Wake The Dead, de Frédéric Czilinder

Frédéric Czilinder, Wake The Dead (one shot, éditions Armada)

Nous sommes le 31 octobre, soir d’Halloween.
Nous sommes aux États-Unis.
Nous sommes dans un parc d’attractions.
Alors qu’est-ce qui pourrait se passer d’autre qu’une attaque de zombies ?

L’objet livre est tout à fait le genre que j’aime : une couverture splendide et semi-rigide (mention spéciale à la pomme d’amour au premier plan, elle me fait saliver à chaque fois), des pages épaisses, un format attrayant… et une histoire de zombies et de parc d’attractions.
Waou !
Pour autant, lors de mon achat en présence de l’auteur et de l’éditeur, ce dernier m’a prévenu qu’il ne s’agissait pas d’une histoire de zombie très originale.
Cela ne m’a pas dissuadé car je sais à quel point il est compliqué de faire original avec cette créature, et de toute façon ce n’est pas spécialement ce que je cherche quand je souhaite lire un titre de ce genre.
Ha oui, tiens, qu’est-ce que j’aime lire quand je veux lire un titre de ce genre ?
Hé bien ce que j’aime, c’est assister au basculement du monde dans le chaos, puis à la survie des ultimes résistants. Je veux voir un univers post-apocalyptique où la tension est présente à chaque page, où je vais m’attacher à des personnages qui vont mourir, et où je vais avoir peur pour mes chouchous.
C’est ce que je m’attendais à trouver dans ce roman présenté comme « pas original pour un livre de zombies ».
Or, force m’est d’avouer que j’ai été un peu déçue.
Ne pas trouver ce qu’on s’attend à trouver dans un titre n’est pas grave si ce qu’on a à la place vous transporte. Malheureusement, cela n’a pas été le cas ici.
En effet, sur les 300 pages tout pile du roman, l’intrigue met déjà une centaine de page à se mettre en place.
Dans un livre de zombies, on sait ce qui va arriver. On sait que ça va arriver. Et là, c’est très long à arriver. On suit une multitude de personnages dans leur quotidien le jour du 31 octobre. On commence dès 7:15 du matin alors que l’apocalypse n’arrive que le soir.
Dans une série, cela peut passer avec des coupes régulières. Mais ici, le temps semble long en attendant que le spectacle ne commence.
Ainsi, le découpage horodaté n’apporte pas grand chose. Tout comme le changement de points de vues qui semble nous balader pour temporiser. L’action tarde à arriver et en attendant j’ai trouvé le temps un peu long. Les personnages présentés ne sont pas très attachants et je me demandais lesquels avaient vraiment de l’importance.
Frédéric Czilinder tente des choses, expérimente. Il nous parle d’une jeune fille qui a déménagé à Deep Harbor à la suite d’un viol. C’est de loin mon personnage préféré, celui qui avait le plus de potentiel. Pourtant, même cette fille (Kate) est sous-exploitée. Ce qui la rendait sombre n’est en fait qu’un prétexte pour expliquer que lorsqu’on est mal dans sa peau, on est gothique.
Les autres personnages sont assez fades et n’ont pas réussi à m’embarquer avec eux. Je suis donc un peu déçue d’être passée à côté d’une lecture que j’attendais pourtant avec impatience. Je ne cherchais en effet rien d’original, mais ici, c’est un peu comme une mayonnaise qui n’aurait pas prise, un soufflé qui n’aurait pas gonflé, une ambiance qui n’aurait pas décollé. Je suis restée à plat.
Car passées les 100 premières pages, l’apocalypse est en place. Très bien. On suit donc le lent basculement de la ville agréable vers une nuit de cauchemar. Mais là encore, Frédéric Czilinder est resté en surface. On plonge à peine dans le chaos. Ça manquait de tension, de peur, de tripes… peut-être un peu d’âme, en fait. Ce qui est paradoxal pour un roman de zombies, mais voilà. Les personnages m’ont laissés indifférents. Peut-êtres étaient-ils trop nombreux, peut-être n’est-on pas allé assez en profondeur, de fait je les ais oubliés sitôt que j’ai fermé le livre. L’auteur tente d’expliquer ce qui se passe avec l’apparition d’un spectre mais là encore on ne va pas assez loin pour trouver cela crédible dans l’histoire. Ce n’est pas assez fort, pas assez expliqué. Il manquait peut-être quelques centaines de pages.
Dommage.
Un roman qui avait tout pour me plaire, mais pour lequel je suis restée bien trop en surface.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les libres de zombies, ceux qui cherchent une petite histoire à lire pour Halloween.

Les + : La forme est excellente, très prometteuse. Une couverture sublime, un résumé accrocheur, les ingrédiens classique d’un livre de zombie.

Les – : Malheureusement on n’entre jamais dans le fond des choses, l’action est beaucoup trop lente à se mettre en place, les personnages sont superficiels et de fait pas attachants. Le roman se lit aussi vite qu’il s’oublie et je ne m’y attendais pas du tout.

Infos pratiques
Broché: 312 pages
Editeur : Armada éditions (6 février 2016)
Langue : Français
ISBN-10: 1090931689
ISBN-13: 978-1090931689

Publicités

3 Commentaires

  • Pas vraiment tentée de base, mais je le suis encore moins même si le fait que l’intrigue mette du temps à démarrer ne me dérange pas outre mesure si j’accroche à la plume de l’auteur. Une petite déception pour toi, mais ta curiosité est au moins assouvie 🙂

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s