Hunger Games, de Suzanne Collins

Hunger Games, de Suzanne Collins (tome 1 de la trilogie Hunger Games, éditions PKJ)

Dans un monde divisé en douze districts où le pouvoir règne par la terreur, sont organisés chaque années les Hunger Games (jeux de la faim). A cette occasion, chaque district tire au sort pour envoyer un jeune homme et une jeune femme se battre dans une arène où il n’y aura qu’un seule vainqueur. Lorsque le prénom de sa petite soeur est annoncé, Katniss n’hésite pas à prendre sa place pour sauver sa vie.
Mais en prenant part à ces jeux, l’adolescente est loin d’imaginer ce qu’elle va déclencher malgré elle.
Le Capitole règne d’une main de fer sur la population et n’aime pas que l’on vienne modifier les plans qu’il a établi, notamment pour ces 74ème jeux de la faim.
Une chose est sûre : à la fin, il n’en restera qu’un.

10 ans, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour enfin lire cette série qui m’attirait pourtant depuis sa popularisation lors de la sortie des films. Par chance, j’ai réussi à ne pas me faire spoiler l’intrigue et c’est une totale découverte pour moi.
En 10 ans, mon cerveau a eu le temps d’intégrer le concept général du récit et de le laisser infuser pour se faire ses propres théories. Comment tout cela va-t-il finir ?
Tout d’abord, j’imaginais que les trois romans allaient traiter de la même éditions des jeux et que, dès lors, nous saurions à la fin de l’ultime volet ce qui allait se produire. Je savais que Katniss n’allait pas mourir tout de suite puisque je l’ai vue à l’affiche de tous les films. Alors allait-elle survivre seule ou avec les autres ? Là était ma question.
Je me suis bien trompée !
Si je devais commencer par mon avis final, je dirais que j’ai la très nette impression que ce titre a été écrit à l’origine comme un one shot. Un one shot auquel on aurait demandé de faire des suites.
En effet, ce premier tome, qui est le seul à ne pas porter de sous-titre, a bien un début, un milieu et une fin. Pour faire court, il nous raconte une édition complète des Hunger Games. Du tirage au sort à l’annonce du vainqueur. J’ai donc été un peu déçue de voir que je m’étais à ce point trompée, et je me suis demandée ce qui allait bien pouvoir être raconté dans les suites.
Aussi, après 10 ans d’infusion, j’ai bien compris l’univers global et son ambiance, après-tout cette série est souvent présentée comme à l’origine du genre de la dystopie (sorte de monde post-apocalyptique où règne la terreur et dans lequel les héros n’ont pas d’espoir, contrairement à l’utopie). Or, j’ai trouvé que le roman n’est pas à la hauteur de ce qu’on dit de lui. L’univers n’est pas aussi travaillé que ce à quoi je m’attendais. On ne sait pas vraiment où se situe l’intrigue, ce qui s’est passé pour que l’Humanité en arrive là. On nous ressasse que les gens ont faim mais je ne l’ai pas vraiment ressentie et cela m’a laissé de marbre. Je n’ai pas non plus ressentie une grande répression. Les Hunger Games, dont on dit qu’il s’agit d’une émission télé très suivie, ne m’a pas non plus donnée cette impression puisqu’on nous dit que les habitants sont obligés de regarder. Je m’attendais à trouver plus d’informations sur une foule avide de sang et de combats à mort, sur des sponsors prêts à tout pour faire gagner leurs poulains etc… Là non. Ces sujets d’importance capitale dans ce que j’avais entendu sont en vérité presque anecdotiques. On ne sent pas la pression des jeux, des téléspectateurs, de l’argent…
J’ai eu du mal à me représenter l’arène. Je n’ai pas bien compris comment elle se matérialise. Les juges ont aussi l’air d’avoir des pouvoirs surnaturel et j’ai été destabilisée par ce phénomène. Je ne savais plus très bien comment situer le roman. L’intrigue est-elle d’un réalisme pessimiste ? Ou fantastique ? Y a-t-il une sorte de magie ?
S’ils sont capables d’avoir autant de pouvoirs magiques, ou scientifiques, pourquoi le monde global n’est-il pas en meilleur état ? Pourquoi vouloir confiner tout le monde dans des enclos sales et sans nourriture ?
Ces choix ne sont jamais réellement expliqués et manquent de profondeur pour donner à l’univers l’importance que j’avais cru qu’il avait.
Aussi, je regrette le manque de suspense du roman. Les ficelles du récit sont en effet très grosses et le destin souvent très favorable à l’héroïne. De fait, je ne me suis jamais inquiétée pour elle. L’écriture très visuelle nous donne sans cesse cette impression qu’il se passe toujours une chose importante à la dernière seconde.
Cette écriture visuelle prend toute sa forme dans les très (trop) nombreux passages durant lesquels l’héroïne mange, ou est mise en beauté par l’équipe organisatrice des jeux.
On sent que l’autrice a essayé d’esquisser du mystère avec certains personnages (la muette rousse, le mentor, le médaillon du geai moqueur…) mais ne parvient pas vraiment à se détacher de ses interminables descriptions pour proposer une intrigue plus épaisse.
Malgré tout, j’ai passé un bon moment de lecture. En dépit de toutes ces faiblesses, le roman se lit bien et a le mérite de proposer une histoire originale. Il s’agit en réalité d’un récit de « battle royal » assez classique lorsqu’on connaît les jeux vidéo de ce genre.
Le style est fluide, très imagé donc, et surtout très rythmé. Chaque chapitre se termine par un cliffhanger qui vous incitera très fortement à continuer la lecture encore un peu. Si bien que j’ai dévoré ce premier tome sans m’en rendre compte.
Mon sentiment à la fin de ma lecture est qu’il s’agit d’un roman correct, mais pour être honnête je ne comprends pas que ce roman-là soit à ce point sorti du lot. Le succès qu’il a eu n’est, d’après mes goûts, pas à la hauteur de ce qu’il vaut vraiment. Pas mauvais, mais loin d’être exceptionnel.
Ce n’est que mon avis.

Pour qui : les lecteurs en quête d’originalité, de livres faciles à lire et de page-turner.

Les + : une histoire originale, écrite dans un style simple et rythmé

Les – : le manque de profondeur de l’environnement, le scénario bien trop complaisant avec l’héroïne

Infos pratiques
Poche : 432 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (4 juin 2015)
Collection : Hors collection sériel
Langue : Français
ISBN-10 : 2266260774
ISBN-13 : 978-2266260770

2 Commentaires

  •  » après-tout cette série est souvent présentée comme à l’origine du genre de la dystopie » : non, elle n’est en rien aux origines de la dystopie, qui remontent au XIXe siècle, et dont les romans les plus emblématiques sont antérieurs de plusieurs décennies à Hunger Games (Le meilleur des mondes, 1984, Fahrenheit 451, La servante écarlate, etc). Ou alors tu voulais dire « aux origines de la vague de dystopies Young Adult ? ».

    Aimé par 1 personne

    • Tu as raison ! Je connais les titres que tu cites, ils font partis des classiques que j’aimerais lire un jour. En revanche je n’avais jamais pensé à les classer dans le genre dystopique, tu m’apprends quelque chose.

      En effet « aux origines de la vague de dystopies Young Adult » correspond mieux à l’idée que je voulais mettre en mots. En tout cas je n’avais jamais entendu ce terme (ou je n’avais pas fait attention) avant Hunger Games, et quand on voit la vague de romans du même genre qui a déferlé après celui-là, j’avais eu l’impression qu’il était à l’origine de ce mouvement.
      Mais il est vrai que j’ai un point de vue assez lointain sur l’oeuvre vu que je la découvre tard et bien après le tsunami médiatique qu’elle a connu et que j’avais entendu.

      Merci pour ton commentaire enrichissant qui vient compléter la chronique, il me donne envie de m’intéresser plus rapidement à ces oeuvres (parce que comme tu l’auras compris je n’ai pas trouvé que HG soit une très bonne dystopie).

      Bonne soirée 🙂

      Aimé par 1 personne

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