Manipulation, de Anne Bardelli. Léa Bacal T3

Léa traine sa tristesse depuis la mort de son compagnon Hunter. Heureusement, le travail ne va pas tarder à lui donner l’occasion de penser à autre chose. Premièrement parce qu’elle se fait attaquer chez elle par une bande de guerrilleros semblant chercher quelque chose d’important, ensuite parce qu’on retrouve le cadavre d’un humain apparemment tué par un vampire qui se serait ensuite suicidé. Trop étrange pour être vrai. Le GIAR, en la personne de Léa, va mener l’enquête.

Bien que mitigée par mes lectures du tome 1 La Marque et du tome 2 A belles dents, je me suis laissée séduire par ce troisième tome car il m’a été vendu avec l’argument « sorcellerie ».
A la fin de ma lecture, devinez quoi ? Je suis encore mitigée. Impossible de dire si j’ai aimé ou non. Cela vient peut-être du format du roman, qui est vraiment très court. Trop peu de temps pour entrer dans l’univers et m’attacher aux personnages.
Ce manque de matière explique sans doute les impressions tenaces que je ressens depuis ma fin de lecture. Premièrement, celle que j’ai vraiment manqué de sorcellerie et d’ésotérisme. Je m’attendais à une lecture du genre des Soeurs de la Lune, bien que l’on soit sur quelque chose de très sorcier, ce qui n’est pas le cas ici. Mais il manquait tout de même une ambiance, des rites, des éléments immersifs (pierres, cartes, baguette ou boule de cristal, tout ce que j’aime). Finalement la magie est assez superficielle dans ce roman, alors qu’il y a de bons éléments, comme la poudre d’os et la plume noire. A mon avis, on n’entre pas assez dans le détail. D’ailleurs il me semble qu’on ne connait pas l’origine de cette poudre, ni comment elle arrive sur les cibles.
On a perdu un personnage important dans le tome précédent, et son absence hante les pages de ce livre-ci. Ou du moins il devrait. J’ai été surprise et déçue de voir Léa se consoler aussi rapidement dans les bras d’un Charles qui n’est pas sans me rappeler le personnage de Eric Northman dans la série La Communauté du Sud. Il lui ressemble tellement que je me demande si c’est volontaire ou inconscient. Quoi qu’il en soit, ce personnage, véritable poncif du genre de la bit-lit, manque de surprise et je ne l’ai trouvé ni intéressant ni attachant. On pourrait théoriser sur le fait que tous ces rôles sont tenus par le même vampire au fil des séries et des auteurs et qu’il changerait juste d’identité, tellement sa personnalité est identique d’un roman à l’autre. Dommage que ce ne soit pas plus subtil.
Aussi, comme je l’avais déjà souligné (il me semble) dans les chroniques précédentes, ce qui est ennuyeux avec Léa, c’est qu’elle parvient toujours à se sortir de tout avec une insolente chance. Quoi qu’elle fasse, il y a toujours quelque chose qui arrive au bon moment pour la tirer d’affaire. Au point qu’il est inutile de s’inquiéter pour elle. S’il y a bien un personnage pour lequel je suis tout à fait zen dans ma lecture, c’est bien elle. Le scénario est incroyablement indulgent avec elle alors que j’aimerais la voir dans des situations bien plus dangereuses et périlleuses. Peut-être dans la suite ?
Le cliffhanger du roman est amené de manière si peu subtile et si évidente qu’il n’a pas créé chez moi de vague d’excitation. D’autant plus que si l’on prête attention à la couverture, on ne peut que se douter de la fin quant à 3 pages de la révélation finale on ne la comprend toujours pas. Je vous laisserai lire, j’espère n’avoir rien dévoilé.
Car il faut tout de même souligner le fait que la plume de l’auteur a gagné en maturité avec ce titre. Bien que je persiste à trouver son one-shot (La main immaculée) plus intéressant que sa série, Anne Bardelli a corrigé au fil du temps certains tics qui desservaient sont récit, comme les ellipses floues. Sa plume est plus fluide et plus agréable à lire.
Maintenant qu’elle semble avoir trouvé son fond, je souhaite qu’elle puisse approfondir la forme pour nous offrir une suite plus épaisse, plus terrifiante et plus originale.

Pour qui : les lecteurs qui aiment la bit-lit, les histoires érotiques et les ambiances sombres.

Les + : un style agréable à lire, plutôt fluide.

Les – : une histoire trop courte et trop facile, qui manque d’éléments ésotériques.

Infos pratiques
Date de parution : 28 mai 2018
ISBN : 978-2-37342-055-5
Nombre de pages : 218
Illustration de couverture : Erica Petit

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