Archives mensuelles : mars 2018

115°vers l’épouvante, de Lazare Guillemot

115°vers l’épouvante, de Lazare Guillemot (tome 1 de la saison 1 de la série Les Saisons de l’Étrange, éditions des Moutons Electriques)

Alors que le jeune Billy Babbridge, qui s’est improvisé guide touristique, se promène en compagnie du Père Brosn, ils se font attaquer par un mystérieux batracien venu du ciel. Mirage nuageux ou monstruosité céleste ? Les deux compères, épouvantés, ne devront leur salut qu’à l’apparition salutaire de trois aventuriers américains. Ensemble, ils vont s’embarquer à bord d’une conquête dont l’objectif n’est autre que la sauvegarde de notre monde, pour lui éviter de basculer dans l’horreur.

Lorsque j’ai participé à la campagne de financement participatif pour le lancement des Saisons de l’Etrange, j’avoue ne pas avoir bien saisi le concept.
En effet, la plupart des auteurs des textes réunis ici ne sont plus de ce monde, et je voyais mal comment ils allaient pouvoir former un corpus cohérent. Je ne me suis donc engagée que pour la moitié de la série, soit 3 ouvrages.
A la fin de cette première lecture, j’envisage mieux le concept de ces Saisons, et je regrette de ne pas avoir misé pour l’ensemble de cette première saison.
Ce premier épisode, 115° vers l’épouvante, a en effet été une lecture très sympathique.
Je me suis un peu méfiée du bandeau indiquant « Lovecraft à l’honneur » sur la couverture (Lovecraft est un argument toujours très lucratif, comme en témoigne l’actuelle campagne de financement de l’intégrale de son oeuvre, à laquelle j’ai également contribué). Toutefois il me semble avoir retrouvé un mélange de plusieurs univers oniriques dans ce petit roman qui se lit vite.
Du Lovecraft, peut-être. Je ne suis pas experte. En revanche on retrouve assurément du Lewis Carroll. On y retrouve d’ailleurs quelques allusions ici et là.
L’ambiance générale du livre est onirique, un peu comme le voyage d’Alice au pays des merveilles, on va de péripétie en péripétie, de scène en scène, dans un cheminement extraordinaire menant le lecteur tantôt sur terre et sur mer.
L’ensemble est très visuel, on retrouve un petit épisode très agréable dont l’ambiance n’est pas sans rappeler celle de L’Etrange Cas de L’Homme Mécanique, de par son décor anglais et ses personnages british. On voyage à travers ce texte dynamique où les péripéties ne manquent pas.
Les amateurs de piraterie devraient aussi y trouver leur compte.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, en plus de l’ambiance, est la qualité des idées. Elles y sont riches et originales. Du jamais lu ! Cela devient pour moi de plus en plus difficile de lire des romans qui me font cette impression d’inédit. Quoi qu’il en soit c’est le cas ici, ce qui rend cette petite lecture très rafraichissante.
A la fin de l’épisode, j’entrevois la possibilité de fil rouge de cette saison et j’en trouve le concept d’autant plus intéressant.
Une bonne idée, un bon texte et une belle couverture, de quoi me faire passer un agréable moment de lecture.
Seul bémol à noter et qui me chagrine un peu : un nombre assez conséquent de fautes de frappe et d’orthographe. Il manquait des lettres dans certains mots, et parfois des mots étaient employés à la manière d’autres, comme si un correcteur orthographique c’était permis de remplacer un mot par un autre. Une relecture supplémentaire aurait sans doute permis d’enlever toutes ces petites coquilles.

Pour qui : les lecteurs qui aiment s’évader le temps d’une petite histoire rafraichissante et originale, dans un monde onirique et très visuel.

Les + : beaucoup de bonnes idées et un environnement inédit qui ne donne pas d’impression de « déjà lu », une écriture fluide et un concept global très intéressant.

Les – : Il manque une relecture pour avoir un texte parfait.

Infos pratiques
À paraître le 15 mars 2018
Pages : 208
Dimension : 14 × 18.2 cm
Format : Broché
ISBN : 978-2-36183-442-5

Les vestiges de l’aube, de David Khara

Les vestiges de l’aube, de David Khara (tome 1 de la série Les vestiges de l’aube, éditions 10/18)

New York, de nos jours. Le policier Barry Donovan tente péniblement de se remettre des attentats du 11 septembre, dans lesquels il a perdu sa femme et sa fille, les deux amours de sa vie.
Alors qu’il enquête sur une série de meurtre, Barry commencera à correspondre avec un homme sur internet. Un moyen pour lui de trouver du réconfort et une amitié dans son quotidien solitaire.
Il fait ainsi la connaissance de Werner, un aristocrate cultivé et attachant.
Mais Barry est loin de se douter de ce qui se cache réellement de l’autre côté de l’écran. Une amitié singulière qui pourrait se révéler d’une grande aide, à moins que ce ne soit au contraire une menace.

Les vestiges de l’aube est le tome qui précède Une Nuit Eternelle, roman que j’ai lu et chroniqué en 2014 sans savoir qu’il s’agissait d’une suite. J’ai donc enfin pu lire le premier tome et je n’ai pas été déçue.
Les deux histoires peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre, mais avec ce premier tome, on revient à l’origine du lien entre l’homme et le vampire.
Un vampire peu ordinaire, tant David Khara s’est attaché à aller à l’encontre des clichés que l’on nous sert habituellement dans la littérature de ce genre.
Ici Werner est vieux de corps et d’esprit. On a affaire à une créature qui ne fait fantasmer personne, et qui a roulé sa bosse depuis quelques années.
La force de ce titre, ce n’est pas tant l’enquête policière, qui se résout finalement d’une manière extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste, mais bien le lien d’amitié qui unit les deux protagonistes.
J’ai aimé ressentir la force des échanges entre Werner et Barry. On assiste aux débuts timides, aux échanges puis aux révélations. On tremble en se demandant comment les choses vont évoluer, si la vérité ne va pas faire voler en éclat les belles paroles et les considérations fondées sur de fausses impressions.
Les vestiges de l’aube est avant tout une histoire d’amitié avant d’être un polar. J’ai beaucoup aimé le parti pris de l’auteur. D’une certaine façon, c’est même une histoire d’amour qu’il nous raconte, car le lien entre Werner et Barry est si fort que les passages où Werner racontent peuvent parfois laisser planer le doute.
Je crois sincèrement que Werner éprouve pour Barry des sentiments au-delà de l’amitié, et j’ai apprécié que l’auteur ne nous le dise jamais, comme s’il laissait au lecteur le soin de trancher sur ce qu’il en déduit, par rapport à son propre vécu de l’amitié.
L’ouvrage se lit vite, il n’est pas très épais, mais c’est assez pour entrer dans l’histoire et s’attacher aux personnages. Je ne saurais dire si j’ai le plus apprécié Barry ou Werner. D’ailleurs, comme vous le voyez, je ne parle que d’eux alors qu’il y a d’autres personnages. Toutefois ils prennent tant de place qu’ils en viennent à éclipser les autres.
Pour vous faire une confidence, Werner mis à part, je me suis imaginé les personnages de la série Gotham, série que j’ai commencé à regarder il y a peu. Le duo Barry/Sanderson m’a beaucoup rappelé le duo Gordon/Bullock. Ce qui se confirme dans les agissements.
En bref, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie des personnages de David Khara. Je n’aurais pas dis non à un peu plus de polar car la résolution de l’affaire se fait de manière un peu trop simple à mon goût et je sais que l’auteur peut faire mieux dans ce genre. Néanmoins, l’histoire est compensée sous d’autres aspects.
Un roman à lire comme une preuve que l’on peut écrire sur les vampires sans tomber dans le cliché, le mièvre et le déjà-lu.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires originales, les vampires, et les enquêtes policières.

Les + : l’amitié entre Werner et Barry est un fil conducteur puissant et extrêmement bien écrit, c’est crédible et plein d’émotions. J’ai beaucoup aimé ces deux personnages et leur histoire émouvante.

Les – : Plutôt sur la forme que sur le fond, les longs passages en italique m’ont un peu géné. Vu que cela ne trouve pas de vraie justification (on ne sait pas s’il s’agit d’une écriture dans un carnet, d’un enregistrement audio ou simplement des pensées du personnages) je pense qu’on aurait pu s’en passer. En effet, lire de longs passages en écriture italique me gène, à la longue.

Infos pratiques
Poche: 264 pages
Editeur : 10 X 18 (6 novembre 2014)
Collection : DOMAINE POLICIE
Langue : Français
ISBN-10: 226405641X
ISBN-13: 978-2264056412

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