Archives mensuelles : janvier 2018

L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder

L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder (tome 2 de la série Burton & Swinburne, éditions Bragelonne)

Quand un drôle d’automate est retrouvé seul en plein coeur de Londres, et que son propriétaire est aux abonnés absents, Burton et Swinburne, les deux acolytes, y voient plus qu’un oubli. Pire, il se trouve que des diamants ont été volés dans le secteur de cet automate. Et si tout était lié ?

J’ai sorti ce livre de ma pile à lire profitant des vacances d’hiver pour m’attaquer à cet épais volume aux pages dorées. En effet, je l’ai acheté en 2015 (il y a plus de 2 ans) à l’occasion du mois du cuivre Bragelonne, qui propose chaque année quelques ouvrages de très belle facture pour un prix un peu élevé mais qui se laisse acheter pour peu que l’on aime les beaux objets.
Celui-ci en est un, incontestablement, avec ses coins arrondis, ses pages bordées d’or et son graphisme intérieur. Je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur les ouvrages steampunk du mois du cuivre si vous aimez posséder de tels merveilles.
Mais si la forme vaut le détour, qu’en est-il du fond ? Comme souvent le lecteur un peu faible comme moi se laisse séduire par un emballage sans savoir ce qu’il trouvera au fond du paquet, ce qui, bien souvent, est décevant.
Mais pas ici.
Je ne connaissais ni la plume ni les personnages de Mark Hodder, et j’ai énormément apprécié ma lecture. Bien qu’il s’agisse d’une suite (ce que j’ignorais lors de mon achat) j’ai à peu près tout compris et on n’est pas passé loin du coup de coeur.
L’ambiance steampunk est omniprésente à travers un Londres post-victorien des plus mécaniques, où l’opposition entre les pro mécanismes et les naturalistes est bien présente. Cela donne à « voir » des créations intéressantes et des moyens de locomotion loufoques qui auraient toutes leurs places dans un film. L’ambiance n’était pas sans rappeler les livres de Gayle Carriger et sa série Alexia Tarabotti. A la différence qu’ici nous avons un duo d’enquêteurs.
Ce que j’ai apprécié, c’est aussi de savoir que les personnages présentés dans le romans sont pour la plupart réels. Ils ont existé. On a ainsi une sorte de fan fiction ayant pour protagonistes des figures historiques. Ou une uchronie steampunk, c’est selon. Quoi qu’il en soit l’auteur a mis à la fin de son livre quelques pages pour nous présenter tous ces protagonistes et leur vie réelle par rapport à ce que l’on en voit dans le livre.
Burton, l’explorateur, a un côté aventureux et bourru tout à fait intéressant et qui rend certaines actions crédibles. L’auteur a pu l’étoffer grâce à un background d’aventurier qui influence son présent et permet de créer des liens avec épaisseur.
Swinburne est plus en retrait, ce qui est dommage car j’ai encore plus accroché avec ce personnage aux moeurs légères. Peut-être est-il plus développé dans le premier tome, mais j’aurais aimé entrer d’avantage dans son univers à lui, peuplé de scandaleuses relations et de penchants déviants. Ce n’est pas si courant en littérature de ce genre et je trouvais le parti pris suffisamment rare pour être développé.
Les autres personnages sont nombreux mais pas trop, ce qui fait que l’on ne se perd pas dans cette galerie fournie. Les péripéties des uns et des autres sont faciles à suivre et à comprendre, y compris quand on ne fait que découvrir la série, comme moi.
On notera toutefois le peu de présence de personnages féminins dans cet univers hyper masculin. Il y aurait peut-être des choses à développer de ce côté-là dans les suites.
Quoi qu’il en soit j’ai passé un très bon moment en compagnie de ces personnages hauts en couleurs, dans une ambiance immersive.
Une bonne découverte dont je vais surveiller la publication éventuelle de suites lors des prochains mois du cuivre chez Bragelonne.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment l’univers steampunk, les uchroniques, et les fictions mettant en scène des personnages ayant réellement existé.

Les + : Un splendide objet livre contenant une histoire prenante et immersive, dans un style très anglais.

Les – : La galerie de personnages manque un peu de personnages féminins.

Infos pratiques
Broché: 504 pages
Editeur : Bragelonne (18 février 2015)
Collection : Steampunk
Langue : Français
ISBN-10: 2352948231
ISBN-13: 978-2352948230

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Le territoire des Kroms, d’Emmanuel Ardichvili

Le territoire des Kroms, d’Emmanuel Ardichvili (tome 2 de la série La Tour, éditions Sombres Rets)

Orkann et ses deux amies, Swalee et Ool, retournent voir le Géant Blanc de la Tour. Sur place, ils s’aperçoivent que le géant est gravement malade. Alarmés par les Kroms, les trois amis ne peuvent pas laisser ainsi leur sauveur. C’est courageusement qu’ils vont entreprendre un dangereux voyage jusqu’à une autre Tour, là où ils pensent pouvoir trouver la pièce manquante au puzzle qui remettra le Géant Blanc sur pieds.
Poussés par leur fougue, ils sont loin d’imaginer ce qu’ils croiseront sur leur route.

Le Territoire des Kroms est la suite de La Tour, et second titre de la trilogie du même nom.
On y retrouve tous les personnages du premier tome, qui à nouveau vont vivre des aventures héroïques. Cette suite est plus épaisse que le premier puisqu’elle comporte un peu plus de 200 pages, et c’est avec plaisir que je me suis replongée dans l’univers forestier de ce petit monde.
Néanmoins, ma lecture du premier tome remontant à plus de 2 ans, j’en ai lu des ouvrages entre temps (largement plus d’une centaine), et je dois avouer qu’il m’a manqué des choses dans ce titre pour en apprécier toute l’ampleur. Je me suis trouvée un peu perdue sur qui était qui et les motivations de chacun. Comme je l’avais souligné dans ma chronique de La Tour, le petit monde créé par Emmanuel Ardichvili me faisait penser à celui de Luc Besson et sa série Arthur et les Minimoys. De ce fait, je n’arrivais plus à me souvenir du contexte, Orkann était-il un petit garçon venu sauver un royaume ? Ou est-ce un univers totalement a part ? Vu qu’on a l’impression que tout y est plus grand pour les créatures et personnages que l’on rencontre, est-ce normal ?
Il m’a manqué des éléments pour me remettre tout à fait dans le contexte. Idem en ce qui concerne l’objectif principal qui est de sauver le Géant Blanc. Je n’étais plus très sûre de sa fonction ni de sa place dans l’histoire.
Toutefois, malgré ce léger flou autour du contexte, l’histoire reste compréhensible et appréciable. Ce ne sera pas un coup de coeur comme l’a été Seconde Nature, ma dernière lecture de l’auteur, mais j’ai passé un agréable moment.
La plume d’Emmanuel Ardichvili est toujours aussi sympathique, fluide et agréable.
Un bon petit voyage en territoire étrangers, un peu enfantin, où les valeurs de la nature et de l’amitié sont remises sur le devant de la scène.
Un dépaysement bienvenu au milieu de lectures plus graves.

Pour qui : Même si l’histoire peut se lire indépendamment du premier tome, je conseille quand même d’avoir lu depuis peu le premier, au risque de sentir un manque de contextualisation comme ça a été le cas pour moi.

Les + : on retrouve tous les personnages du premier tome dans cette nouvelle aventure, la plume de l’auteur est toujours aussi agréable et fluide, la couverture colorée fait honneur à l’univers.

Les – : le manque de recontextualisation précise fait que j’ai lu le titre avec des questions restées sans réponses.

Infos pratiques
Pages :
214
Editeur :
Sombres Rets (4 décembre 2017)
Collection :
PIEGES A REVES
ISBN-10:
2918265268
ISBN-13:
978-2918265269

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