Avance rapide, de Michael Marshall

Michael Marshall, Avance rapide (one shot, éditions Milady)

Dans un monde étrange entièrement constitué de quartiers, Stark est envoyé en mission pour retrouver un ingénieur du Centre. Une mission périlleuse dont il est en réalité la dernière chance.
L’ingénieur est menacé de mort, si bien qu’il faut faire vite. Une course contre la montre s’engage alors.

Avance rapide n’est pas un livre facile d’accès. Il n’est pas évident à comprendre. Je me suis laissée emporter par ce gros chat en couverture (ma faiblesse me perdra) et je pensais trouver un ouvrage de science-fiction « classique ».
Or, ce livre n’a rien de classique.
Premièrement son univers. Il est très étrange, spécial. L’auteur nous plonge dedans comme si nous en connaissions les codes et le lecteur a intérêt à suivre et à adhérer. C’est un peu déroutant.
L’auteur a bien travaillé son sujet car il ne s’y perd pas, lui. Dans un sens, cela m’a fait penser à un mélange entre l’Écume des jours, de Boris Vian, et Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Un monde où les lois de la physique ne sont pas les mêmes que nous, pas plus que celles de l’espace et du temps.
Si bien que j’avoue avoir été un peu perdue par moment. L’auteur saute de scène en scène et on chemine avec lui sans comprendre comment on en est arrivé là. Mais je fais confiance à l’auteur, je me suis dit que c’était normal.
Sous cette couche étrange et onirique (une partie du livre se déroule même dans un rêve), on trouve une trame plus classique d’agent spécial en mission pour retrouver une cible.
Cette partie est réellement intéressante car elle donne matière à s’accrocher pour le lecteur. Le personnage de Stark est intéressant, bien travaillé, et j’ai apprécié son caractère bourru à la Jason Statham (oui je l’imaginais ainsi). Stark ne recule devient rien et a un peu de jugeote. Il est humain et a donc des failles, des faiblesses, des amis, aussi.
Toute cette partie haletante d’énigmes et de courses poursuite nous permet de nous familiariser avec l’univers créé par l’auteur. Ces passages sont plus simples et j’étais ravie chaque fois que j’arrivais à plonger dans l’univers.
Michael Marshall développe des concepts intéressants (les quartiers, le temps, les couleurs, les sons…) qui mériteraient peut-être d’autres histoires dans cet univers.
La fin est plutôt satisfaisante. J’ai apprécié ce retournement de situation où, soudain, tout fait sens. Il me semblait ne pas avoir tout compris et soudain, j’ai compris pourquoi. Le récit est habile, parfois un peu trop subtile, mais la plupart des éléments font sens pourvu qu’on reste concentré.
Ce n’est pas une lecture à avoir dans le train (comme j’ai commencé) mais plutôt tranquillement installé chez soi au calme, sinon vous allez décrocher. Il y a beaucoup de symboles, beaucoup de sous-entendus, d’allégories… qui ne pardonneront pas si vous n’accordez pas 100% de votre attention au livre.
Il s’agit du premier livre que je lis de cet auteur et je suis curieuse d’en lire d’autres pour voir si ce tour de passe-passe littéraire est un coup de chance ou une habitude.
Le livre a remporté le prix British Fantasy en 1995.

Pour qui : les lecteurs qui ont envie d’une lecture hardue à relever.

Les + : de bonnes idées, un personnage principal charismatique et attachant, une fin satisfaisante.

Les – : quelques passages compliqués auxquels il faut s’accrocher pour ne pas passer à côté.

Infos pratiques
Poche: 384 pages
Editeur : Bragelonne (27 mars 2014)
Collection : SCIENCE-FICTION
Langue : Français
ISBN-10: 2811211616
ISBN-13: 978-2811211615

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