Archives mensuelles : mai 2019

Bel et bien mort, de Charlaine Harris – Le Communauté du Sud, tome 9

Bel et bien mort, de Charlaine Harris (tome 9 de la série Le Communauté du Sud, éditions J’ai Lu)

Alors que Crystal est retrouvée crucifiée derrière Chez Merlotte, le bar de Sam, les garous font leur coming-out en direct à la télévision. Sookie, qui est à nouveau au milieu de toute cette agitation, voit les problèmes empirer lorsqu’elle apprend que le FBI la cherche. De nombreux changements se préparent à Bon Temps. Probable que cela ne fasse pas du bien à tout le monde.

Les tomes se suivent et ne se ressemblent pas dans la série de Charlaine Harris. Même si, au rythme où je les lis, j’ai un peu de mal à découper l’histoire mentalement, je prends toujours autant de plaisir à lire une nouvelle histoire de Sookie. Je me suis découverte attachée aux différents protagonistes et je les retrouve à chaque fois comme un interlude entre deux lectures d’un autre genre.
J’ai parfois eu l’impression que l’autrice n’était pas très inspirée et se contentait de remplissage. Or, ici, il me semble que Charlaine Harris avait des choses à dire. L’histoire avance, progresse. Je ne sais toujours pas vers quel objectif mais en tout cas la situation est différente à la fin de l’ouvrage par rapport au début.
Mon seul regret concerne la crucifixion, qui arrive au début du roman et dont on n’entend plus parler avant la fin. Il n’y a pas d’enquête autour de cet évènement pourtant primordial.
Pour le reste, on retrouve ce qui fait le charme des tomes précédents quand ils étaient bien : des déplacements, de la romance, quelques scènes d’action, une Sookie qui se fait encore blesser plus qu’elle ne le devrait, des pouvoirs… Il y a des rebondissements intéressants, on comprends des choses que l’on ne comprenait pas forcément dans le tome précédent, notamment sur les origines de Sookie.
En revanche, ce que j’ai trouvé dommage, c’est l’arc narratif des fées qui semble se terminer ici alors qu’il n’a été vraiment lancé que depuis un tome. Il y avait probablement plus de potentiel avec cet aspect de la vie de l’héroïne que n’en a exploité Charlaine Harris, un peu comme si elle-même avait été vite lassée de ses personnages.
J’attends de voir si les péripéties féériques de cet opus entreront en résonance avec la suite de la série, pour le tome 10.
Du reste, ce 9ème épisode est l’occasion d’introduire quelques nouveaux personnages et de retrouver beaucoup d’anciens. Une série légère qui se lit vite, même si, je dois l’avouer, elle s’oublie tout aussi rapidement.
A lire sur la plage, pendant les vacances, ou après une dure journée.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les précédents tomes, il sera compliqué de comprendre toutes les subtilités du texte si vous ne connaissez pas un minimum le background des épisodes précédents.

Les + : un tome dans lequel il y a de l’intrigue, des péripéties, l’histoire globale avance. Les personnages sont attachants et on prend plaisir à les retrouver.

Les – : le côté « enquête » est complètement laissé de côté, et l’arc narratif des fées achevé un peu trop rapidement. On dirait que l’autrice s’est lassée de ces éléments et préfère se concentrer sur les histoires entre les personnages et la romance.

Infos pratiques
Broché: 349 pages
Editeur : J’ai lu (3 mars 2010)
Collection : J’ai lu
Langue : Français
ISBN-10: 2290022519
ISBN-13: 978-2290022511

Que passe l’hiver, de David Bry

Que passe l’hiver, de David Bry (one shot, éditions Pocket)

Stieg est le petit dernier de la famille du Seigneur des Feyren. Infirme à cause de son pied bot, il n’a jamais été le préféré de son père. Aussi, il sait qu’il ne lui succèdera jamais, puisque le vieil homme a choisi son grand frère plus noble, plus fort, et surtout en meilleure santé.
Mais Stieg et son frère Ewald sont impatients de participer à la fête du Solstice d’hiver, l’occasion pour les quatre clans de se réunir fêter le Seigneur de l’hiver. Un passage à l’âge adulte pour Stieg, l’occasion d’une incroyable chasse au trésor. Le jeune homme se voit déjà aider son frère à rapporter le précieux trophée et peut-être parvenir à améliorer son avenir.
A moins que ce rêve ne se transforme en cauchemar.
Si les fils du destins sont déjà tissés, qui sait lesquels seront choisi par le dieu du destin ?

Ce livre est arrivé dans ma boîte-aux-lettres sans que je ne m’y attende. Il faut croire que le destin voulait le placer sur ma route (et je remercie au passage les éditions Pocket pour le coup de pouce du destin). Je ne suis habituellement pas la première à me jeter sur les ouvrages « hivernaux » mais celui-ci, présenté comme le « Coup de coeur des imaginales 2019 » m’a attiré immédiatement. Une couverture aussi jolie (signée Simon Goinard), pleine de poésie, et un résumé intrigant m’ont aussitôt donné envie de l’ouvrir. Et ça tombait bien puisque je commençais une semaine de vacances.
J’ai lu ce livre très vite. Il faut dire qu’une fois dedans, j’étais plongée au coeur d’un monde glacé, froid, très mélancolique et surtout poétique.
L’intrigue est assez statique puisqu’elle se déroule essentiellement au même endroit, dans une Clairière où la fête du Solstice sera célébrée. On suit les protagonistes dans les bâtiments tout proches, lors de fêtes, de banquets, d’une chasse dans les bois alentours… mais on est très loin des épopées épiques qui font traverser le monde à des héros comme ceux de Sarah Ash, de Jacqueline Carey ou de Tolkien.
C’est ouvrage possède pourtant tous les codes de fantasy classique : une atmosphère médiévale, des magiciens, des châteaux, des batailles, une quête…
Mais son originalité, et qui explique sans doute son succès, est sa grande poésie. Tout dans cet ouvrage est symbolique, métaphorique, poétique. En témoignent les strophes qui ouvrent les chapitres, au nombre de trente, et qui forment à la fin une seule et même « chanson ».
Stieg est un héros pas comme les autres, et qui ne voit en lui que ce que ses yeux lui permettent de voir. Or, les épreuves qu’il va traverser vont l’amener à se remettre en question et à remettre en question sa façon d’appréhender le monde : si le futur est déjà écrit, sommes-nous libres de nos choix ? Pourquoi le destin est-il aussi cruel ?
La réponse à ces questions, formulées dans le livre, est une invitation à la réflexion. Ainsi, à la lecture du livre, je me suis moi-même posée les questions du destin, de la vie et de ce qu’on choisi d’en faire. Le roi a un moment une réflexion très intéressante avec le héros sur ce que nous choisissons de faire des fils qui sont tissés pour nous.
Ce livre est à la fois fantasy et philosophique. Il est la parfaite illustration que la littérature d’imaginaire peut nous faire réfléchir sur des sujets concrets. L’ouvrage est une quête de soi aussi bien pour le héros que pour le lecteur qui suit ses aventures.
Je me suis beaucoup attachée aux personnages. Particulièrement à Stieg, mais aussi à Ewald et à Gaid. Un trio de personnages à fort potentiel que j’aurais aimé voir dans d’autres aventures. Mais le livre est un one-shot.
L’ambiance est décrite avec force détails qui nous plongent au coeur d’un hiver sans pitié et glacial.
Il y a quelques facilités scénaristiques, ou des éléments pas forcément très utiles selon moi, mais l’ensemble est globalement bien ficelé et se lit bien.
Un roman émouvant que vous n’oublierez pas facilement.

Pour qui : les lecteurs qui aiment lire de la fantasy sans s’embarquer dans de grandes sagas en plusieurs tomes. Les lecteurs qui aiment réfléchir en lisant, et ceux qui ont envie de s’émouvoir.

Les + : Une lecture émouvante, philosophique, poétique, qui se lit bien et ne s’oublie pas facilement. Des personnages charismatiques et attachants, un roman d’ambiance.

Les – : Quelques facilités scénaristiques comme le pouvoir de se mouvoir dans les ombres, qui arrange plus le scénario qu’il n’est utile et qui aurait pu être un peu plus développé.

Infos pratiques
Poche: 496 pages
Editeur : Pocket (11 avril 2019)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10: 2266289063
ISBN-13: 978-2266289061