Archives mensuelles : mai 2018

Quand le danger rôde, de Charlaine Harris – La Communauté du Sud 1

Quand le danger rôde, de Charlaine Harris (tome 1 de la série La Communauté du Sud, éditions J’ai Lu)

La jeune Sookie Stackhouse est serveuse dans un bar banal de Bon Temps, en Louisiane. Sa particularité, qu’elle nomme « un handicap », fait d’elle une télépathe, capable de lire dans l’esprit des humains qui l’entourent. Une vie peu agréable qui lui donne bien des soucis.
Mais ce n’est rien en comparaison de ce qui l’attend. En effet, depuis quelques jours, des femmes sont retrouvées sauvagement assassinées dans le coin. C’est inhabituel, car il ne se passe jamais rien à Bon Temps. Cela peut-il avoir un rapport avec l’arrivée en ville d’un vampire, un certain Bill Compton ?

Après avoir vu ces livres un peu partout depuis des années, et entendu parler de la série qui en est inspirée, j’ai enfin eu l’occasion de m’y mettre (voyez comme je suis raccord avec l’actualité, ces livres ont été publié il y a 17 ans si j’en crois la date de première publication). J’ai pris les choses au sérieux puisque je me suis directement procuré 11 des 13 tomes de la série. J’espère donc qu’ils seront bien !
C’est ainsi que j’ai lu ce premier titre.
Avant de le juger réellement, je me suis efforcée de le remettre dans son contexte. 2001 pour la première publication, 2005 pour la première parution française. Une éternité, donc. Et surtout bien avant la déferlante Twilight et Anita Blake qu’on a connu au tournant des années 2010.
Après un travail de recherches, j’ai découvert que ce roman a initialement été publié dans une collection de romance, et n’était pas du tout marketté de ces couvertures iconiques que tout le monde connait. C’était donc une banale histoire d’amour dans l’esprit des directeurs de collection. Avant l’heure où les vampires et métamorphes avaient leurs collections bien à eux.
Si les choses ont changé aujourd’hui, il faut avouer que les premiers éditeurs avaient vu juste : cette série est une romance avant tout.
Ainsi, les créatures que vous croiserez sont bien fantastiques, mais l’essentiel du scénario repose sur les histoires de coeur de l’héroïne.
Et l’héroïne, qui est-elle ?
Elle est on ne peut plus banale et ressemblera certainement au lectorat qu’elle vise. Sookie est jeune, pudique, un peu trop croyante, naïve et animée de bons sentiments.
Le livre est une sorte d’enquête gentille et peu palpitante. Le fond de l’histoire est, comme je le dis plus haut, basé sur les histoires de coeur de Sookie.
Évidemment, Sookie est vierge, évidemment, Sookie n’a jamais été amoureuse, et évidemment, Sookie va rencontrer celui qui va faire changer tout ça.
Bill est un vampire, on ne sait pas très bien pourquoi il vient un soir trainer sa carcasse dans le bar où travaille la jeune femme. Toujours est-il que le coup de foudre est quasiment immédiat (mais on verra par la suite que la libido de Sookie lui fait aimer à peu près tout le monde).
Autour d’eux gravitent d’autres personnages assez peu consistants, a part la grand-mère de Sookie à laquelle on s’attache parce qu’elle a le courage de dire les choses avec un peu plus de punch que les autres. La galerie de personnages s’étoffe assez vite te on comprend qu’on va tourner sur une palette fournie pendant un moment. C’est intéressant et apporte de l’épaisseur à l’univers.
Le livre est donc une petite histoire gentillette qui ne casse pas des briques mais se laisse lire. C’est assez plaisant comme lecture de vacances.
Le style d’écriture est ultra basique. « Pas de la grande littérature » comme on dit.
Dans ma version, l’éditeur a ajouté une note pour expliquer que cette nouvelle traduction « est encore plus près du style original de l’auteur ». Honnêtement, je ne sais pas si c’était nécessaire, étant donné la pauvreté dudit « style ». J’ai remarqué que l’auteur meuble régulièrement en nous expliquant tout ce que fait l’héroïne, y compris le fait qu’elle s’épile les jambes au moins trente-six fois dans le même roman. Rien ne nous est épargné ! Si on enlève toutes ces interventions inutiles (on nous épargne juste quand Sookie va aux toilettes), le livre pourrait perdre au moins 20% d’épaisseur, mais disons que c’est pour créer un effet de réalisme que l’autrice a cru bon de tout nous dévoiler. J’ai lu ce titre comme on regarde une vieille série, en me disant que certaines maladresses ne se feraient plus aujourd’hui.
Mon regret avec ce livre, est la résolution du cas criminel. Comme souvent lorsque les auteurs ne sont pas inspirés, ils font monter le suspense, et le font résoudre subitement par un personnage sorti de derrière les fagots qui se met à débiter pendant des pages pourquoi il a mal agit. Cette ficelle (que dis-je, cette CORDE) narrative est assez démodée aujourd’hui, et je la regarde en me disant que le livre a 17 ans, donc je lui pardonne.
Je n’aurais pas fait de ce livre un triomphe tel qu’il l’a été, mais pour une entrée en matière, c’est plutôt sympathique à lire.

Pour qui : Les lectrices qui ont envie de lire une romance légère et sans prise de tête avec des créatures surnaturelles.

Les + : un petit roman léger qui se lit facilement

Les – : assez peu d’originalité, un style assez pauvre et qui remplit parfois les pages, une enquête un peu facile.

Infos pratiques
Poche: 314 pages
Editeur : J’ai lu (17 août 2009)
Collection : SEMI-POCHE
Langue : Français
ISBN-10: 2290018058
ISBN-13: 978-2290018057

Publicités

Les Saisons de l’Etrange 2 : Le nombril du monde, de Roland C. Wagner

Le nombril du monde, de Roland C. Wagner (tome 2 de la série Les Saisons de l’Étrange, éditions des Moutons Électriques)

Près de Paris, un menhir ancestral intrigue la population. On lui prête en effet des pouvoirs mystiques. Objet de culte pour les uns, fascination morbide pour les autres, cette pierre, que certains appellent « Le Nombril du Monde », va être au centre de l’attention. En effet, elle pourrait bien se réveiller, pour la première fois depuis 95 ans, et libérer énergie et démons.
Une enquête idéale pour Yasmine, recrue efficace de l’Agence Arkham. Pourra-t-elle empêcher l’arrivée de l’enfer sur Terre ?

Nouvel épisode pour cette première saison littéraire des Saisons de L’étrange. Après 115° vers l’épouvante, on change de registre pour se tourner cette fois vers une histoire plus proche de nous, située dans un univers contemporain et une région connue : la Bretagne.
Je n’ai pu m’empêcher de penser à la lecture de ce titre, à celle du Club des Punks contre l’apocalypse zombie, de Karim Berrouka, car on retrouve dans l’écriture les envolées « rock’n’roll » des anarchistes. Cette écriture est rythmée, décalée, et le titre se lit rapidement avec le sourire.
Le nombril du monde est en réalité un menhir auquel on prête des pouvoir démoniaques. Le livre raconte l’affrontement entre plusieurs groupes déterminés à utiliser la pierre au même moment puisque l’alignement des planètes va être propice à la convergence des forces.
J’ai bien aimé ce titre, je l’ai même préféré au précédent. Mon seul regret est sa taille, très courte, qui ne m’a pas permis d’entrer à 100% dans l’univers et de m’y accrocher. Un grand nombre d’éléments auraient pu être approfondis, comme par exemple le personnage de Yasmine, et la fameuse Agence Arkham, dont on a fait un élément de vente sur le livre mais qui n’est en réalité qu’à peine effleuré. L’auteur a jeté dans ce livre les bases de quelque chose, comme s’il n’était qu’un préambule. C’est dommage parce que plusieurs autres personnages auraient mérité un traitement plus profond, eux aussi (comme Toutla, ou l’Oeil).
Je suis donc un peu restée sur ma faim. Certes l’histoire est sympa, le cadre aussi, mais cela m’a fait le même effet qu’un réveil un lundi matin après un rêve sympa. Un goût de trop peu, d’inachevé, de superficiel.
Après quelques recherches, j’ai vu que ce livre s’inscrit dans une série de 6 titres signés chacun par un auteur. Je regrette alors d’autant plus que celui-ci ne soit pas plus épais.
Malgré tout, une fois le roman fermé, toutes les questions du scénario ont trouvé réponse et le lecteur n’est pas complètement orphelin.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires courtes et percutantes. Cette histoire est indépendante du premier tome des Saisons de l’étrange te peut donc être lue par des lecteurs qui n’ont pas lu les autres titres.

Les + : des personnages rock’n’roll et punchy, une idée de base sympathique et un décor grunge pas déplaisant.

Les – : tout va trop vite et l’univers aurait gagné à être bien plus approfondi.

Infos pratiques
ISBN : 978-2-36183-452-4
Format : Broché
Pages : 128
Paru le 5 avril 2018

« Entrées précédentes