Black Mambo, collectif

Black Mambo, collectif (one shot, éditions du Chat Noir)

3 nouvelles inspirées des monstres qui hantent les cultures africaines, par 3 autrices de la nouvelle génération. Entrez dans la danse, si vous l’osez, venir réveiller les démons ancestraux, laissez vous posséder par leurs séduisants atouts ou fuyez si vous le pouvez encore…

L’ivresse du djinn, de Vanessa Terral : L’histoire de Leila, une jeune femme un peu trop belle pour son bien, qui va être possédée par un Djin. Son histoire est captivante, touchante, horrifiante, servie par une plume immersive qui nous fait réellement voyager au Maroc. On passe du sourire à l’horreur en quelques lignes. Je me suis surprise à être attachée à Leila, à être désolée pour elle, et bien triste. Une lecture de 80 pages environs mais qui se lit très bien, et vite. Mon seul regret réside dans la fin que je ne suis pas sûre d’avoir bien comprise. Je ne suis pas sûre non plus que l’autrice ait voulu une fin floue. Alors est-ce moi qui suis un peu à côté de la plaque ou le texte qui manque de clarté ? J’hésite un peu. Ce n’est en tout cas pas ce que je retiendrai de ce texte.

La danse éternelle des roseaux, de Sophie Dabat : L’histoire de Hlengiwe, policière à Marseille et qui porte en elle un lourd secret, et doit retourner sur la terre d’où elle vient pour régler ses comptes et mettre fin à une malédiction. Globalement, j’ai trouvé l’histoire intéressante et complexe. On apprend des choses sur la culture du Swaziland, petit pays dont on ne parle pas souvent et que je ne connaissais que de nom.
Or, à la fin de ma lecture, la seule chose qu’il me reste vraiment en tête est cette impression de longueur qui se dégage du texte. Bien que le style de l’autrice soit agréable à lire sur la forme, le fond est un peu tartiné, étiré à l’extrême, au point que certaines scènes pourraient être enlevées du récit sans rien faire changer de sa trame. J’ai eu l’impression désagréable parfois de lire un peu de remplissage au prétexte de nous montrer une culture différente, ou de vouloir insister sur certaines ficelles du scénario.
Je trouve cela dommage car le parti pris est vraiment original.

Les enfants de Samedi, de Morgane Caussarieu : L’histoire de Mika, jeune punk à la vie dissolue, appelée par une lointaine tante en Nouvelle-Orléan. Il va y découvrir la magie vaudoo et une culture très différente de la sienne.
De Morgane Caussarieu, je ne connaissais que son nom et son look totalement destroy. J’ai pu découvrir sa plume qui, il faut bien le dire, est tout aussi punk, tatouée et destroy.
Le personnage de Mika est punk, drogué, vulgaire, la plume l’est aussi… Et pourtant, comme c’est dans le genre du personnage principal, j’ai fini par m’attacher à lui. Au départ, je ne suis pas très fan des relations sexuelles décrites de manière crue et vulgaire, mais là, on est dans le ton et j’ai trouvé l’ensemble très cohérent.
Ce texte est sans doute celui que j’ai préféré. Non pas parce qu’il est le plus long du recueil ou qu’il vient en dernier, mais parce que c’est celui qui est le mieux ficelé, le plus installé, celui dont la fin est la plus acceptable et la plus cohérente. Je dirais même : la moins facile. Le texte est nerveux, rapide, de nombreux rebondissements le ponctuent et on plonge vraiment au coeur de la Nouvelle-Orélans et de la culture Vaudoo. C’est aussi le seul des trois textes à proposer un héros masculin. L’univers et la plume de Morgane Caussarieu sont donc une bonne découverte qui me donne envie de lire d’autres textes de cette autrice torturée.

Ces trois histoires ont des univers très différents dans lesquels on ne s’ennuie pas une seconde. J’ai apprécié découvrir ces cultures que je ne connaissais pas vraiment, et les histoires de ces trois héros très différents. L’idée de faire écrire trois plumes autour d’un même thème aussi original m’a plu et j’espère qu’il y en aura d’autres à l’avenir. Les récits sont plus épais qu’une nouvelle, ce qui donne aux autrices le temps d’installer d’avantage leur histoires et de donner de l’épaisseur à leurs personnages. Une bonne chose, je me suis plongée dedans avec intérêt. La longueur des histoires ne donne pas cette impression d’être interrompu souvent dans la lecture, et c’était une expérience agréable.
Mon seul bémol vient du fait que j’ai relevé beaucoup de fautes d’orthographe non corrigées pour un livre de cette taille. Cela n’a pas gêné ma lecture mais j’ai quand même relevé à chaque fois. Une petite relecture supplémentaire aurait sans doute permis de les faire disparaître.

Pour qui : Les lecteurs en quête d’évasion exotique et qui aiment les thèmes originaux, que l’on n’a pas l’habitude de lire. Et ceux qui ont envie de découvrir ces trois plumes.

Les + : Des histoires prenantes, originales, qui ne donnent pas l’impression d’avoir déjà lu de telles choses. Globalement la qualité est au rendez-vous, et on apprend en plus des informations sur différentes cultures.

Les – : Bémol sur les fautes d’orthographe, un peu trop nombreuses à mon goût pour un livre de cette taille et qui auraient pu être corrigées avec une relecture supplémentaire.

Infos pratiques
Broché: 316 pages
Editeur : Editions du Chat Noir (1 avril 2015)
Collection : Griffe sombre
Langue : Français
ISBN-13: 979-1090627703

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