’intérêt de baser l’essentiel sur livre sur la notion du coeur artificiel, ce dernier n’apportant pas grand chose à l’histoire, finalement. Il aurait pu s’agir de deux vrais coeurs transplantés sans que cela ne modifie quoi que ce soit, peut-être même que cela aurait pu apporter un plus à l’histoire des jumelles.
Néanmoins, Coeurs Artificiels est un bon roman, une intrigue policière dans un monde futuriste où les évènements s’enchaînent de manière dynamique.
J’ai bien aimé le traitement des deux soeurs. Ce roman choral n’est pas rébarbatif car chacune des deux soeurs apporte quelque chose. Taema narre les éléments de l’histoire, tandis que Tila écrit un journal pour raconter l’histoire des siamoises lorsqu’elles vivaient dans la secte de Mana-Ma.
Ce qui est intelligent, c’est d’avoir noué l’ensemble. Rien n’est laissé au hasard dans le roman et les lecteurs les plus perspicaces pourront sans doute dénouer quelques intrigues avant les personnages.
Quoi qu’il en soit il s’agit d’une lecture palpitante et intéressante, comme toutes celles que j’ai pu lire parue aux éditions du Livre de Poche.
A la différence, peut-être, que ce titre là aborde des sujets plus graves que les autres que j’ai lu. On y parle en effet relation au corps, orientation sexuelle (les deux soeurs avouent être bisexuelles mais finalement les relations entre les personnages restent hétéro, ce qui apparaissait comme une originalité ne s’éloigne donc pas trop des clichés), meurtre, drogue… des sujets qui dénotent par rapport à ce qui se lit habituellement. C’est une bonne chose.
Les héroïnes sont ici âgées de 26 ans et il me semble que c’est un peu plus âgé que ce que l’on peut lire habituellement dans ce genre de littérature. J’ai apprécié la prise de risque avec ce texte osé et un brin complexe qu’il vous faudra lire attentivement pour ne rien laisser échapper.
Il est suffisamment épais pour que l’on s’attache aux personnages. J’ai particulièrement apprécié les deux soeurs, dont je ne saurais dire vers laquelle va ma préférence car elles sont vraiment mise sur un pied d’égalité. Là où l’une n’est pas, elle apparaît tout de même en filigrane, si bien qu’il n’y a pas de déséquilibre et que le lecteur ne peut pas avoir réellement de préférence.
Aussi, l’histoire se déroule dans un environnement futuriste, mais pas trop. On apprend qu’une grande catastrophe a eu lieu à San Francisco des années avant (probablement le fameux « Big One »), et cela a eu des impacts sur la vie de la population. L’auteur nous emmène dans le côté sombre de la ville, là où circule la drogue et où des femmes vendent leurs services. L’ensemble est bien ficelé et crédible. On n’est pas dans le tapage ou le vulgaire. Jamais. Les choses sont dépeintes avec justesse.
On est donc dans de la science fiction, mais pas trop. Les préoccupations des habitants sont à peu près les mêmes que les nôtres et on se projette sans peine dans cet univers.
Un roman qui sort des sentiers battus et que j’ai découvert avec plaisir, mais qui aurait pu être poussé encore plus loin grâce à deux trois éléments pourtant traités.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires qui sortent des sentiers battus, les histoires policières et mystérieuses, les duos de jumeaux.

Les + : une histoire originale avec plein de bonnes idées. Une écriture chorale intéressante et jamais lassante, du rythme, des personnages attachants.

Les – : Le livre semble tourner autour des « coeurs artificiels » mais cela n’est pas très utile dans l’histoire. Aussi, certaines thématiques abordées auraient pu être poussées plus loin pour se démarquer complètement des romans actuels.

Infos pratiques
Pages : 504 pages
Date de parution: 14/06/2017
Editeur d’origine: Bragelonne
EAN / ISBN: 9782253132998

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Djinn, La Maudite, de Jean-Louis Fetjaine

Djinn, La Maudite, de Jean-Louis Fetjaine (tome 1 de la série Djinn, Fleuve Editions)

En 1130, dans la princée d’Antioche, la princesse Alix donne naissance à un fils. Problème, ce dernier est un fils illégitime ayant pour père le connétable Renaud Mazoir.
Bien décidée à se débarrasser de l’enfant, Alix souhaite l’éliminer. Mais les choses vont se gâter quand une sorcière jettera un sort au petit pour se venger de la mère.
A moins que ce ne soit la mère elle-même, assoiffée de pouvoir, qui n’en soit la cible.
Alix et Renaud vont se trouver liés sur une terre où le pouvoir est à la fois source de vie et surtout de mort.

Outre la jolie couverture, ce qui m’a attiré vers ce titre est le nom de l’auteur. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire du Jean-Louis Fetjaine et cette éditions chez Fleuve Editions était une occasion de le faire.
J’en suis sortie extrêmement déçue. J’ignore si les autres ouvrages de l’auteur sont du même genre, car ils ont eu un beau succès, mais celui-ci ne me semble pas être le meilleur. Du moins je l’espère.
En effet, cette histoire a tout pour me plaire. Un vent de fantasy, un territoire oriental, deux enfants prometteurs, des complots… et pourtant cela n’a pas fonctionné.
Lors de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec les romans de Jacqueline Carey, notamment sa série Kushiel (même si la trilogie Imriel s’y prêterait mieux). Sauf que là où Jacqueline Carey passait plus de 700 pages à nous raconter les intrigues de ses personnages, Jean-Louis Fetjaine n’en met même pas 300.
C’est bien là le problème. Le résultat est qu’on ne s’attache pas aux personnages, leur destin ne nous fait rien, on les connait à peine, et les arcs narratifs esquissés restent superficiels. La figurine du Djinn, qui donne son nom au roman, n’est pas assez développé. Comme tout dans ce roman.
Le destin des deux enfants est secondaire, voir inintéressant. La soif de pouvoir d’Alix n’est pas flagrante, la destinée de Mazoir ne m’a pas émue… bref je suis complètement passée à côté de ce titre parce que je ne suis pas rentrée dedans.
L’auteur passe beaucoup de temps à nous raconter des batailles qui ne sont pas le plus important du livre. Ou alors dans un cocktail mieux dosé où les intrigues qui découlent de ses batailles sont expliquées plus en profondeur.
Je me suis perdue dans les personnages car ils sont nombreux et là encore assez peu travaillés. Ils semblent parfois arriver comme des cheveux sur la soupe et leurs rôles sont vagues.
J’aurais aimé m’attacher à eux et aimer cette histoire autant que celles de Jacquelines Carey, mais ça n’a pas été le cas. Si l’occasion se présente je lirai un autre ouvrage de cet auteur pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une sorte « d’accident de parcours » avec ce roman. J’ai peut-être commencé par le moins bon. N’hésitez pas à me le faire savoir, si c’est le cas.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les univers orientaux et ne souhaitent pas commencer la lecture d’un roman trop volumineux.

Les + : des idées intéressantes et prometteuses, on sent que l’auteur maîtrise le sujet de l’époque décrite dans le récit.

Les – : tout est trop superficiel, les personnages ne sont pas attachants, les arcs narratifs sous-développés… j’ai eu l’impression que l’auteur voulait prouver qu’il connaissait la période des croisades et c’est tout.

Infos pratiques
Collection : Outrefleuve
Pages : 288
Format : BROCHE
ISBN : 9782265098770

Lien vers la fiche sur le site des éditions Fleuve Editions

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