Archives mensuelles : août 2018

Beauté, de Sarah Pinborough

Beauté, de Sarah Pinborough (tome 3 de la trilogie Contes des Royaumes, éditions Milady)

Un prince est envoyé dans un mystérieux royaume pour y vivre une aventure en compagnie d’une fille au chaperon rouge et d’un chasseur. Ensemble, ils pénètrent dans une forêt inaccessible où tout semble endormi. On dit que dans le château git une princesse née d’une ondine et d’un roi, et dont la beauté surnaturelle pourrait conduire à de bien étranges phénomènes.

Ce dernier tome vient clore la trilogie de Sarah Pinborough sur les Contes des Royaumes. Pour être honnête, je n’ai pas vu l’intérêt de cette dernière histoire par rapport à la trilogie. Le second tome faisait écho au premier, mais celui-ci se détache de tout et semble avoir été écrit juste pour prolonger l’idée et intégrer qu’il s’agit d’une trilogie et non d’un diptyque (peut-être que « trilogie » est plus vendeur ?).
Quoi qu’il en soit on retrouve ici plusieurs contes mélangés dans une histoire originale. Je regrette un peu cette impression de « fourre tout » puisqu’on mélange ici les histoires de La Petite Sirène, La Belle et la Bête, La Belle au bois dormant, Le Petit chaperon rouge et Raiponse. Tout cela dans la même petite histoire. Cela m’a donné une impression de réécriture un peu bancale où je ne savais plus que penser.
Néanmoins, l’histoire se tient si on la prend en solitaire et non comme un tome 3 d’une histoire plus grande.
Les personnages vivent des histoires qui leurs sont propres et sont plaisants à lire. Leurs comportements sont intéressants, à la différence de ceux de Poison. L’auteure a eu le temps de prendre ses marques avec les deux premiers titres et nous propose ici une réécriture plus détachée et convaincante. Son environnement est bien posé et le déroulé des événements rythmé. J’ai apprécié le fait d’envoyer le Prince en voyage initiatique, cela lui donne une faiblesse et lui fait gagner son statut de héros.
Le point fort de ce titre est que tout se tient. Rien n’est laissé sans réponse. Est-ce à dire qu’il s’agit du tome le plus intéressant ? Je n’irais pas jusque là. En effet, Charme et sa réécriture de Cendrillon m’avaient particulièrement convaincue. Ici j’ai à nouveau senti que l’auteur s’obligeait à ne pas partir dans tous les sens. Il s’en est fallu de peu pour que l’histoire ne parte encore à la dérive avec cette foule de personnages connus réécrits dans un ensemble brouillon. Disons que ça passe, mais de justesse. Je trouve l’ensemble toujours un peu faible, principalement à cause de la petite taille du texte. Cette histoire, au moins, mériterait un développement beaucoup plus conséquent pour installer durablement les protagonistes et leur offrir un background épais et marquant. Là, la profusion d’éléments est plaisant mais je sais déjà que j’oublierai tout dès mes prochaines lectures.
Le texte n’est pourtant pas mal écrit, loin de là. Le style est agréable, fluide, plutôt immersif, ce qu’il faut pour recréer l’ambiance des contes. Mais il manque quelque chose pour que la magie opère. J’en attendais plus.
Au final, cette trilogie des Contes des Royaumes est en demi-teinte, de qualité très inégale selon les tomes. Je suis d’avis qu’il y a de bonnes idées dans les trois récits et même dans la série dans son ensemble, mais aucune d’elle n’est poussée suffisamment loin pour faire de cette trilogie un chef d’oeuvre inoubliable.
Tout juste une lecture sympathique si l’on omet Poison. Le côté « Princes et Princesses » a sans doute beaucoup joué sur l’émoi suscité par ces textes, car au niveau du développement de l’histoire les qualités littéraires sont moindres.
Enfin, ayant lu la série en numérique, je n’ai profité que partiellement des illustrations puisqu’elles étaient petites et assez peu lisibles.
Je reste donc sur ma faim.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires de pays lointains, de princes, princesses et roi, de magie et de sorcières.

Les + : de bonnes idées et une écriture fluide.

Les – : l’histoire mêle un peu trop de personnages issus de contes différents, si bien que cela produit une impression brouillonne. L’ensemble aurait mérité d’être plus poussé dans les idées, et surtout beaucoup plus développé.

Infos pratiques
Broché: 224 pages
Editeur : Bragelonne (23 mai 2014)
Collection : FANTASY
Langue : Français
ISBN-10: 2811211942
ISBN-13: 978-2811211943

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Redemption, de Jean Vigne – Le dernier vampire tome 3

Rédemption, de Jean Vigne (tome 3 de la trilogie Le Dernier Vampire, éditions du Petit Caveau)

Le monde va mal et les vampires sont de plus en plus nombreux, de plus en plus assoiffés de sang et de pouvoir. Mais les humains n’entendent pas se laisser faire et préparent déjà la riposte.
Le dénouement est proche. Il n’y a qu’une planète et plusieurs races en convoitent la domination. La guerre va éclater, c’est une certitude, mais qui en sortira vainqueur ? Et d’abord, y aura-t-il au moins un vainqueur ?

Après mon coup de coeur pour Désolation, le premier tome, et mon enthousiasme sincère pour Résurrection, le second, c’est une très grosse déception pour ce dernier tome.
Attention, âmes sensibles s’abstenir, la chronique va être mordante et risque de faire perler un peu d’hémoglobine.
En effet, après avoir fermé ce livre, je suis fâchée. Oui, oui : fâchée. Toute rouge. Avec de la fumée qui sort de mes oreilles. Je suis fâchée après l’auteur, l’éditeur, et même après moi.
Je vous explique.
J’ai lu ce dernier tome longtemps après avoir lu les deux premiers (la chronique de Désolation date de 2012, celle de Résurrection 2013, je viens de lire Rédemption et nous sommes en 2018, j’ai donc mis un temps fou à lire ce dernier titre, pas par manque de volonté mais parce que j’avais beaucoup d’autres choses à lire et écrire entre temps). Mais on peut me pardonner puisque je suis une lectrice qui lit un texte figé sur papier.
En revanche, j’ai eu la sensation que l’auteur avait écrit son texte longtemps après les deux premiers. Ou bien est-ce moi qui ait la mémoire courte ? Quoi qu’il en soit, je n’ai absolument rien retrouvé dans ce tome de ce que j’appréciais dans les deux premiers.
C’est bien simple : tout est d’un foutoir sans nom. C’est l’impression que j’ai eu à la lecture et en fermant l’ouvrage.
Tout d’abord, je n’ai pas compris quels étaient les objectifs des différents protagonistes. Quel est le but du livre ? De quel point partons nous et vers quel point allons nous ? Si bien que j’ai eu du mal à écrire quelques lignes de résumé. Tout le long du livre, j’ai eu l’impression que les différents personnages vivaient leur vie et qu’il leur arrive des tuiles. D’accord, mais quel est le but ? Pourquoi font-ils ce qu’ils font ? Je n’ai pas compris. Le fil rouge ? Je ne l’ai pas vu.
Les personnages partent dans tous les sens, arrivent sans cesse dans l’histoire pour repartir aussitôt ou ne rien apporter de concret. Le tout sans compter le fait que j’ai eu l’impression de retrouver dans ce livre beaucoup d’éléments ou de personnages lus dans d’autres titres de l’auteur (comment ne pas penser, notamment, à Néa ? Ou à la plus récente Solana, d’Holomorphose ? Comme si l’auteur prenait les mêmes ingrédients qu’il ne mélangeait pas dans le même ordre).
On a Aurore qui au bout d’un (long) moment se met en quête de retrouver sa mère, et est accompagnée en cela d’Océane, dont on nous dit sans cesse qu’elle est agaçante. D’accord, mais à quoi sert ce personnage ? Je n’ai pas vu son utilité. Il lui pousse un caractère ou des capacités uniquement quand cela arrange le scénario. Ce n’est pas cohérent.
Aurore, quant à elle, a tout d’une Néa sans nuances.
Virginie… je n’ai pas non plus compris son objectif, son but, ses motivations ? Il lui arrive beaucoup de malheurs, une fois encore l’auteur ne ménage pas ses personnages, mais ensuite ?
Quant à Jean, dire qu’il est carrément dans les choux n’est pas de trop. Encore que c’est à peu près le seul dont on finit par comprendre l’objectif.
Je ne vous parle ici que des personnages principaux, car il y en a des dizaines dans tout le livre, que rien ne distingue réellement. Où sont passées les bonnes idées du premier tome ?
Côté style, c’est un peu comme si vous passiez 3 heures à chanter une chanson en hurlant d’un bout à l’autre : pas de nuance et ça finit par être très très long et même un peu pénible.
En effet, on est dans le vulgaire du début à la fin, tous les personnages ont les mêmes tics de langages pas forcément modernes, en plus, alors que nous sommes en 2130 (« ma belle », « chienne », « gamine », « catin »….) y compris quand les individus viennent d’époques différentes. On a de l’insulte et de la grossièreté de toutes parts et à toutes les lignes, si bien qu’à la longue, on n’y prête même plus attention et on se lasse. Le seul souci, c’est qu’on en vient à ne plus trop savoir qui parle ni quel est son passif (j’imagine qu’un vampire qui a vécu à Versailles ne devrait pas s’exprimer de la même manière qu’un vampire né en 2100, si ?). Cela ne m’aurait pas dérangé si c’était justifié, mais ça ne l’est pas vraiment. L’auteur s’est perdu dans un texte dans lequel il a trop voulu pousser les côtés « vices » et « luxure ». Au point que tous les personnages s’expriment avec la même voix et la même tonalité.
L’impression dominante est qu’il n’y a aucune finesse, tous les personnages sans exception ne sont que des brutes épaisses qui ne pensent qu’au sexe. C’est triste, mais j’étais contente d’en finir avec eux, et je me suis même souvent dit qu’ils n’avaient que ce qu’ils méritaient.
Côté narration, là encore c’est le bazar. Si j’en crois le résumé, l’accent est mis sur le personnage de Virginie. Alors pourquoi la première personne est-elle utilisée pour Aurore et Jean et pas pour elle ? Pourquoi pas pour tous le monde ou personne ? Car cette narration donne surtout l’impression que tout le monde est important sauf Virginie. Il faut dire aussi que son histoire, son absence de motivation, nous la rend complètement transparente. De même, le titre nous parle de « Le Dernier Vampire ». A l’origine il s’agissait de Jean, mais on en est arrivé à un point où Jean est un personnage plus que secondaire, qui finit par quitter l’intrigue, et surtout on est très loin d’un unique vampire puisque la planète est de plus en plus peuplée de ces créatures. Là encore il y a quelque chose qui ne va pas. Si message il y a, il est tellement brouillé par tous les éléments que je ne l’ai pas vu.
Voici globalement ce que j’ai pensé du fond, mais malheureusement la forme ne rattrape pas ce constat de cacophonie brouillonne. En effet, c’est rare que je le remarque (et généralement quand je le remarque ce n’est pas bon signe), mais on manque ici singulièrement de relecture. J’ai arrêté de compter les fautes d’orthographe au bout de quelques dizaines, et les erreurs de langage également. « Le temps suspend son envol »…. Non. « Respirer la flagrance »… Non. Le temps suspend son VOL et un parfum est une FRAGRANCE. Je ne vous ai mis que les deux erreurs que j’ai retenu mais il y en a d’autres. Je me suis demandée si ce texte avait été relu et corrigé. Il semble avoir été écrit d’un trait, presque à main levée, et publié tel quel.
Le Petit Caveau m’a habitué à mieux, vraiment, et je suis déçue par cet ouvrage qui mériterait un gros travail éditorial, à mon sens. Jean Vigne m’a habitué à tellement mieux également.
Pour finir, je suis en colère après moi parce que je m’étais fait une joie de lire ce dernier titre après tout le bien que j’avais pensé des deux premiers, et j’ai l’impression de m’être trompée. J’ai horreur de cela.
Voilà en bref les raisons de ma colère.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les deux premiers et désirent ardemment connaître la conclusion de la trilogie.

Les + : On retrouve les personnages des précédents épisodes et une Terre post-apocalyptique.

Les – : Le livre part dans tous les sens, sans nuance ni cohérence. Je n’ai pas retrouvé les bonnes idées des premiers tomes, et il manque cruellement de relectures éditoriales sur le fond et la forme. Les personnages finissent par ressembler à d’autres personnages d’autres séries du même auteur.

Infos pratiques
Broché: 350 pages
Editeur : Editions du Petit Caveau (6 avril 2015)
Collection : Miroir de sang
Langue : Français
ISBN-10: 2919550896
ISBN-13: 978-2919550890

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